D XJ R I M E L
Ignorez- vous combien votre honneur m'est précieux î ^
St. Franc.
Ahl la nature me crie. ...
Imposez- lut silence. —N'est-ce pas sous la foi promise , sous le sceau des sermens que ma personne vous a été confiée ?
St. F R A N C.
Oui.
. Le sacrifice de l'honneur n'est pas en notre pouvoir. ^ Il falloir vous récuser ou vous devez achever.
St. Franc.
Ah! mon filsl je suis un homme foible, mats je veux l'être. Mon cœur me l'ordonne , je n'écoute plus d'autres loix. — Viens , et sauve-toi.
Mon père, vou$ avez donné votre parole; cest moi qui me charge du soin de la dégager. ^ Je souffrirai la mort , et non pas votre opprobre. Allons»
St. F R A N C.
Mon digne fils î ( Ils remontent le théâtre. )
5? LE DÉSERTEtJR,
T CENE 1 t^.
St. franc, dur I ME L, Mad. LUZERE,
■ C l A R Y , avec force
OÙ allez- vous ? n- Où le conduisez- vous? Pensez-vous me tromper encore î r-^ îîc s^is-J9 pas le sort qui l'attend? J'ai ranimé mes fonces, je revole ici pour le défendre. (-4 Vunmcî. ) Tu voudrpîsrn'échapper pour courir à.U mort, n- £t c'est vous, VQ^VSy çon pèire ^ qui Ty conduisez ?
Chère Clary, laisse., laisse, ni lui, ni tes pleurs, ni mes regrets. ... 11 faut se séparer»
C L A R Y , 5e Jetant dans ses bras*
Nous séparer î Ah cruel l ^ Voudront-ils t'arjracher de mes bras ? L'oseront-il$ } Non ^ ipon dés:* espoir touchera leurs cœurs ; j'attendrirai leuts âmes féroces : ^ tremblez , vous qui osez disposer de sa vie , tremblez d'outrager l'amour et la naturel mes cris vous poursuivront p mes cris accuseront votre insensibilité , vous fremitpz de honte ou de pitié.
D u R I M E L, éperdu.
Ah , Dieu 1 chère Clary ! mon père. ►-
St. F R A N c.
i Ma fille est-ce là ce que vous m'aviez promis ?
C h A K Y y au désespoir.
Si mon époux pérît , que m'importe le reste du imônde. Vous ne^e ferez jamais résoudre à ce sacrifice affreux. *- Tant de constance ne m'appartient ,pas: ma foiblesse est ma seule vertu, r- Ou trouvezvous donc ce courage qui m'épouvante î Ne l'aimezvovLi pas autant que moi ?
St. F R A N c.
Ma fille , me prepares-tu un nouveau genre de tourment ?«^ Tu ne peux m'entendre. -^ Ne suis*- je
plus son père ? Eh ! qui peut vèiUer sur lui avec tant a'amour ? — • Ma fille , commande à tes douleurs.
Chère épouse j tu portes le poignard dans les blessures d'un père qui nous aime.
C L A R Y , i St. Franc.
Pardonnez au désordre de mes paroles ^ je ne me ' connois plus.^. . • Mes transports s'adressent au ciel comme à vous.... Mais quel papier dans vos mains ? ti-4 Si c etoît sa grâce 1
St. Franc; cachant son trouble.
Peut-être, ma fille, peut-être. — Mais quoique le ciel en décide , laisse- nous. . . { La prenant par la main ^ et l'emmenant sur le bord du théâtre. ) Ma fille, ma chère fille 1 Mes larme?, mes dernières larmes couleront-elles envain î Ecoute un vieillard; laisse-lui remplir les devoirs les plus sacrés. Ils lui Sont imposes parla nature, par l'honneur;^ ce àioment doit être celui de leur triomphe.-- De* meure , je te rejoins ici.
Avec lui , mon père ?
DURIMEL, s'^éloigant.
Adieu , Clary.
C L A R Y, se retourne et fetteuncrU Il m'échappe ! — Laissez-moi, laissex-moî le voh: encore un moment ; laissez- moi mourir à ses côté^. >^ Je ne le reverrai plus. — Malheureuse 1 ^ Durimel ! -* Durimel !
St. F R A N c, à Mad. Luihre qui entre.
Madame , par toute rautorîté que vous ayez sur elle , arrêcez ses pas. '
Clary, tombant dàjis Us bras de sa mère.
'^ Je me meurs.
St. Franc, s arrêtant un m ornent auprh delà
' porte.
Hélas! mon filsl ^ De quel côté allons - npps sortir ?
D U R I M E h/prenantlamaindesQnphrc^ Venez , mon père, je vous montrerai le chemin, et rien ne pourra m'en détourner.