‹ Le déserteur,: drame en prose en cinq actesChapitre 26 sur 32 · SCENE P R · texte numérisé non relu

SCENE P R

Le Jour commence à paroître: on voit deux

beaux posés sur une table; les bougies sontpres^ que consumées ; Clury est endormie sur un/au-^ teuily entre les bras de sa mère^ qui a veillé toutCx la nuit pris desafille^ et qui semble abîmée dans sa douleur. Durimel est assis auprès de Clary* il lui tient la main ; il xi les yeux fixés sur elle; il exprime par quelques regards et par quelques soupirs Vétat de son ame-^ il prononce même quelques mots mal articulés ';, il abandonne la main de Ciaryy se ieve^ s'éloigne d'elle et la contemple à diverses reprises.

Mad, LUZEIIE, CLARY, DURIMEL.

Durimel.

5es yeux appesantis et' fatigués de pleurs, cèdent enfin au sommeil. ^ Repose , innocente épouse , endors tes maux. ^ Que je crains son réveil! qu'il sera douloureux ! ^ Si je pouvois m'échapper... J'aî entendu passer les compacrnies : — quoi, déjà ï — Comme les heures se sont rapidement écoulées ! — Le tems semble se hâter ; — mon père va paroître. ^- Chère Clary 1... Hélasl nous' n avons plus qu*à«nous séparer: ^ Il faut nous sauver à tous deux un trop cruel adieu.

Il fait un mouvement pour s*éloigner^ il regarde

encore Clary , puis faisant un effort violent , il

met ses deux mains sur ses yeux et va du côté de

la porte.

C L A R Y , e/z songe»

Durimel î Durimel I Du RI ME L, saisi d'un frémissement revient sur

ses pas , retourne à Clary , et dit^ à voix basse.

Elle s'égare dans un songe trompeur. — Ses lèvres

mésojurîent..! — Il faut la quitter! hélas! ai- je assez souffert ? ^ Mon Dieu , pardonne ce murmure ; je Muche au moment oii t'ame la plufî ferme s'ébraBl^w Soutiens moi, Dieu puissante ^ Apres un silence. ) Sentinlens délicieux , avec lesquels simpatise mori être, amour, amitié, charme inconcevable, c'est vous que je regrette. ( CLdry pousse quelques accens sans suite. ) Comme elle paroît agitée î

C L A R Y , toujours en songe* ^

Vous êtes son roi . . . vous êtes un Dieu, maître

de sa vie. . • • Mon époux. • • • Sa grâce. • . . Que je

l'obtienne. . . . Ou je meurs. ( Elle jette un cri et

^* éveille; Durimel se jette à ses genoux et les tient

embrassés. )

Mad. L u z £ R £.

Ma fille l

Durimel.

Trop tendre épouse l

C L A R Y , revenant à elle»

Ou suis-je ? Ah ! malheureuse ! ce n'est qu un songe. ^ Je croyois être aux genoux de ton roi, que tu m'as dit si aimé, si bienfaisant; j'imploroi^ ta grâce . • . je Tavois obte^iue. ^ Durimel , non je ne puis le croire, tu ne mourras point. .— Ce présage heureux. ...

Mad, L u z E R E.

Ah Dieu ! pourrois-je soutenir ? . . .

D U R I M, E L, tenant la main de Clary.

Clary... Je ne peux lui parler. Ah! malheureux!...

Clary.

Non , tu ne périras point. ( Elle se lève. ) Dieu ne voudra pas que tu meures. «—Non, tu vivras pour moi.

Clary , ménage ton espoir et tes pleurs. *- Je

crains moins de mourir , j'ai connu ton ame. ^

N*augmente point nos peines. Ecoute: mon père va

'rentrer, je dois paroître avec lui devant mQs juges.

xnaîs avant, nos entretiens doivent être secrets. ►- Laisse-moi l'attendre seul. ^ Ahl Clary, retiens donc ces larmes qui me déchirent le cœur.

Et puis- je commander à mes larmes de ne point couler ? La vie de Tun n'est- elle pas celle de l'autre ? ( St. Franc entrouvre la porte et se retire aussitôt.) D u R I U'£ L f qui a apptrçu sonpère.

Madame ! . . . Ah 1 ma mèrel séparei-nous.

Que je te quitte, cruel l r DuRlMEL, sarrachatit de ses bras.

Au nom de Tamour , laissez-moi seul, dérobez^ vous toutes deux. . . . Madame, emmenez-la.

Je te laisse; il le faut: ^ mais avant, dis-moi, cspères-tu ? ^ Réponds. . . ne me trompes pas.

Et quel est le malheureux qui n'a plus j.d*espoîr^ Ce cœur le nourrit encore. ^ Va , le cieï peut être ^ppaisé.

Mad. L U Z E R E. .

Mon enfant, Wens Timplorer ; il n'est pas inéxprable.

C L A R Y , veut parler, se retient^ et cédant à sa mère, dit ens*en allant* Ma mère. . . . Ah. 1 comme je vais l'invoquer.

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