‹ Le désert de glaceChapitre 7 sur 67 · Eavirou huit lieues · texte numérisé non relu

Eavirou huit lieues

détroit de Sniilli ? Celte mer libre, dont l’existence est pourtant certaine , doit baigner des continents. La nature est logique en tout ce qu’elle fait. Eh bien, on doit croire que la végétation reprend son empire là où cessent les grands froids. N’est-ce pas une terre promise qui nous attend au nord, et que vous voulez fuir sans retour? »

Hatteras s’animait en parlant; son esprit surexcité évoquait les tableaux enchanteurs de ces contrées d’une existence si problématique.

« Encore un jour, répétait-il, encore une heure ! »

Le docteur Clawbonny, avec son caractère aventureux et son ardente imagination , se sentait émouvoir pou à peu; il allait céder; mais Johnson, plus sage et plus froid, le rappela à la raison et au devoir.

U Allons, Bell, dit-il, au traîneau!

— Allons ! » répondit Bell.

Les deux marins se dirigèrent vers l’ouverture de la maison de neige.

« Obi Johnson 1 vous! vous! s’écria Hatteras. Eh bien ! partez, je resterai ! je resterai !

— Capitaine ! fit Johnson, s’arrêtant malgré lui.

— Je resterai, vous dis-je ! Partez! abandonnez- moi comme les autres I Partez... Viens, Duk, nous resterons tous les deux! »

Le brave chien se rangea près de son maître en aboyant. Johnson regarda le docteur. Celui-ci ne savait que faire ; le meilleur parti était de calmer Hatteras et

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DE GI.ACE

de sacrifier un jour à ses idées. Le 'docteur allait s’y résoudre, quand il se sentit toucher le bras.

11 se retourna. L’Américain venait de quitter ses couvertures ; il rampait sur le sol ; il se redressa enfin sur ses genoux, et de ses lèvres malades il fit entendre des sons inarticulés.

Le docteur étonné, presque effrayé, le regardait en silence. Uatteras, lui, s’approcha de l’Américain et l’examina attentivement. Il essayait de surprendre des paroles que le malheureux ne pouvait prononcer. Enfin, après cinq minutes d’efforts, celui-ci fit entendre ce mot :

« Porpoise.

— Le Porpoise ! » s’écria le capitaine.

L’Américain fit un signe aiiirmatif.

U Dans ces mers ? » demanda Uatteras, le cœur palpitant.

Même signe du malade.

« Au nord?

— Oui I fit l’infortuné.

— Et vous savez sa position?

Oui!

— Exacte?

— Ouil » dit encore Altamont.

11 se fit un moment de silence. Les spectateurs de cette scène imprévue étaient palpitants.

tt Ecoutez bien, dit enfin Uatteras au malade, il nous faut connaître la situation de ce navire I Je vais

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