II. DE LA BOUCHE
Proportions de la bouche.
ous avons déjà dit que l'ouverture de la bouche, ou la ligne formée pa la jonction des deux lèvres, se place au petit tiers en haut de la distance du nez au menton, ou de la première partie.
La plus grande largeur de la bouche est égale aux deux tiers d’une partie, ou de la distance du nez au menton. Ici, planche 19, fig. 1, AB est égale aux deux tiers d'une partie. 1
L'épaisseur de la lèvre supérieure est égale au tiers de la distance du nez à l'ouverture de la bouche. Ici, ab est égale au tiers de ap ou de Bd.
L'épaisseur de la lèvre inférieure est égale à la moitié de la distance du nez à l'ouverture de la bouche; /a égale la moitié de a p, ou cB égale la moitié de Bd.
Le dessus de la lèvre supérieure est creusé d’une gouttière sous-nasaire, que nous appelons communément gouttière nasale. Les bords de cette gouttière forment deux saillies un peu courbes que frappe vivement la lumière. La grande ligne d'opération partage en deux parties bien égales la largeur de la bouche et la gouttière nasale. Ici cette ligne passe par les points p,0, a, L.
La fig. 2 représente la masse d’une bouche vue de face, et voici de quelle manière on doit dessiner cette masse. Dans la largeur indiquée, et par le point qui détermine la place de la bouche, on tire une ligne plus ou moins courbe selon l’action ou le caractère de cette bouche. On a soin de mettre moitié de cette largeur d’un côté de la ligne d'opération, moitié de l’autre : cette ligne est représentée ici par la ligne CD. Par les points qui déterminent l'épaisseur de la lèvre supérieure et de la lèvre inférieure, on fait passer deux petites lignes courbes qui indiquent la hauteur de ces deux lèvres.
Ici nous avons divisé la bouche vue de face (fig. 1) en quatre parties égales par des lignes verti-
Rs
cales prolongées jusqu'au bas de la planche. De cette manière, on voit que la-bouche vue de trois quarts régulier (fig. 3) occupe juste les trois quarts de la largeur de la bouche! vue de face; on voit encore que le petit côté oule côté vuen raccourci &b de la fig. 3, occupe juste-un quart de Ja largeur AB (fig1)ouù un tiers de la largeur ad, fig. 3. On voit encore que la grande ligne d'opération passe par le milieu de la bouche au point b, base de la lèvre supérieure, comme dans la bouche vue de face (fig. 1) où elle passe par le point a. Il y a pourtant une différence, et la voici: dans la fig. 3, la grande ligne d'opération ne passe pas par le milieu de la courbe formant le haut de la lèvre supérieure, parce que cette lèvre supérieure n'est pas d'aplomb , mais au contraire penchée en avant. Or, si l’on suppose une ligne qui divise la lèvre supérieure en deux parties égales, la bouche étant vue de face, cette ligne paraîtra d’aplomb comme la ligne 4b, fig. . Cette ligne ne paraît faire qu'une avec la grande ligne d'opération, tandis que dans la fig. 3 cette même ligne, représentée par la ligne bc, étant vue de côté, paraît oblique, et le point cne semble plus d’aplomb sur le point à, et la grande ligne d'opération qui est presque toujours d’aplomb ne peut plus, dans cette position, passer par le point c. Plus le trois quarts devient petit, plus cette ligne paraît penchée, et par conséquent plus le point c, milieu de la partie supérieure de cette lèvre, semble s'éloigner de la grande ligne d'opération , tandis que cette grande ligne d'opération passe toujours par le point & de la fig. 1, b de la fig. 3, d'et d des fig. 4 et 5, milieux de la base de cette lèvre.
Dans l’espace a (fig. 3) ,il doit yavoir autant de détails que dans l'espace Aa (fig. 1 ). Ici (fig. 1) la courbe eb est une portion de cercle. Dans la fig. 3, cette courbure étant vueen raccourci devient une portion d’ellipse. De même, la courbure A a dela fig. 1 paraît, dansla fig. 3, plus creuse et moins étendue; enfin, dans les fig. 4 et 5 l'espace 4 d doit renfermer tout ce qu'il y a dans l’espace Aa de la fig. 1. La bouche représentée par la fig. 6 est placée par rapport à l'observateur de manière à être vue de profil. Alors on en voit seulement la moitié, et la ligne de, fig: 6, est la même que la ligne ab (fig. 1) que cb (fig. 3) et que cd (fig. 4 et 5).
La largeur de la bouche vue de profil perdu est égale au quart de la largeur AB de la bouche vue de face.
La lèvre inférieure est sphérique: au milieu de cette lèvre, du haut en bas, il existe une légère gouttière qui, prenant la forme de cette lèvre, présente une ligne courbe. La bouche étant vue de face, cette gouttière semble une ligne doite /&, collée sur la grande ligne d'opération. Dans la bouche vue de trois quarts régulier (fig. 3) cette gouttière devient une ligne courbe gb. Plus le trois quarts devient petit, plus la ligne devient courbe. Voyez les lignes ed (fig. 4), pd (fig. 5) et r d (fig. 6), devenant le contour. de la lèvre inférieure.
Dans toutes les positions, de face, de trois quarts et de profil, pourvu que la tête soit d’aplomb, la hauteur des lèvres est toujours la même, comme on le voit par la fig. 8. En tirant des lignes horizontales des extrémités supérieures et inférieures de la lèvre supérieure de la bouche vue de profil, on a, entre ces lignes, l'épaisseur de la lèvre supérieure de la bouche vue de trois quarts ; la lèvre inférieure de la bouche vue de profil donnera encore l'épaisseur de la lèvre inférieure de la bouche vue de trois quarts.
La fig. 9 représente une bouche qui sourit : la fig. 10 représente une bouche qui rit aux éclats. La fig. 11 représente une bouche qui rit: mais cette bouche est penchée en avant, de manière à ce que l'on voie les dents du bas.
La fig. 12 représente une bouche qui aspire, et la fig. 13 représente une bouche qui souffle. La fig. 14 représente une bouche qui chante.
La fig. 15 représente la bouche d’une personne qui souffre une douleur aiguë et qui grinceles dents.
La fig. 16 représente une bouche entr'ouverte et renversée. Dans cette position, la bouche étant vue en dessous, les lignes paraissent courbes.
La fig. 17 représente une bouche qui boude. Ici, les coins de la bouche tombent beaucoup, tandis que dans une bouche qui rit, les coins de la bouche sont très relevés. Plus le rire augmente, plus les coins de la bouche se relèvent. Plus la mauvaise humeur augmente , plus les coins de la bouche
descendent. Les coins de la bouche un peu relevés rendent une bouche gracieuse. Les figures 18 et 19 représentent des bouches qui bäillent.
Nous ajoutons encore plusieurs bouches dans différentes positions. Nous rappellerons que les bouches ici figurées doivent servir d'indications pour celles que l'on dessinera d’après nature, mais ne sont pas pour être copiées.