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La pointe du grattoir, dont il ne faut user aussi que modérément, sert à accentuer les objets situés sur les premiers plans et que frise la lumière, les roches anguleuses, les cailloux, les brins d*herbe, les rides des eaux.
J'allais oublier de signaler un accident qui se manifeste toujours après le fixage de*s dessins et avec lequel on ne compte malheureusement pas toujours assez : le fixatif a cela de particulier qu'il noircit, pour ainsi dire, le fusain, de sorte que tel dessin, qui était d'abord d'un effet juste, devient, une fois fixé, beaucoup trop vigoureux. C'est surtout dans les ciels et dans les fonds que cet effet se fait sentir. On parvient alors, en grattant légèrement avec la lame d'un canif à atténuer les parties devenues trop foncées.
Mais il faut autant que possible éviter d'employer ce moyen, et prévenir l'effet du fixatif, en donnant au dessin un ton généralement plus clair que celui qu'on veut avoir*
Le fusain gratté prend des teintes grisâtres tirant sur la mine de plombj peu en harmonie avec le noir franc de ce qui n'a pas été retouché.
Il est encore une autre manière de procéder dans le dessin au fusain. On commence par préparer et terminer le ciel et les fonds ; on masse les arbres en négligeant tous les détails, puis on fixe avec un
fixatif léger étendu d'alcool ; alors, avec une gomme à effacer Tencre, taillée en crayon, on termine le dessin.
Dans les paysages, où les oppositions de lumière ne sont pas très-vives, dans les effets de brouillard, ce moyen réussit assez bien. On l'emploie surtout lorsqu'on craint de gâter un ciel bien réussi; on peut alors effacer et recommencer plusieurs fois la silhouette de branches qui se profilent sur le ciel, sans risque d'effacer celui-ci.
Mais tous les procédés que nous venons d'indiquer servent de peu, si l'on manque de la qualité essentielle du dessinateur au fusain. Cette qualité est l'audace, si je puis m'exprimer ainsi ; les tâtonnements, les hésitations qui s'aperçoivent dans un dessin, lui ôtent tout son caractère. Le meilleur moyen de les éviter c'est défaire beaucoup d'études pour se rompre au maniement de tous les procédés et s'en rendre complètement maître.
Sûr de vous-même, vous arriverez alors à cette franchise, à cette largeur de touche, qui caractérisent le dessin au fusain, et qui se remarquent à un si haut point dans les œuvres de MM. Appian, Français, Lalanne, Hanoteau, les maîtres actuels de ce genre.
Paris. — Imp. Wiksenbr et Comp., rue Delaborde, 12.
PARIS. — IMP. W'IESENEH ET C"<", RUE DELABOKDE, ,12.