‹ Le dessin d'après nature et sans maîtreChapitre 29 sur 47 · OU D'APRÈS LA BOSSE · texte numérisé non relu

OU D'APRÈS LA BOSSE

Pour mieux faire saisir à l'élève quels secours on devra tirer pour le dessin de la tête, d’après nature ou d’après la bosse, des notions comprises dans cette section, nous pourrons supposer qu'on nous adresse l'objection suivante : « Vous allez donner, nous dira-t-on, les proportions de la tête. De quelle tête sera-t-il question ? Cesera sans douté d'une des belles têtes antiques, une tête idéale, type de beauté qu'il est si rare de rencontrer. A quoi servira la connaissance de ces proportions à l'élève qui, pour être fidèle à votre méthode, ne doit s'occuper que d’une seule chose, c’est-à-dire de reproduire ce qu'il voit, de dessiner, d’après nature, des têtes qui seront bien différentes de celle d’Antinoüs ou de la danseuse de Canova ? On conçoit bien que l'étude de ces proportions serait utile pour faire dessiner d'après les marbres antiques et modernes où ces proportions se trouveront observées. En sera-t-il de même lorsqu'il s'agira de dessiner d’après nature toutes sortes de têtes, où la réalité est si souvent éloignée des belles proportions de l'idéal?»

La réponse à cette objection est facile. Reconnaissons d’abord que c’est effectivement d’après les belles têtes antiques, d’après ‘a type classique de la beauté, que nous établirons ici les proportions de la tête. Mais, quant aux secours à tirer de la connaissance de ces proportions pour le dessin d’après nature de la première tête venue, il suffira d’un peu d'expérience pour faire les observations suivantes:

1° Quelle que soit l'irrégularité des traits d’une figure quelconque, la différence ne sera jamais si grande qu'on pourrait l’imaginer, entre les proportions qu'on y trouvera et les proportions correspondantes dans la tête idéale.

2° Ce sont précisément ces différences qui caractérisent la physionomie propre à chaque tête, et dont l'observation et la reproduction doivent amener la ressemblance du dessin.

On devra en effet, pourexécuter ressemblant le dessin d’une tête, d’après nature, donner la plus grande attention aux traits particuliers qui établissent Ja différence entre cette tête et le type général de la belle figure humaine. C'est ce que l’on ne saurait faire, si l'on ne s'exerce d’abord à bien connaître cé type etles proportions de beauté qui se trouvent entre toutes les parties.

Connaissant bien les proportions de la belle figure humaine en général, l'élève cherche, par comparaison, en quelles parties leur modèle vivant se rapproche de ce type, et en quelles parties il s’en éloigne. C'est ainsi qu'il peut arriver à faire son dessin ressemblant. De plus, comme il n’y a pas de ressemblance absolue, on peut faire ressemblant en beau ou en laid, suivant le soin que l’on prend de se rapprocher des proportions ou si l’on s’en écarte.

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1° Proportions de la téte vue de profil.

La masse de la tête étant trouvée , comme on l'a vu planche 10, fig. 2, reste à diviser la tête et à chercher les places des organes. On s'y prendra de la manière suivante :

Nous supposons ici, planche 11, fig. 1, une tête droite. Du point C, extrémité inférieure de la ligne d'opération, on tire de droite à gauche uné ligne horizontale, et du point G, extrémité supérieure de la ligne d'opération, on tire une seconde ligne horizontale, parallèle à la première. Entre ces deux lignes, de À en B, on tire une verticale qui servira d'échelle de proportions à toute la tête.

La hauteur de la tête se divise en quatre parties égales, savoir : une partie ou un quart, dubas du menton au-dessous du nez; une seconde partie ou quart, pourla hauteur du nez; une troisième partie, du haut du nez à la naissance des cheveux ; puis une quatrième, pour le haut de la tête.

La plus grande largeur d’une tête vue de profil, prise au-dessus du sourcil, est égale, comme on l'a déjà vu, à la hauteur moins un huitième. Ici, (fig. 1"°)ela largeur MN est égale aux sept huitièmes (ou aux trois quarts et demi), de AB, ou de CG.

Revenons à la hauteur. On divise la vérticale, représentée par AB, en quatre parties égales; puis, de chaque division représentée ici par 1, 2, 3, on tire des lignes horizontales parallèles à AE, jusqu’à la rencontre de la ligne d'opération CG, et l'on a sur cette ligne les points d, e, f, qui divisent la tête en quatre parties égales *. Les autres lignes d'opération qui donnent la place dela bouche, le dessous du nez et la place de l'oreille, et enfin l'œil, doivent faire la croix parfaite, ou angle droit avec la ligne d'opération. Ces lignes reçoiventaussile nom de {ones d'opérations.

Par le point représenté. ici par d, on tire une ligne horizontale, sur laquelle doit être posé le nez. La largeur d’un nez de profil égale la moitié de sa hauteur. On divise donc la hauteur du nez représentée ici par de, en deux parties égales , puis cette partie étant de nouveau divisée en deux , on en place sur la ligne destinée à recevoir le dessous du nez, moitié d’un côté du point représenté par d, moitié de l'autre. g, largeudu nez, égalera done la moitié de de, sa hauteur. Il arrive souvent qu'il y a les deux petits tiers de la largeur du nez en dehors de la ligne d'opération et le grand tiers en dedans, c’est-à-dire que db serait les deux petits tiers de g, et de le grand tiers, mais au total bg serait toujours la moitié de de , hauteur du nez.

La ligne représentée ici par 44, qui marque l'ouverture de la bouche, se place, à partir du nez, au petit tiers de la distance qui se trouve du nez au menton. Lorsque la bouche se trouve au tiers juste de la distance représentée par Cd, la distance est trop grande et produit un effet désagréable. Lorsqu'elle

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est au quart, la distance.est trop courte.

La largeur de la bouche est égale à la distance qui se trouve du dessous du nez à l'ouverture de la

5 L bouche. Ainsi ah est égale à ad. Le haut de l'œil se trouve ordinairement de niveau avec le hant du nez. On voit ici que le haut de l'œil vient toucher la ligne d'opération eF. Il y a des têtes, quoique belles, dont les yeux sont placés: plus où moins haut. La distance de la ligne d'opération à l'œil égale les trois quarts dela largeur du nez: ainsi ej est égale aux trois quarts.de bg. La largeur du globe de El 1 Le) il 8

l'œil est égale à la moitié de la largeur du nez: ainsi j{ est égal à la moitié de bg.

L’oreille se trouve toujours sur le prolongement de la ligne du dessous du nez. La distance qui se

il |: 5 L ) trouve du bout dunez-au comméncement de l'oreille est égale à deux parties où à la moitié dela hauteur de la tête. On prolonge la ligné représentée par &g', sur laquelle on prend une dimension 4D égale à F Le) s E Ï 6 T Ce. La hauteur de l'oreille est toujours la même que la hauteur du nez. L’oreille est penchée comme le 1] nez , ainsi la ligne DF est parallèle à be. La plus grande largeur de l'oreille égale la grande moitié de sa hauteur. Pour dessiner l'oreille, on la suppose inscrite dans un carré. Ainsi, par exemple, sur le ” PE T 0 prolongement de la ligne représentée par el, on prend une dimension eF égale à #D. On tire la Jigne DF égale à be, toujours sur le prolongement de eF. On se donne FK égale à la grande moitié de DF o ? F Le) Le) ”

et l'on fait le carré DEKM destiné à recevoir l'oreille.

* Lorsque l'on connaît bien ces proportions, on divise tout de suite la ligne d'opération en quatre, sans établir d'échelle.

Le sourcil se trouve placé plus ou moins haut, *

Du menton à l'attache du cou il y a la même dimension que. du menton au haut de la lèvre supérieure, où une partie moins un sixième: ainsi CE est égal à Cn.

La largeur du cou est égale à deux parties'chez les femmes, e£un peu plus que deux parties chez les hommes. Un cou un peu gros dénote la force de l'homme. Ainsi EL égale Ce. La longueur du cou est égale à une partie et demie: ainsi NE est égale à Cr.

Le point le plus-élevé du sommet de là tête vue de profil est toujours au-dessus de l'oreille.

Si la tête est penchée en ayant ou en arrière, les proportions sont toujours les mêmes: on observera seulement que les lignes transversales d'opérations doivent toujours faire angle droit avec la grande ligne verticale d'opération. Ainsi, dans la figure 1, les lignes 4, EL, eF font la croix parfaite, où angle droit avec la ligne CG; ou dans la figure 2, les lignes ab, CD, EF, GH, font angle droit avec la ligne AB. Dans la figure 3, les lignes ab, CD, EF, GH, font angle droit avec la ligne AB. De même, les lignes DEF, LM, PO, des figures 1 , 2 et 3, sont parallèles aux lignes 4e, CE , CE, qui forment le dessus du nez de chacune de ces têtes.

On dit d'une tête qu’elle est bien ensemble, lorsque ces règles sont observées. Si une de cés lignes ne faisait pas angle droit avec la grande ligne d'opération , la tête ne serait pas bien ensemble.

Les lignes PG de la figure 2, et AL de la figure 3, représentent les aplombs qui ont servi à trouver l'inclinaison de ces têtes.

On observera encore que, en supposant la tête regardant droit devant elle, la ligne qui détermine le profil du globe de l'œil est presque parallèle à la grande ligne d'opération. Elle s’en écarte un peu vers le bas; ainsi yp, fieure 1, est presque parallèle à CG; /m, figure 2, est presque parallèle à AB. Dans la figure 3, l'œil regarde en haut: alors la ligne dfs’écarte vers le haut de la grande ligne d'opération, c'est-à-dire que le point d'est plus éloigné de AB que le point £

Les places et les dimensions étant trouvées, dans ces places on dessine les organes.

La planche 12 représente les mêmes figures que l'on.a vues, planche 11; mais dans cette dernière les organes sont dessinés : seulement, dans la figure 3 de cetté planche 12, la figure représentée a la bouche ouverte, mouvement naturel quand on penche la tête en arrière pour regarder en haut. Dans ce cas, la tête se divise toujoursen quatre; mais alors on baisse lementon dela même quantité que l’on fait ouvrir la bouche, car dans ce mouvement, c’est la mâchoire inférieure qui baisse, et la mâchoire supérieure reste à sa place. Or, on baisse le menton d’une dimension ab égale à op, ouverture delabouche

2° Profil penché de cüté.

Ox à vu précédemment (planche 4, fig. 2, page 28) qu'un cercle posé horizontalement, lorsqu'il se trouve à la hauteur de l'œil, présente une ligne droite. Plus ce cercle s'élève au-dessus de l'œil, plus il devient courbe; plus il descend au-dessous de l'œil, plus il devient courbe dans le sens contraire à celui du cercle précédent,

La tête étant sphérique, les lignes d'opération des yeux, du nez, dela bouche, ete... , deviennent autant de cercles.

Lorsque la tête est droite et placée à-peu-près à la hauteur de l'œil de l'observateur, les lignes d'opération présentent des lignes droites. Si, au contraire, la tête est penchée de côté, comme sont représentées les figures r et 2 de la planche 13, ces lignes d'opération deviennent autant de cercles, qui se trouvent posés obliquement, et, dans cette position, ces lignes sont d'une courbure très prononcée.

Nous commençons par la figure qui est penchée vers le côté droit.

Après avoir trouvé le mouvement et la masse de la tête, par les moyens indiqués planche 10, fig. 1,

* Pour toutes ces proportions qui varient, on les compare sur le porte-crayon avec une des parties de la tête.

— on se donne l'échelle AB (Voyez planche 13, fig. 1), égale à la hauteur de la tête; puis on divise cette échelle et la tête en quatre parties égales, comme on a fait pour les autres têtes. Par ces points de divisions, on fait passer les lignes d'opération qui diffèrent beaucoup de celles des autres profils : car, ici, la tête étant penchée à sa droite, ces lignes décrivent des cercles, que nous voyons en dessous, et ne sont plus des lignes droites, comme dans les profils des planches 11 et 12. On concoit que plus la tête penche, plus les lignes paraîtront courbes.

Pour s'assurer de la courbure de ces lignes, on peut employer les moyens indiqués à la planche 4, fig. 8 et 9. Il est vrai que les lignes d'opération sont imaginaires, mais, sur une figure en plâtre, on peut les indiquer de la manière suivante. On prend un fil ou soie noire, on le fait passer sur l'attache du nez, sur les paupières supérieures, puis sur l'oreille, et on l'attache ensuite derrière la tête. On en fait passer un second sous le nez, sous les oreilles, et on l'attache également derrière la tête, et un troisième passe dans l'ouverture de la bouche : on observera qu'il faut que ces fils soient bien parallèles entre eux. Ensuite, pour trouver la courbure de la ligne, on emploie le moyen indiqué à la planche 4, fig. 8 et 9.

On peut encore employer un autre moyen. On tient le porte-crayon horizontalement, de niveau avec le bas de l'oreille. De cette manière, il est aisé de voir si le bas de l'oreille, dans cette position, paraît venir à la hauteur du milieu ou du bout du nez. Le point représenté ici par P se trouve encore en nivelant avec le porte-crayon. Ayant ainsi les points représentés par P et par D, puis le point a donné par l'échelle, il est facile de faire passer une ligne courbe par ces trois points.

Nous avons dit que nous divisions cette tête en quatre parties égales comme les têtes des planchés 11 et 12. La seule différence tient à ce qu'il est bien évident que dans cette position, le point représenté ici par C est plus près de l’observateur que le point représenté par G. Ainsi, la distance qui se trouve du point C au point G, nous présente un plan fuyant ou perspectif, et les différens espaces qui se trouvent dans ce plan sont vus en perspective, où en raccourci. Or, sur la nature, les distances CD, DE, EF, FG, sont égales entre elles, au lieu que dans cette position, fig. 1, ces espaces paraissent diminuer à mesure qu'ils s’éloignent. Ainsi, l'espace représenté par DE paraît plus petit que CD, EF paraît plus petit que DE, et la dernière partie FG paraît encore beaucoup plus petite que les autres. En effet, le dessus de la tête, étant presque plat, disparaît tout de suite. On ne voit donc de la quatrième partie que l'espace représenté par FG. Dans cette position, on voittrès peu du dessus de la tête, mais on voit le dessous du menton que l’on ne verrait pas si la tête était droite, etaulieu de la ligne ou contour représenté par LM, on ne verrait que la ligne NC. La tête étant ainsi penchée, les organes paraissent plus larges et plus courts. La longueur du nez est toujours égale au quart de la hauteur de la tête, ou à une partie; mais dans cette position on voit le dessous du nez, et ce dessous est pris aux dépens de la longueur du nez, qui déjà était vu un peu en raccourci. Dans cette position, la bouche paraît plus près du nez, car l'espace qui se trouve de l'ouverture de la bouche au nez est vu en raccourci. L’oreille paraît toujours de la même largeur, mais elle paraît plus courte, l'œil paraît plus fermé. Ici, nous ne parlerons pas des divers changemens que subissent les organes, nous nous proposons de parler plus loin des organes en général, ne nous occupant pour le moment que des places et de la masse.

Si le même profil, toujours regardant à notre gauche, est penché sur nous, c'est-à-dire sur sa gauche, les lignes d'opération deviennent courbes dans le sens contraire des lignes de la fig.

Dans cette nouvelle position , il est évident que le point représenté par H, fig. 2, est plus près de l'observateur que le point représenté par C. Or, l'espace représenté par ED paraît plus grand que DC; l'espace EF paraît plus grand que ED, et l’espace HF beaucoup plus grand que FE, car on voit une partie de l'autre moitié du dessus de la tête; cette moitié est représentée ici par l’espace HK. GHJ représente la ligne d'opération, qui divise la tête en deux parties égales.

A l'égard des organes, il en est de même que de ceux de la figure 1. Les largeurs sont toujours les mêmes, mais les longueurs subissent un raccourci.

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