‹ Le déserteur,: drame en prose en cinq actesChapitre 9 sur 32 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

St. franc , VALCOURT , Mad. LUZERE.

Valcourt, allant au-devant delU:, Le hazard, madame^ arrange les évênemens beaucqup mieux que nous ne feiions nous«niêmes. £a vous voyant, nous lui rendons mille actions de grâces; c'est lui qui nous a conduit chez la beauté même; il sait que nous avons des yeux faits pour la connoître, et des cœurs disposés à lui rendre nos hommages.

Mad. L U z E R E.

A ces paroles on reconnoît un Français ; jamais rîen que de flitteur n'échappe de sa bouche.

Valcourt.

Puisque vous les connois&ez, je me représente avec un plaisir délicieux, que rien ne nous manquera. ^ Rien y ^ absolument rien.

Mad. L u z E R E , avec graa.

Il est bien juste, Messieurs, de vous procurer dti repos, car vous n'en avez pas toujours. ^ L'appar* tement que j'ai fait disposer est en état de vous re^ cevoir, et vous pouvez vous y faire conduire.

Valcourt.

Vous êtes adorable: »— pourvu que notre chambre soit voisine de la vjôtr^ telle qu'elle sera nous la» trouverons délicieuse. Nous autres militaires , nous savons nous arranger avec toute la complaisance possible : mais aussi n'allez pas nous reléguer dans ' iHn canton éloigné. Je n'aime pas la solitude , moi. Oo m'a 9 comme cela , par Fois attrapé, . • Messieurs les Germains ont des corps de logis d'une longueur.., qui ne finit point, et ils vous exilent encore tout au b«ut , comme un pestiféré, ^ Je suis doux , doux..,« comme un mouton, pourvu qu'on me flatte, mais fier , implacable, si l'on me fâche. Nous vivrons ensemble bons amts'» jel'etpète, et pour cimenter amicalement notre cha^rmante union, permettez^ chère maman que je vous embrasse, B a

%o LE DÉSERTEUR,

Mad. LVZEKE^ du ton de la plaisanterie.

Ohl nous pouvons être fort bons amis sans cela.

Valcourt.

Eh î maïs , où est donc cette charmante enfant , dont la taille divine, le regard enchanteur, la phisîonomie angélique. • , . Pourquoi n'est-elle pas à vos côtés ? D*oii vient que Tamour fuit sa mère ? ^ Seroit-ce par vos ordres ? Cela crieroît vengeance. Tenez, le major me disojt tout à l'heure mille choses passionnées pour elle. ,— N'allez pas la lui cacher. Il est véhément, et dans son courroux tout seroit perdu.

St. Franc.

Il extra vague, h- Allez, Madame, ce ne sont que des paroles, et sur ma parole d'honneur, vous n'aurez point à vous plaindre de vos hôtes.

Mad. L u z E R E.

Je n'en attends, sûrement, rien que d'honnête ,; monsieur le chevalier, n- Non , je ne vous cacherai pas ma fille; elle est élevée de façon à la laisser paroître en toute sûreté. ( Elle appelle. ) Fridric. ( Le valet entre. ) Dites à Clary que je la demande. ( A St. Franc , quand Fridric est sorti. ) Vous ne sa.vez pas , Monsieur , qu'elle est pour ainsi dire mariée : le jour de demain lui donne un époux.

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