‹ Le désert et le SudanChapitre 7 sur 43 · GRANDES DIVISIONS DE L'AFRIQUE BORÉALE · texte numérisé non relu

GRANDES DIVISIONS DE L'AFRIQUE BORÉALE

Cm» rc» sv la rtgiM des ploies Urenala (Kf).

Sous le rapport du climat, rAfrique, au nord de Féquateur, peut être divisée en quatre zones :

Zone des pluies hivernales;

Zone privée de pluies ;

Zone des pluies estivales;

Zone des pluies incessantes.

La première de ces zones ou de ces régions , commençant au littoral de la Méditerranée , a pour li-

mite, dans le sud, une ligne presque parallèle à ce littoral et qui s'en éloigne rarement de plus de cent lieues. Cette zone reçoit les pluies de la Méditerranée, dont les vents du nord Iqi amènent les nuages : pendant rhiver les chaînes du littoral TÂtlas , le Gharian arrêtent la marche de ces nuages qui laissent échapper une pluie abondante : pendant Tété ils ne forment plus, au contraire, qu'une vapeur légère, s'élèvent à une plus grande hauteur et sont ramenés dans le nord par les courants équatoriaux.

C'est la chaleur également, et non les montagnes, qui assigne à la marche des nuages ses limites. En Egypte, la pluie ne dépasse que rarement le Caire; au Caire même, le ciel est presque toujours d'une admirable pureté et les épaisses vapeurs auxquelles l'inondation du Nil donne naissance, chaque année, sont entraînées jusqu'à Chypre par les vents du désert.

Les pluies hivernales donnent à la région qu'elles arrosent la fertilité ; abondantes , elles assurent une belle récolte, tandis que leur absence ruine les espérances du cultivateur.

Dans le Gharb , c'est-à-dire au Maroc, en Algérie, dans les régences de Tunis et de Tripoli , le déboisement des montagnes exerce sur la distribution des eaux la plus fâcheuse influence.

En hiver, mille torrents se précipitent du haut de ces sommets pierreux, charriant les rochers, entraînant les terres cultivables, couvrant de caillons roulés et de sables les plaines qu'ils mondent, ravinant les vallées qu'ils parcourent, déracinant les arbres, aussi

GRANDES DIVISIONS DB L'^FBIQUB BORÉALS. S

fqneQ^i aussi iodomptés que Torage qui leur a dopné najâiance et Doa poins éphémères que lui>

JQès le mois de février , en eflet, ces torrwU se trouveol arrêtés» Un chapelet de petites mares (sobha) indique pour quelques jours encore les partie^ le9 plus profondément çreqsées de leur parcours; bientôt les mares elles-mêmes disparaissent : Touadi desséché est devenu un chemin ou un fossé, et T Arabe altéré doit en creuser le fond pour chercher au-dessous du sable un peu d'eau saumâtre et bourbeuse.

Un petit nombre de cours d'eau , faisant exception à cette règle, sont permanents ; mais les crues redoutables de rhiver ne permettent pas toujours d'en cultiver les bords , et le laboureur , contraint de s'en éloigner, ne peut plus compter que sur les pluies lorsqu'il confie son grain à la terre. *

Plus basses en général que le niveau de la Méditerranée, les plaines du Sahara sont protégées par une digue montagneuse » qui s'étend du Maroc à l'Egypte : de l'Atlas, où elle atteint sa plus grande élé- Tation et sa plus grande largeur, elle gagne par bou«* bresauts la côte de Tripoli, y forme le Gfaarian, re* paratt auprès de Benghazy et longe la côte jusqu'à l'Egypte,

Au nord de cette chaîne, en Algérie, s'étend le Tell , région la plus septentrionale de toute l'AfHque; die otffre les mômes caractères que l'Andalousie, la Sicile ei la Palestine. Son climat est le même ; elle n'est pas moins accidmtée. Ses cultures naturelles sont égale* ment le blé, Torge, l'olivier, le mûrier, la vigne, l'oranger, le figuier, le liège et le cactus, récente

importation de rAmérique. Les cultures coloniales n'y réussissent pas, le dattier même ne s'y montre guère. Plus favorisées sous ce dernier rapport, la côte de Tripoli, celle d'Egypte, forment plus spécialement ce que les Arabes appellent le Rif ; nom qui s'applique du reste à toute la région cultivable située au nord du Sahara.

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