‹ Le désert et le SudanChapitre 6 sur 43 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

celles-là uc pouvaient sans [)éril dépasser certaines limites : la distance qui séparait la métropole des provinces conquises, exigeait que le souverain laissât presque tous les détails de leur administration à l'arbitraire de ses lieutenants. Ceux-ci en profilaieut, tantôt pour accabler les peuples d'impôts et les opprimer de telle sorte que la révolte était sans cesse à redouter, tantôt pour gagner les chefs du pays , s'assurer le concours de l'armée d'occiipation et procla* mer leur indépendance.

Ces dangers ne subsistent plus de nos jours : la vapeur, l'électricité , ont triomphé de la dislance et du temps. Tout part du centre et tout y revient; au lieu de satrapes et de proconsuls , les souverains actuels n'ont plus sous leurs ordres que des lieutenants sans initiative , et qui ne sauraient être obéis qu'en commandant au nom de leurs mattres. L'empire du monde cesse dès lors d'être une chimère; déjà la puissance des Césars est éclipsée par TÂngleterre et par la Russie, déjà des milliers de royaumes disparaissent pour faire place à de plus vastes agglomérations.

Toutes les conquêtes du reste ne sont pas achetées par des batailles ; en outre de ces établissements militaires que des forteresses doivent garder, on remarque par tout le monde le travail patient d'une invasion lente des hommes et des idées de l'Europe.

IKTRODICTION. XV

La Californie , née d'hier, est couverte déjà de villes opulentes; la Chine s'ouvre à des influences européennes; Tempire ottoman y est déjà soumis; la conquête si glorieuse de TÉgyple par Tannée française est un précédent qui nous lie à l'Afrique; l'occupation de l'Algérie ouvre à nos commerçants des routes nouvelles, à notre civilisation de nouveaux triomphes.

La géographie cependant, humble et méconnue du vulgaire , est regardée par lui comme une science abstraite bonne à tenter des esprits curieux , inutile au reste des hommes. On oublie que c*est à elle , à ses efforts patients que sont dus tous nos progrès et toutes nos victoires; que c'est elle qui a mis en relation tous les peuples, poussé Colomb vers l'Amérique, noyé l'Espagne sous un déluge d'or, et jeté si souvent des royaumes en pâture à des aventuriers sans pain.

Elle peut dire, comme Alexandre s'élançant à la conquête de l'Asie: J'ouvrirai la terre aux nations, operiam ierram gentibus.

Ouvrir la terre si vaste aux nations que l'Europe emprisonne étroitement, tel est le but que la géographie se propose , tel fut le glorieux mobile de tant do voyageurs héroïques morts en éclairant une roule que suivront les armées de l'avenir.

Telle est la devise gravée au premier feuillet de ce livre 9 livre médiocre par le fond, imparfait par la

XTI WTRODUCTtOX.

forme, mai^ qu'une grande idée soutient et grandit. Prévoyant, appelant partout le triomphe dm races européennes , j'ai voulu décrire à mon tour une terre que j'ai parcourue, uue terre qui noas est promise et qui attend de TEarope ^es maHros.

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EXPLIGATIOll DE LA PUMCIE 1

A rextrémité de droite de la planche, on remarque une chapelle ou marahout; entre ce marabout et les terrains du premier plan passe la route de Tunis à Gafsa.

Sur le premier plan, quelques Arabes et deux tentes.

Contre les montxignes et sur le second plan , un douar, une petite mosquée, le château de (kirsa et sa chapelle, une seconde mosquée, quelques maisons , les premiers dattiers de l'oasis qui s'étendrait à gauche sur une longueur d'environ G leilomèlres.

En arrière du château et sur le dernier plan, on aperçoit le Djebel- Ouqtar.

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