‹ Le désert de glaceChapitre 47 sur 67 · UU GLACE · texte numérisé non relu

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leur parlait pas ; mais, à force de partager les mêmes dangers, les mêmes privations, la même fortune, ces animaux de race différente frayèrent peu à peu. Duk, qui avait bon cœur, fit les premiers pas, et toute la gent à quatre pattes devint bientôt une troupe d’amis.

Le docteur caressait les groënlandais, et Duk voyait sans jalousie ces caresses distribuées à ses congénères.

Les hommes n’étaient pas en moins bon état que les ' animaux; si ceux-ci devaient bien tirer, les autres se proposaient de bien marcher.

On partit à six heures du matin par un beau temps; après avoir suivi les contours de la baie, et dépassé le cap Washington, la route fut donnée droit au nord par Hatteras; à sept heures, les voyageurs perdaient dans le sud le cône du phare et le Fort-Providence.

Le voyage s’annonçait bien, et mieux surtout que cette expédition entreprise en plein hiver à la recherche du charbon! Hatteras laissait alors derrière lui, à bord de son navire, la révolte et le désespoir, sans être certain du but vers lequel il se dirigeait; il abandonnait un équipage à demi mort de froid ; il partait avec des compagnons ad'aibiis par les misères d’un hiver arctique; lui, l’homme du nord, il revenait vers le sud! Maintenant, au contraire, entouré d’amis vigoureux e! bien portants, soutenu, encouragé, poussé, il marchait au pôle, à ce but de toute sa vie ! Jamais homme n’avait été plus près d’acquérir cette gloire immense pour son pays et pour lui-même!

LK DÉSERT

Songeait-il à toutes ces choses si naturellement inspirées par la situation présente? Le docteur aimait à le supposer, et n’en pouvait guère douter à le voir si ardent. Le bon ClaVvbonny se réjouissait de ce qui devait réjouir son ami, et, depuis la réconciliation des deux capitaines, de ses deux amis, il se trouvait le plusheureux des hommes, lui auquel ces idées de haine , d’envie, de compétition , étaient étrangères, lui la meilleure des créatures 1 Qu‘arriveraît-il , que résulterait- il de ce voyage? Il l’ignorait; mais enlin, il commençait bien. C’était beaucoup.

La côte occidentale de la Nouvelle-Amérique se prolongeait dans l’ouest par une suite de baies au delà du cap Washington ; les voyageurs , pour éviter cette immense courbure, après avoir franchi les premières rampes de Bell-Mount, se dirigèrent vers le nord, en prenant par les plateaux supérieurs. C’était une notable économie de route ; Hatteras voulait, à moins que des obstacles imprévus de détroit ou de montagne ne s’y opposassent, tirer une ligne droite de trois cent cinquante milles depuis le Fort-Providence jusqu’au pôle.

Le voyage se faisait aisément ; les plaines élevées offraient jde vastes tapis blancs, sur lesquels le traîneau, garni de ses châssis soufrés, glissait sans peine, et les hommes, chaussés de leurs snow-shoes^ y trouvaient une marche sûre et rapide.

Le thermomètre indiquait trente-sept degrés ( + 3“ cen-

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