I. MANIÈRE D'OMBRER UNE TÊTE D'APRÈS NATURE OU D'APRÈS LA BOSSE
Après avoir présenté quelques observations sur les lumières et les ombres de la tête, nous indiquons la manière d'éclairer le plus avantageusement possible la tête à dessiner, et nous donnons ensuite les moyens d'exécuter le dessin ombré de la tête.
Observations sur les lumières et les ombres de la téte.
Lorsque nous dessinons, notre plus grande lumière est le blanc du papier, ou le crayon blanc si nous dessinons sur du papier de couleur; or pour faire paraître ce blanc plus où moins vif, il faut des ombres plus ou moins fortes : cette règle s'applique à tous les genres de, dessins; nous nous occuperons ici de la tête.
Si la figure est en plein air, éclairée par la lumière du ciel, la plus grande lumière sera sur le haut. Si cette figure est dans un appartement éclairé par une fenêtre, la lumière la plus vive sera un peu plus bas, plus ou moins, selon l'élévation de la fenêtre.
Lorsqu'on veut ombrer une tête, il faut d’abord chercher les moyens de faire tourner la masse générale, sans s'occuper des organes que l'on peut considérer comme détails.
Nous savons déjà que la tête dépouillée de ses cheveux a la forme d’un œuf; il faut donc chercher les moyens de faire paraître en relief cet œuf, sur la toile, ou sur le papier.
Sur un corps sphérique, la plus grande lumière, comme l'ombre la plus noire, ne sont jamais au bord ou contour. Si la tête se détache sur un fond noir, le contour de la tête (du côté de l’ombre), se détachera par une demi-teinte moins noire que l'ombre de la tête, et le contour du côté qui reçoit la lumière, au lieu de se détacher par une lumière vive, se détachera en demi-teinte.
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Le même principe peut s'appliquer aux ombres du cou, que l'on doit ombrer comme une co lonne, c’est-à-dire mettre du côté de l'ombre, au bord, une demi-teinte; puis une autre demi-teinte un peu plus foncée, une troisième encore plus foncée; enfin arriver à l'ombre la plusnoire, mais en ayant soin de dessiner avec l'ombre, la courbe donnée par l'os ioïde. Ensuite, on diminue progressivement cette ombre, par des demi-teintes pour arriver à la grande lumière; puis on met une demi-teinte au bord pour détacher le côté clair du cou sur le fond.
Ordinairement la lumière du con ne paraît pas aussi vive que celle du front. Or, le front ou le haut de l'ovale, étant la partie la plus saillante, reçoit la lumière Ja plus vive et comme le visage devient un plan fuyant jusqu'au menton, la lumière se dégrade sensiblement, à moins qu’elle ne rencontre une partie saillante comme le nez ou le menton : alors il y a une lumière assez vive sur le bout du nez et sur le haut du menton. Mais plus loin nous nous occuperons des organes. Le bas du visage se détache sur le cou par un reflet, mais ce reflet paraît beaucoup plus vif que celui du contour qui se détache sur le fond. La cause en est que, premièrement, l'opposition de l'ombre du cou fait paraître le reflet plus clair, et secondement, la poitrine reçoit la lumière, la renvoie et de cette manière éclaire le dessous du menton.
Ici, planche 31, fig. 1, nous avons supposé une tête sans organes , qui reçoit la lumière à gauche. On remarquera que la plus grande lumière est sur le front, ensuite elle diminue jusqu’au menton. L'ombre la plus noire est du côté opposé à la lumière : cette ombre prend la forme de l'ovale. Au bord, il y a une demi-teinte. Le menton et le bas de la joue se détachent sur le cou, par un reflet assez vif, car l'ombre du cou faisant opposition, fait paraître le reflet du menton et de la joue plus clair à cet endroit; de plus, la lumière qui vient frapper la poitrine, rebondit et éclaire cette partie‘du visage.
Le visage avance sur le cou, ce qui fait que ce dernier recoit moins de lumière que le visage. La grande lumière du cou est donc*moins vive que la grande lumière du visage.
Pour faire tourner le cou, il faut commencer par déposer à une petite distance du contour, une ombre du haut en bas, mais il faut que cette ombre soit plus noire près du menton, et la diminuer à mesure qu'on descend; ensuite fondre cette ombre du côté privé de lumière, de manière à ce que le cou se détache en demi-teinte sur le fond. Il faut la fondre encore de l'autre côté, pour passer insensiblement à la lumière, et mettre une légère demi-teinte, pour détacher ce côté clair sur le fond.
On observera encore que la tête porte une ombre sur le cou qui est, par sa construction anatomique, un peu bombé verticatement : cette ombre décrit une coarbe en prenant la forme du cou. Cette ombre portée est à. sa naissance plus vigoureuse que l'ombre du cou : elle s’affaiblit à mesure quelle descend et se fond légèrement des deux côtés dans l'ombre et les demi-teintes du cou.
Lorsque la masse générale semble un corps sphérique et paraît ressortir du papier, on s'occupe des organes. Sur cette masse on esquisse légèrement les globes des yeux, puis le nez et la bouche. Chacun des globes des yeux doit tourner comme la masse de la tête et par les mêmes moyens.
L'intérieur des orbites doit être ombré plus ou moins, selon qu'ils sont plus ou moins creux, surtout celui qui est du côté privé de lumière.
Le globe de l'œil a une ombre assez forte, qui en prend la forme , puis une demi-teinte au bord (du-côté de l'ombre); cette ombre se fond pour passer à la lumière; l'autre contour se terminewpar une demi-teinte. La lumière la plus vive est ordinairement, aux deux tiêrs de la hauteur du globe de l'œil.
Le bas du globe de l’œil qui est enveloppé par la paupière inférieure, est presque toujours dans la demi-teinte, car cette partie de l'œil, présentant un plan fuyant, ne reçoit pas de lumière positive.
Ici, fig. 2, nous avons indiqué (seulement du côté droit), un œil fermé, et du côté gauche nous avons figuré, par une légère esquisse, l'œil ouvert. Vient ensuite le nez. Le côté le plus fort de l’ombre, ici le côté droit, est une des ombres les plus noires du visage; de l’autre côté, il y a ordinairement une demi-teinte.
Sur le dos du nez il ÿ a une lumière assez vive, mais pas encore le‘blanc du papier que l'on réserve pour le bout du nez, qui reçoit ordinairement la lumière la plus vive. Il y a donc, entre les deux sourcils, à la racine ou naissance du nez, une demi-teinte, qui s’éclaireit en passant sur les os du nez, redevient un peu plus forte au-dessous à la hauteur des ailes, diminue de nouveau et laisse place à une lumière vive et étroite qui se trouve sur la partie la plus saillante du bout du nez. Vient ensuite une ombre assez forte, courte, qui prend la forme de l'extrémité de cet organe, puis une demi-teinte qui paraît d'autant plus claire, que le nez porte une ombre sur la lèvre supérieure, et c'est sur cette ombre que le dessous du nez se détache en demi-teinte et même par un reflet, car le dessous du nez recoit uné lumière renvoyée par le dessus de la lèvre supérieure : même principe que pour le bas du visage qui recoit la lumière de la poitrine. Les ailes du nez sont sphériques: pour les ombrer, c’est le même principe que pour les yeux.
L'ombre la plus forte des yeux se fond légèrement sur la joue, et sur la paupière inférieure, du côté de la caroncule. Il y a ordinairement sous la paupière inférieure une lumière assez vive. La joue étant soutenue par un os appelé os jugal, présente une saillie qui reçoit plus ou moins de lumière: la plus grande lumière de la joue est donc sous l'œil, ensuite la partie fuyante passe dans la demiteinte. Cette dernière teinte va rejoindre l'ombre du contour du visage. La même chose a lieu du côté éclairé, excepté que les lumières sont plus vives, et les ombres moins noires.
La lèvre inférieure étant inclinée de haut en bas, est toujours dans l'ombre , mais cette ombre paraît plus noire à la partie supérieure de la lèvre à cause de l'opposition de la vive lumière qui est sur la lèvre supérieure; le bas de cette lèvre, au contraire, se détache en reflet sur une ombre assez forte et étroite qui dessine l’ouverture de la bouche; l'opposition de cette ombre fait paraître le bas de la lèvre moins noir; de plus, la lèvre inférieure qui est sphérique présente une saillie qui est éclairée, et renvoie sa lumière sur le bas de la lèvre supérieure. La lèvre inférieure tourne verticalement et horizontalement. La partie qui se trouve du côté de la tête qui est éclairée reçoit une lumière très vive, qui s'affaiblit, à mesure qu'elle.s’étend sur la partie qui est du côté de l'ombre. De ce côté qui est presque privé de lumière, l'ombre du bas de cette lèvre est très noire; elle est moins noire de l'autre côté. Cette ombre est assez noire en bas de la lèvre, en prend la forme, et se fond par des demi-teintes pour passer à la lumière,
Vient ensuite le creux qui se trouve entre la lèvre inférieure et le menton : ce creux, en bas, près du menton, est plus ou moins noir, selon que cette partie est plus où moins rentrée. Le haut, près de la lèvre inférieure, reçoit un petit reflet. Pour le dessus du menton qui est éclairé sur la partie supérieure, cette lumière du menton glisse des deux côtés en s'affaiblissant, et dessous est une ombre assez forte qui, prenant la forme du menton, remonte de chaque côté. Dessous cette ombre se trouve le: reflet qui détache le bas du visage en clair sur le cou. De chaque côté dela bouche, sous les extrémités de la lèvre supérieure, il se trouve deux lumières assez vives coupées net près de l’ouverture de la bouche, et qui se perdent et se fondent dans la demi-teinte du bas du visage, en suivant le contour de la lèvre inférieure. À chacune de ces extrémités et en dehors de la lèvre supérieure, il y a une ombre, mais cette ombre n’est pas également noire partout. Les deux extrémités de cette lèvre sont très noires, ainsi que dans l'ouverture; ensuite il y a un petit reflet oblique, puis une ombre également oblique, et qui se fond par une demi-teinte et passe dans la joue. Cette ombre contribue beaucoup à faire sourire la bouche : car plus cette ombre est forte , et plus les joues pa-
raissent se gonfler, et lorsqu'on rit, les coins de la bouche se relèvent (voyez p. 83), les joues sont plus rebondies et forment un creux près des coins de la bouche. Plus on rit, plus les croins de la bouche se relèvent et plus l'ombre devient forte.
Manière d'éclairer une téte.
Lorsque l’on veut dessiner et ombrer.une tête d’après la bosse ou d’après nature, il faut avant
tout s'occuper de la bien éclairer.
H faut que le jour vienne,un peu de côté, de manière à ce que les différens petits mouvemens qui se trouvent dans le côté éclairé du visage se fassent voir par des demi-teintes légères. Il vaut mieux quele côté qui estdans l'ombre reçoive un peu de lumière; si la tête était éclairée de telle façon que la moitié fût totalement privée de lumière, cette position ne serait pas favorable: cela donnerait une figure qui n'offrirait que du noir et du blanc et des effets trop brusqués. On peut remédier à cet inconvénient, en posant devant le côté qui est privé de lumière, et à la distance de six à huit pouces, une demi-feuille de papier blanc penchée de manière à former avec le busteun angle dont le sommet seraiten bas. Il faut placer ce papier de manière à ce qu’il soit éclairé. Alors la lumière qui tombe sur ce papier rebondit et jette un reflet sur le côté noir de la figure ; ce peu de lumière adoucit et ôte l'uniformité des ombres. Mais ce papier ou reflet ne doit pas êtreposé au hasard ; en le posant plus bas queles yeux de la figure, de manière à ce qu’il ne détruise pas entièrement les ombres, les parties saillantes seules sont un peu éclairées. Les parties creuses restent privées plus ou moins de lumières: ce qui fait que l'on distingue parfaitement toutes les formes, et qu'ily a, en même temps, des ombres vigoureuses qui font paraître les lumières brillantes, et des reflets qui mettent del’harmonie entre ces deux côtés du visage. On obtient le même
effet , même plus brillant, avec un miroir.
Si le papier était placé de manière à jeter un reflet sur tout ce côté de la figure, les ombres seraient détruites et les formes ne seraient pas senties. De même, si la figure était éclairée positivement en face, il n'y âurait pas d'ombre, à peine des demi-teintes: la figure serait blafarde. Il faut que la lumière vienne un peu de côté, de manière à ce qu'un côté soit plus éclairé que l’autre et que cette même lumière tombe d’un peu haut. Si la figure est éclairée par une fenêtre dont l'ouverture descende jusqu'au sol, on peut, avec une draperie fongée, attachée à la fenêtre, intércepter la lumière qui vient d'en bas, de manière à ce que la tête’ soit éclairée seulement par le jour du haut. Par ce moyen, on jette la lumière sur le haut de la tête et du visage: car un visage éclairé en dessous n’est pas gracieux; éclairé également du haut en bas, il est trop uniforme. Il ne faut pas prendre la nature telle qu’elle se présente: il y a des effets qui ne sont pas heureux et il faut faire un choix.
On observera qu'il est difficile d'obtenir des effets piquans et des lumières brillantes, si l’on ne fait pas se détacher latêtesur un fond. Dans la nature, la masse d'air, qui se trouve derrière votre modèle, sert de fond pour le détacher: aussi dans une chambre où le modèle se détachesur les murs, ona soin de les peindre en gris-olive ou bleuâtre. Si l’on dessine dans une chambre dont les murs
soient peints en noir, blanc, jaune, etc., il est facile de tendre sur ce mur, derriere la figure, quelques
pieds d’une étoffe de couleur gris-verdâtre, de manière à ce que le modèle ait un fond convenable. Manière d'ombrer une téte d'après nature ou d'après la bosse.
Votre modèle étant éclairé d’une manière avantageuse, vous vous placez selon la position dans laquelle vous voulez le faire, et après avoir esquissé légèrement votre tête ou buste, il faut étudier les ombres de la manière suivante. D'un premier coup-d'œil, on embrasse la masse générale: on voit quel est le côté éclairé et le côté privé de lumière. Un second examen vous apprend quelles sont les ombres les plus noires et où elles sont situées. C’est ordinairementl'ombre du front, de la joue, le côté du nez, et souvent le dessous du menton, puis l'ombre du cou. Par une troisième observation, vous vous assurez de la forme de ces ombres. Elles prennent toujours la forme des objets sur lesquels elles se trouvent. Étant ainsi bien sûr de la forme de vos ombres, vous les comparez avec le fond. Ordinairement, le côté de la tête qui est privé de lumière, par sa vigueur, fait paraître plus clair le
fond sur lequel il.se détache en noir , tandis que le côté éclairé fait paraître le fondi noir : ce côté du fond doit être pourtaut moins noir que les grandes ombres de la tête, et celui sur lequel la tête se détache en noir, doit tenir le milieu entre les grandes ombres et la lumière. Vous commencez par faire le fond ; ensuite vous employez le plus grand noir de votre crayon ou de votre estompe (1) pour
* En général l’estompe convient mieux pour mettre de suite une tête à l'effet.
l'ombre du front et de la joue, en prenant bien la formede la tempe.et.de l'os de la joue (cet os est très apparent chez les vieillards) ; vous placez également l'ombre du ménton. Vous posez votre noir
à une petite distance du contour de votre tête (car, dans un corps rond, l'ombre la plus forte ou le
plus grand noir n’est jamais au bord); ensuite, vous fondez le bord de vos ombres dans le petit espace qui termine le contour du visage, de manière à ce que le contour se terminé par une teinte moins noire ou un reflet. Avant de terminer le bas du visage, il faut ébaucher l'ombre du cou sur laquelle il se détache, afin de mieux juger à quel degré on doit monter l’ombre du menton; car on ne peut juger de la vigeur d’une ombre, qu’en lui opposant celle qui lui est voisine.
Il en est de même à l'égard de la lumière. Souvent il arrive qu'une ombre que vous venez de déposer, vous paraisse très noire, parce qu'elle est entourée de blanc, et lorsque vous lui opposez une autre ombre rigoureuse, la première pâlit tellement que souvent même il arrive qu'il faut la doubler de ton.
Il faut donc avoir pour principe de placer de suite toutes les ombres qui sont voisines les unes des autres, afin de mieux juger de l'effet et pouvoir les comparer.
Ainsi vous déposez les ombres du front, de la joue, du menton et du cou, les comparant toujours les unes avec les autres sur votre modèle. Ensuite on fond le contour de tes ombres, puis on place les plus grandes ombres des orbites et des yeux, du nezret de la bouche, ayant toujours pour principe de comparer ces ombres avec celles dMfront, de la joue, du menton, etc., que l’on a déjà. *
Il faut avoir soin de tenir les lumières plus grandes qu’on ne les voit; car, en fondant ies ombres et en travaillant les demi-teintes, il arrive souvent qu'on rétrécisse les lumières plus qu'on ne voudrait.
On'observera encore qu’il faut bien se garder de travailler d’abord les demi-teintes , en massant la tête: c’estencore une raison pour perdre les lumièrés# On doit seulement s'occuper des grandes ombres et des lumières. Les ombres étant placées et la tête massée comme la figure 2, il faut de suite ébaucher les cheveux ; car l'opposition des cheveux d’une couleur plus où moins foncée, fait paraître l'ombre du front plus où moins forte, et la lumière plus ou moins vive.
En massant les cheveux, on aura soin de les faire d’abord descendre moins bas qu'ils ne doivent descendre réellement, afin d’avoir de la place pour fondre le bord et leur donner plus de légèreté. IL arrive encore que s'il y a des boucles, on doit voir le front à travers quelques-unes; on ébauche le front beaucoup plus haut qu’on ne doit le voir, ensuite on jette les cheveux dessus.
On fait tourner une boucle de cheveux comme tout autre corps rond. Les boucles qui sont sur le côté ombré de la tête reçoivent peu de lumière et seulement de petites échappées. Celles qui sont du côté éclairé ont des lumières plus vives et plus larges. Chaque boucle a un reflet au contour du côté privé de lumière, une ombre qui par des demi-teintes passe à une lumière plus ou moins vive, et uné demi-teinte du côté qui recoit la lumière. On ombre donc chaque petite boucle ou tire-bouchon comme si c'était un morceau de bois rond, ensuite, avec l’estompe et le crayon, on prolonge de petites ombres dans la lumière, etavecla mie de pain, on prolonge des lumières dans l'ombre; avec le crayon,
on jette les petits cheveux qui voltigent. Le même principe s'applique à une natte ou torsade comme
celle de la fig. 3.
Veut-on jeter un voile sur la coiffure? On commence toujours per faire les cheveux qui doivent sé voir à travers ce voile; ensuite, avec la mie de pain, on dessine le voile et l'on enlève le noir plus ou moins, selon que les lumières sont plus ou moins vives.
Si l'on dessine sur du papier de couleur, on ombre comme si c'était sur du papier blanc. Pourtant, il faut tenir le tout un peu moins noir; car on conçoit que l'opposition du blanc que l’on doit mettre, fera paraître les ombres et les demi-teintes plus noires. Il faut encore avoir soin de laisser la placé des lumières plus grandes qu'il ne faut, afin qu’il se trouve du ton du papier entre les demi-teintes et les lumières ; alors le papier lui-même devient une demi-teinte.
* Ilest bien entendu que cette compataison doit avoir lieu sur le modèle,
—Ho4t— La tête étant presque finie, on met le blanc de cette manière : dans les grandes lumières, comme celle du front, du blanc très épais, et peu estompé; dans les endroits où la lumière est moins vives, du Plane moins épais et plus estompé; ensuite, dans les yeux (le petit point lumineux), sur l'extrémité du nez, aux coins de la bouche, on met le blanc avec le crayon sans lestomper. Il faut donc mettre un reflet, une ombre, fondre cette ombre par des demi-teintes, laisser, dans un très petit espace, le ton du papier; puis une demi-teinte de blanc qui laisse voir le papier à travers, une autre de blanc un peu plus épais, ensuite employer le plus grand blanc, que l’on dégrade en suivant la même marche que l'on à employée pour y arriver. ites sur du papier de couleur peuvent se passer de fond, le ton du papier lui-
Les têtes qui sont fe même en sert, et alors le fond est différent des ombres et des lumières.
La masse d'une tête, sans les cheveux et sans les organes, ressemble parfaitement à un œuf (Voy. planche 3r, fig. 1); c'est même une très bonne étude à faire pour les commençans que de prendre un œuf qui soit dans les belles proportions de la tête; le poser et l'éclairer convenablement, et le copier avec exactitude. On aura positivement la masse d’une tête nue. Ensuite, sur cette masse, on peut esquisser et masser les organes, et l’on aura une tête massée comme celle qui est représentée fig. 2. On pourrait même essayer de finir cette tête comme celle qui est représentée fig. 3.
Enfin, la tête ou le buste étant massé tout entier, on termine de cette manière : il faut polir les ombres les plus vigoureuses, avec une estompe qui contient du noir, afin de ne pas affaiblir l'ombre; fondre le bord de cette ombre avec une-estompe presque sans noir; étudier tous les petits mouvemens qui se font voir sous la peau. Lorsque l'on voit une légère teinte, si l’on n’est pas très sûr du ton
auquel il faut la monter, on compare cette demi-teinte avec les ombres. Il en est de même des lumières. IL est possible que l’on doute si une lumière que l’on voit doit être faite avec le blanc du papier ou le papier un peu noirci. Il faut comparer cette lumièretavee la lumière la plus vive; alors on voit si la première est aussi vive. Ensuite, il ne faut pas oublier que, dansle côté éclairé , les parties les plus saillantes reçoivent la plus grande lumière, que les grandes ombres sont du côté privé de lumière sur les parties fuyantes , et que dans un corps arrondi, il y a toujours des demi-teintes pour passer de l’ombre à la lumière; que les plus grandes lumières sont toujours voisines des grandes ombres (saufles petites demi-teintes qui les séparent); qu'une partie qui devrait être très noire parce que la lumière directe ne peut pas la frapper, peut se trouver éclairée par un reflet renvoyé par une partie voisine qui reçoit la lumière.
En suivant ces diver et surtout en comparant les ombres et les lumières les unes avec les autres, on parviendra facile-
observations, en se conformant à la marche que nous venons d'indiquer,
ment à exécuter, d'après la bosse et d’après nature, des dessins dont les effets seront vrais.