‹ Le déserteur,: drame en prose en cinq actesChapitre 29 sur 32 · D XJ R I M E L · texte numérisé non relu

D XJ R I M E L

Ignorez- vous combien votre honneur m'est précieux î ^

St. Franc.

Ahl la nature me crie. ...

Imposez- lut silence. —N'est-ce pas sous la foi promise , sous le sceau des sermens que ma personne vous a été confiée ?

St. F R A N C.

Oui.

. Le sacrifice de l'honneur n'est pas en notre pouvoir. ^ Il falloir vous récuser ou vous devez achever.

St. Franc.

Ah! mon filsl je suis un homme foible, mats je veux l'être. Mon cœur me l'ordonne , je n'écoute plus d'autres loix. — Viens , et sauve-toi.

Mon père, vou$ avez donné votre parole; cest moi qui me charge du soin de la dégager. ^ Je souffrirai la mort , et non pas votre opprobre. Allons»

St. F R A N C.

Mon digne fils î ( Ils remontent le théâtre. )

5? LE DÉSERTEtJR,

T CENE 1 t^.

St. franc, dur I ME L, Mad. LUZERE,

■ C l A R Y , avec force

OÙ allez- vous ? n- Où le conduisez- vous? Pensez-vous me tromper encore î r-^ îîc s^is-J9 pas le sort qui l'attend? J'ai ranimé mes fonces, je revole ici pour le défendre. (-4 Vunmcî. ) Tu voudrpîsrn'échapper pour courir à.U mort, n- £t c'est vous, VQ^VSy çon pèire ^ qui Ty conduisez ?

Chère Clary, laisse., laisse, ni lui, ni tes pleurs, ni mes regrets. ... 11 faut se séparer»

C L A R Y , 5e Jetant dans ses bras*

Nous séparer î Ah cruel l ^ Voudront-ils t'arjracher de mes bras ? L'oseront-il$ } Non ^ ipon dés:* espoir touchera leurs cœurs ; j'attendrirai leuts âmes féroces : ^ tremblez , vous qui osez disposer de sa vie , tremblez d'outrager l'amour et la naturel mes cris vous poursuivront p mes cris accuseront votre insensibilité , vous fremitpz de honte ou de pitié.

D u R I M E L, éperdu.

Ah , Dieu 1 chère Clary ! mon père. ►-

St. F R A N c.

i Ma fille est-ce là ce que vous m'aviez promis ?

C h A K Y y au désespoir.

Si mon époux pérît , que m'importe le reste du imônde. Vous ne^e ferez jamais résoudre à ce sacrifice affreux. *- Tant de constance ne m'appartient ,pas: ma foiblesse est ma seule vertu, r- Ou trouvezvous donc ce courage qui m'épouvante î Ne l'aimezvovLi pas autant que moi ?

St. F R A N c.

Ma fille , me prepares-tu un nouveau genre de tourment ?«^ Tu ne peux m'entendre. -^ Ne suis*- je

plus son père ? Eh ! qui peut vèiUer sur lui avec tant a'amour ? — • Ma fille , commande à tes douleurs.

Chère épouse j tu portes le poignard dans les blessures d'un père qui nous aime.

C L A R Y , i St. Franc.

Pardonnez au désordre de mes paroles ^ je ne me ' connois plus.^. . • Mes transports s'adressent au ciel comme à vous.... Mais quel papier dans vos mains ? ti-4 Si c etoît sa grâce 1

St. Franc; cachant son trouble.

Peut-être, ma fille, peut-être. — Mais quoique le ciel en décide , laisse- nous. . . { La prenant par la main ^ et l'emmenant sur le bord du théâtre. ) Ma fille, ma chère fille 1 Mes larme?, mes dernières larmes couleront-elles envain î Ecoute un vieillard; laisse-lui remplir les devoirs les plus sacrés. Ils lui Sont imposes parla nature, par l'honneur;^ ce àioment doit être celui de leur triomphe.-- De* meure , je te rejoins ici.

Avec lui , mon père ?

DURIMEL, s'^éloigant.

Adieu , Clary.

C L A R Y, se retourne et fetteuncrU Il m'échappe ! — Laissez-moi, laissex-moî le voh: encore un moment ; laissez- moi mourir à ses côté^. >^ Je ne le reverrai plus. — Malheureuse 1 ^ Durimel ! -* Durimel !

St. F R A N c, à Mad. Luihre qui entre.

Madame , par toute rautorîté que vous ayez sur elle , arrêcez ses pas. '

Clary, tombant dàjis Us bras de sa mère.

'^ Je me meurs.

St. Franc, s arrêtant un m ornent auprh delà

' porte.

Hélas! mon filsl ^ De quel côté allons - npps sortir ?

D U R I M E h/prenantlamaindesQnphrc^ Venez , mon père, je vous montrerai le chemin, et rien ne pourra m'en détourner.

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