PREMIERE
St. F R A N C, V A L C O U R T.
Deux domestiques portent des porte - manteaux z Fridric fait entrer les deux officiers dans la> salle de compagnie ^ et sort avec Us domesti^ gués pour les conduire à V appartement destiné k, leurs maittes.
VAIîCOURT.
v/UE nous somme fortunés ! Quoi? nous tombons tous deux chez une veuve dont la fille est un ange 1 Chevalier, comme nous allons être d'accord 1 *^ La maman est bien ton affaire; ^ il me semble déjà vous voir dans un charmant tête-à-tête, parler ensemble de vos jeunes années, et en rappeller les momens les plus curieux, »-« mais elle a encore l'air fort appé* tissant^^ au moins, ^ d'honn eur »- ce doit être poar toi une poulette de ^^(HHBto^ ^
St. ^^W^ ".
Peut-on, avec un cœur aussi noble, avoir une tête aussi légère ? ^ Vous ne songez qu'au plaisir de triompher des femmes, dans un pays, morbleu , où nous avons des homme à combattre.'
Eh 1 nous les en battrons mieux. Je sens que Tamour me transforme en héros , il m*enflâme, ^ En attendant le, jour d'une bataille, dis-moi, étoit-il -possible de mieux rencorttrer '( As- tu vu un tour de visage plus joli î Une taille mieux prise? Un regard plus animé ï Et cette tresse adorable qui lui sert de
diadème 1 • . .
DRAME. tf
diadème!... Foî de milîtaîre, j'en suis transporté; ^ notre devoir est de servir ia patrie et les belles; les mirtlies dv.- Tamoar s'entrelacenr avec souplesse aux lauriers de Mars. — Ami , je v^ ux subjuguer cette beauté dîvîvlne, et puis j'irai foudroyer Tennemî tant qu'on voudra*
St. Franc.
Quel cœur! à chaque ville il est pris. Maïs , Valcourt, songe que nous sommes ici dans une inai&oa respectable.
ValCOURT, légèrement.
Aussi mon amour est-il cput-à-fait respectueaxj
Si. F R A >' c.
Cette fille est honnête; ^ elle appartient à un# mère. . . •
Vaicourt.
J'espère bien la lui rendre.
St. F R A N c.
Vaicourt, vous êtes jeune : mais votre amè est faite pour sentir mieux qu'uneautre le repentir cruel de toutes les larmes que vous auriez fait verser^
Ohl tu prends tout au tragique.
St. F R A N C.
Ah ! Vaicourt l que la probité embrasse d'objetsi
V 4«éÉH^ u k t.
Tu as une fureurd^morale.
St. Franc.
Eh bien , changeons de discours: ^ le conseil ià été fort irrité de cette nouvelle désertion.
Valcourt.
Vraiment, vingt -sept en trois jours, et dans 1$J même compagnie. Qu'on vienne à présent deman*n - der la grâce dii premier qui sera pris.
St. F R A N C.
Il est vrai qu'il faut un exemple, mais que l'humanité soufFreà le donnerl notre général , l'idole « de la France, mon bienfaiteur^ ce héros à qui je
rS LE DÉSERTEUR,
dois tout, penche lai-même à la clémence. Cependant j'ai adhéré à 1 j résolution que naos avons prise de ne plus nous intéresser pour aucun. Mais , cher Valcour, vous ne sauriez vous imaginer le frémissement cjue me cause ce smgtant appareil. Au seul nom de désffrtîon , mes sens sont émus , bouleversés; H- songes donc que c'est moi qui suis forcé de donner à chaque fois, le signal de mort : aucun de vous ne les approche de si près ; leurs derniers regards fixeht les miens , leur sang rejaillit jusques sur moi >-« et j'ai été simple soldat comme eux.
'Ah! mon ami! ... Etre officier I Etre officier 1 C'est l'honneur , le courage, l'amour du monarque, c'est la liberté même qui nous conduit à la victoire. A nous seuls devroîen tappartenir la gloire et le danger des combats , et le nom de déserteur seroit certainement ignoré. ( Avec beaucoup de feu. ) Il me vient une idée: trente officiers valent bien , je crois, un bataillon. Ne pourrions-nous pas, unis en braves, représenter une armée entière? Former un seul corps, audacieux, intrépide, impénétrable? A»^^aQip*-<pe-**i^rible , il voleroit avec la victoire, elle seroit assurée. Pas un ne reculeroit d'un pouce sur le terrain , et le champ de bataille pourroit être couvert de tno^flMta||i$ jamais désert.
St. Franc.
J'aime cette fougue puerrière, elle vous'sera heureuse. Ils moissonneront des lauriers ceux qui marcheront su'r*vos traces': mais croyei - moi , cher Comte, tel soldat est aussi brave que son capitaine, tt n'a pas les même motifs pour l'être.
' Valcourt.
Ah! Voici notre charmante hâresse. Allons, Chevalier, je vais porter les premiers compUiûens.
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DRAME- ip