‹ Le désespoir de Jocrisse ou Les folies d'une journée [microforme]Chapitre 5 sur 17 · SCÈNE TÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE TÈME

Jocrisse (seul, parlant près de la porte)

Bonjour, not’maître... adieu, not'maitre...

Prenez garde de tomber, not’mail.e... Ah ! comme

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y court... (Rentrée en scène) Bon, le vlà parti 1... ouf ! j'en ai chand... j'en ai-t’y attrapé une décoclion de toutes sortes de choses... Gourmand!... Menteur !... Voleur !... En vlà ty des litanies désagréables à entendre !... Comme si j'étais ben coupable, à cause que d’temps en temps j'mange an œuf frais, un peu d’ses confitures... d’son miel de réserve... un p'tit peu d’son vin d'Madère... ou ben encore... mettons que j'casse quéqu'douzaines d’assiettes par mois !... Ça valaitÿ la peine de m’chanter une gamme aussi longue ue ça?... surtout, quand c'est pour des peccailles ? Pouah !... c'est p'tit, c’est mesquin d'la part de mon maître... ma parole, j'en ai honte pour lui... Mais faut y pardonner, le vlà un peu sus l’âge... oui j y pardonne.... d’ailleurs, j'sis tant soit peu phibosophique, comme dit l’maître d'école... Oui, mais malgré ma phibolojophie, j'crois que j'mangerais ben un tout p'tit morceau sur l’pouce... Tiens... tiens... mais pourquoi pas ? y a place à la table... j'suis seul... joie mon mäîlre.,.,. agissons... Mr Plumet a laissé encore un peu d'vin d'dessert, tartres, fromage. allons, mon Jocrisse, fais comme chez vous, sans cérémonie (il se met à table, mange gloutonnement,boit, parle la bouche pleine, jeu de l'acteur). Ah! ça va m’donner du cœur au travail... Mais c’est qu’c'est bon toutes ces p'tites friandises-là.. , Voyons, un coup de dessert et mettons-nous au travail !... (Il arrange les assiettes, en met une ou deux sur le buffet et tout en parlant il s’appuie sur la table et tombe avec elle.) Ah!... Ah Ï Ah!... Sapristi... eh! ben... j'vous demaade un peu... en vlà un commencement... mais uu commencement terriblement terrible !... J'crois,

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ma parole, qu'elle est cassée... oui....et même assez ben cassée... Ma parole. c’est guignolant... ça m'étonne pas, la nuit dernière j'ai fait qu’rêver aux chauves-souris et quand j'rêve à ces animals là, y m'arrive toujours queuqu'inachineries mauvaises !... Enfin, qu’voulez-vous ?... C’estfait... Quand j’m’en arracherais tous les boutons d’ma veste, cest pas ça qui la r’mettra sur son équilibre... faut s’consoler.et voir à autre chose... (Il regarde) Ah !... la p'tite volaille... (Il va à la cage et passe son doigt a travers le grillage) Bon: jour, Cocotte... dites bonjour à p'tit Jocrisse... à p'tit maître à vous... Baisez p'tit maître (il avance son nez près de la cage) Ah! satanée coquine !... tu m’pinces le nez... après les soins paternels que j’prends de toi? tu mériterais que j’te torde le cou !... Heu! la vilaine !... allez-vousen, Mademoiselle, allez-vous-en... p’tit Jocrisse n’vous donnera plus l’sucre de papa Plumet, je J’mangerai tout seul !... Entendez-vous?.,, C’est égal, faut toujours que jy arrange son appartement (il ouvre la cage, en tire une planchette, qu’il vient râcler sur le devant de la scène.) Si j' peux réussir à contenter Mr Plumet, toutira bien, mon cousin Lufldte s'ra ici, ça m’fera une aide... , Oh! ben... y a la table, mais ma foi, y passera par-dessus... parce que j'crois ben, entre nous soit dit, elle était tant soit peu âgée... vermouliue... (Il retourne à la cage et s'aperçoit que ia colombe s’est enfuie). Ah! mon Dieu !... la petite volaille ui s’est enfuite... Eh ben, me vlà dans d’heaux raps....j vois Mr Plumet... oh! ben de c'couplà y peut m'dévaliser les deux yeux (il va au fond et appelle) Cocotte !... Cocotte !.. petite volaille! .. Ah! la vlà perchée sur la croisée du salon...

Veux-tu v'nir ici, satanée coquine ?.,. a m'regarde ... On dirait qu'a s’moque de moi! Cocotte |... Comment, cœur dur, t'as pas pitié d’mes cris ?... d’ma position bizarre ?... Attends !...Attends !.… (Il trouve le bâton, le lance, on entend plusieurs vitres cassées, il reste ébahi). Ah !... en vlà un surcroît de guignon.. . Ab! Jocrisse !.. .une table ! ... la'petite volaille... sept à huit vitres sur la conscience ! ! ! Comment digérer tout ça !... J'y suis pus... J’y suis pus... du tout, du tout, du

. tout... Voyons, mettons-nous un peu dans la

réfléchissoire. (Il s’assied par terre la tête dans ses mains, puis, une seconde après on entend Griffard dans la coulisse, criant à ses hommes : Attention ! Jocrisse se lève étonné.)

Qui qu'c’est qu’ça ?... des soldats boiteux... une espèce d'agent de police! oh! mais! oh!

mais ee

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