‹ Le dessin des animaux en Grèce d'après les vases peintsChapitre 17 sur 40 · I. Ed. Pottier, Catal. des rases dit Louvre, p · texte numérisé non relu

I. Ed. Pottier, Catal. des rases dit Louvre, p

L'ÉCOLE ATTIQUE. i8i

Il est fâcheux que, dans le courant du v*' siècle, les animaux se fassent rares sur les vases. L'homme absorbe de plus en plus l'atten-

FiG. 208. — Coq. — Détail grandi d'un lécythe attique à fond blanc. v« s. av. J.-C. — Louvre. SalU F,

tion des céramistes et 1: zoomorphisme cède la place à l'anthropomorphisme triomphant. Les bêtes ne figurent plus guère que

FiG. 209. — Coqs et poule. — Dctail d'une coupe attique de l'école des Klcinmeisier. — Louvre. S.^^e F,

comme des accessoires dans les représentations de cette époque.

Elles contribuent seulement à établir, comme il convient, les

mythes célèbres, à permettre aux personnages de la mythologie

i82 LES ANIMAUX EN GRÈCE D'APRÈS LES VASES PEINTS.

d'apparaître sous leur aspect traditionnel. Mais elles sont souvent magnifiques ; quelquefois même elles constituent de purs chefs-

FiG. 210. — Chiens domestiques. — Détail d'une amphore de st3'le attique du vi= s. av. J.-C. — Louvre

Salle F, n" 2.

d'œuvre. Aussi est-il nécessaire de les étudier les unes après les autres.

Oiseaux. — Sur un lécythe blanc du Louvre, il y a un joli petit

coq. La figure 208 en donne une reproduction très agrandie. Ce coq ne

FiG. 211. — Le lévriek sp.irii.vie. — Détail d'une amphore attique à figures rouges. — Musée de Miiiitch,

ressemble en rien à ceux de ré.cole archaïque que les Kleinmeister peignaient selon une technologie conventionnelle imprégnée des traditions ioniennes et corinthiennes (fig. 209). Il a de gros ergots, une

I/ÊCOLE ATTIQUE. 183

crête irrégulièrement découpée. Son plumage est traité avec une grande liberté de main. Les plumas de son dos forment des saillies d'une vérité tcUe qu'on est tenté de passer la main sur elles. Une recette d'atelier a certes encore été utilisée ici, mais elle se rapproche

FiG. 212. — Femme accompagnée du lévrier spartlwe. — Détail d'une amphore attique à figures noires de style courant (début du v« s. av. J.-C). — Collection Morin, n» 2100.

plus de la vérité que celles dont on faisait usage antérieurement. Son emploi suffit à montrer qu'une évolution complète s'est faite au V® siècle, en Grèce, dans la peinture des animaux.

I,e coq n'est pas le seul oiseau dont b dessin se modifie alors heureusement. Presque tous les volatiles prennent à sa suite un aspect

i84 I<ES ANIMAUX EN GRÈCE D'APRÈS LES VASES PEINTS.

réaliste très accentué. Corbeaux (i), perdrix, grues, canards (2), ajoutent ici et là au charme de quantité de petits tableaux de genre. Les uns et les autres sont apprivoisés et se promènent en toute liberté dans les habitations (3) .

Canidés. — Sur les vases du vi*^ siècle nous avons trouvé des chiens qui appartiennent à des races très différentes. Les uns sont des chiens de berger (fig. 193), les autres des chiens domestiques : xûve; z^'x.mZrfiic.

FiG. 213. — Quitus DE STYLE ATTIQUE a figures rouges. — Chasse au lièvre et lion, dont la tête, exécutée en ronde-bosse, forme déversoir. — Collection Marin, n» 1937.

Parmi ceux-ci, il en est qui sont attachés à des pieds de table ou à des lits de banquet (fig. 210).

Les céramistes du v« siècle s'attachent, eux, à représenter presque exculsivement le chien Spartiate ou laconien (4). Très apprécié dans l'antiquité, ce lévrier jouissait d'une vogue qui le fit rechercher jusqu'en Afrique.

Cette belle bête a une allure élégante. Ses membres sont allongés.

(i) Lécythe publié par M. Mac-Mahon dans X'Ephemeris archéol. d'Athènes, 1905.

(2) Vase du Musée Britannique publié par M. MuRR.w, Wliite Athenian vases, pi. 3.

(3) Dictionn. des Antiq., de M. Saglio, t. I, p. 702, fig. 847.

(4) Dictionn. des Antiq., de M. S.\GI,io, t. I, p. 882.

L'ÉCOLE ATllQUE. 185

Son museau est effilé, sa poitrine large. Ses oreilles sont minces et pointues (fig. 211 et 212). Les peintres de vases lui donnent des attitudes très variées. Ici, le chien Spartiate chasse le lièvre (fig. 213). Là, il est au repos, accroupi aux pieds de son maître. Dans cette dernière position, il est particulièrement intéressant. Les peintres du \^ siècle, ce chien nous le prouve, comprenaient les raccourcis beaucoup mieux que leurs prédécesseurs (fig. 214).

Ovidcs. — Ils ont aussi étudié les ovidés avec beaucoup de soin.

Fig. 214. — CHIEN' SPARTIATE. — Détail d'une Péliké à figures rouges. — Musée de Bouhgne-stir-Mer,

Tête de bélier et tête de bouc (fig. 215) constituent d'excellents témoignages de la perfection de leur art. Ce bélier est d'un réalisme saisissant. Sa bouche entr'ouverte, son œil, sa corne, ses oreilles sont exécutés avec une admirable science de l'anatomie (i).

Le bouc, de son côté, est un étonnant spécimen du savoir-faire des artistes de cette époque. Il est l'indice palpable de l'évolution qui s'est produite à la fin du vi^ siècle. Il est un amalgame d'anciennes recettes et d'une compréhension nouvelle des formes des animaux. Sa barbe et le poil de ses joues constituent des souvenirs des traditions ioniennes. Léporidés. — Sur les vases archaïques, le lièvre n'apparaît que dans des scènes de chasse où il est poursuivi par des chiens.

(i) Pour arriver à cette perfection, les artistes du V siècle ont fait usage de formules que nous étudierons plus loin en parlant du cheval (ch. XI).

Sur les poteries du v*^ siècle, il n'est plus seulement un gibier, il est aussi tm animal familier (i). On le voit tantôt blotti sur les genoux de son maître (2), tantôt tenu en laisse comme un petit chien (3), tantôt saisi par les oreilles et emporté de la sorte (4) (fig. 216).

Fig. 215. — Tftxns d'ovidés. — Délails il'un vase attique à figures rouges (v« s. av. J.-C). — Louvre.

Salle G, n" 185.

Cet animal apprivoisé servait alors aux jeunes gens pour se faire un cadeau. Il ne ressemble pas au léporidé des poteries corinthiennes

(i) Sur les animaux familiers {Bestiœ tnansuetcs, cicures), qu'il ne faut pas confondre avec les animaux domestiques, consulter le très intéressant article de MM. CouGNY et Saglio dans le Dut. des Antiq., de M. SaGuo, t. I, p. 689.

(2) Ed. PoTTiER, Douris et les peintres de vases grecs, fig. 21.

(3) Coupe du Musée de Berlin. Gerhard, Trinkschal und Gcfâsse, pi. XII.

(4) Canthare du Louvre, Salle L, publié dans Musée des monuments de France, IQ06, pi. 37. — Coupe à figures rouges du cabinet de M. MARGUERITE DE LA CharloniE, à Paris.

FiG. 216. — I,iÊvRE FAMILIER. — Détail d'une coupe attique à figures rouges du v° s. av. J.-C. conservée

au Musée Guimd.

FiG. 217. — EuROrE SUR LE TAURE.1.U. — Détail d'une amphore attique du style à figures noires contemporain de l'invention de la figure rouge. — Louvre. Salle F, n" 255.

i88 LES ANIMAUX DE GRECE D'APRES I<ES VASES PEINTS.

et ioniennes des vii-vi"^ siècles. Les lignes qui le constituent sont sobres et correctes tout à la fois. Elles contribuent à former une image vivante et vraie. ,

Bovidés. — Le taureau n'est pas rare sur les céramiques attiques de la fin du vi*^ et du v^ siècles.

Dans les produits à figures noires de cette époque, cet animal est exécuté d'après les lois qui régissent alors le dessin industriel,

KiG. 2iS. — HÉRAKLÈs ET LE TAUREAU DE CRÈTE. — Détail d'uuc aiiiphorc attiquc à figure noire de la fin du VI"' ou du début du v* s. av. J.-C. — Louvre. Salle F, W 240.

mais il laisse encore voir, dans le détail, des traces de la facture des époques archaïques. Voici plusieurs bovidés. Celui-ci (fig. 217) a le cou orné d'ondulations pareilles à celles des bœufs ioniens du vi*^ siècle. Celui-là (fig. 218), en dépit d'une incision tracée sur chacun de ses sabots, a les jambes d'un cheval. Il ressemble en cela aux animaux des hydries de Caere. Cet autre (fig. 219), dont le corps est placé de profil, tourne la tête de face.

La stylisation de cette tête est très curieuse. Le dessinateur attique n'a pas surchargé son œuvre de traits inutiles. Il n'a négligé aucun de ceux qui étaient nécessaires pour obtenir une belle image.

Dans les prodviits à figures rouges du v* siècle, le taureau est beau-

P'IG. 219. — Taureau a iêie de face. — Détail d'une œnochoé attiquc à figures noires du Musée de Bon-

logne-sur-Mer, n" 476.

ft^o^jjtjr^

FiG. 220. — Taureau. — Détail d'un grand vase a ttique à figures rouges, v'^s. av. J.-C. — M usée de Munich,

coup mieux fait (fig. 220). Ses jambes ne sont pas celles d'un cheval

mais bien celles d'un bovidé, avec des sabots plats, des cuisses

FiG. 221. — Sanglier a jambes d'équidé. — Détail d'uue amphore altiquc. vi" s. av. J.-C. — ■ Louvre.

Salle F., n° 19.

FiG. 222. — Sanglier de style archaïque. — Détail d'une amphore attique. vi^ S- av. J.-C. — Louvre,

Salle F., n" 51).

un peu empâtées. Son oreille est bien construite et bien modelée.

i;école attique. 191

Suidés. — Le sanglier du v^ siècle ne ressemble pas au sanglier arcliaïque. A l'époque d'Exékias, les céramistes attiques faisaient souvent à cet animal des jambes d'équidé (fig. 221). Ils donnaient à son

FiG. 223.

• Sanglier de style libre. — Détail d'une amphore attique à figures noires contemporaine des vasesàfigiuesrouges. v^s.av. J.-C. — Louvre. Salle F, n<'2 36.

œil des proportions hors d' échelle et employaient pour le dessiner soit la formule ionienne, soit la formule corinthienne (fig. 222). Leur recette diffère peu de celle dont usaient les peintres des sarcophages de Clazomène.

Fig. 224. — S.^XGLIER DE STYLE LIBRE. — Détail d'un guttus à figures rouges . — Collectinn Marin, n" 1263.

A la fin du vi"^ siècle et dans le courant du "v", le sanglier a un plus joli galbe (fig. 223). Son œil est mieux proportionné, son oreille plus étudiée. Les détails de sa structure sont plus sobrement indiqués (fig. 224).

193 IvES ANIMAUX EN GRÈCE D'APRES I.EvS VASES PEINTS.

Félidés. — En comparant entre eux les lions des céramistes du vi^ siècle et ceux de leurs successeurs du début du v^, on se rend facilement compte que l'art grec fit des progrès considérables dans un très court laps de temps.

Pour montrer toute la valeur de cette affirmation, il suffit de prendre trois exemples, d'étudier un spécimen de vase du début du vi^ siècle, im autre de l'époque d'Exékias, un troisième des environs de l'an 500.

FiG. 225. — HÉRAKLÈs ET LE LION. ■ — Détail d'un vase attique à figures noires antérieur au groupe Amasis-

Exékias. — Louvre. Salle F, n" i.

Sur le premier, le fauve a une allure héraldique. Il constitue, ici un motif décoratif analogue à celui d'un tapis ou d'une étoffe plus ou moins précieuse. Il est en somme assez banal, assez insignifiant (fig. 225). Sa queue en forme d'S n'a ni la longueur ni l'épaisseur qu'elle devrait avoir. Sa tête et ses pattes sont extrêmement négligées.

Sur le second (fig. 226), il est d'im dessin moins lâché, mais n'est pas plus vivant. Son œil, ovale et allongé, est ionien. Sa crinière, également ionienne, est limitée par des dentelures géométriques. Sa queue, toujours très mince, est plus longue que celle du carnassier précédemment décrit.

I/ECOI.E ATTIOUE. 193

Enfin sur le dernier, il devient un animal plein de vie, remuant.

FiG. 226. — IIÉRAKLÈs ET LE LION. — Détail d'un vase attique à figures noires de l'époque d'Exékias.

Louvre. Salle F, n" 37.

FiG. 227. — HÉRAKLÈs ET LE LION. — Peinture d'une œnochoé attique à figures noires du début du v« s.

av. J.-C. — Louvre. Salle F, n" 349.

agissant, se mettant en colère. Il n'est plus un ornement dont les

lignes ont seulement pour but de distraire ou d'amuser (fig. 227). Sa queue n'est plus tm simple rinceau ; c'est bien une queue de fauve

lit

riG. 228. — Croquis de têtes de Félidés, d'après des fauves de la ménagerie du Muséum d'histoire

naturelle de Paris.

qui bat l'air de ses mouvements rapides. Sa tête est fort bien traitée. On peut hardiment la rapprocher de croquis faits de nos jours d'après nature (fig. 228).

Sphinx. — Peint selon les vieilles formules des écoles archaïques,

L'ÉCOLE ATTIQUE. - tçs

le spliinx de Nicosthènes est ionien ou corinthien (fig. 199) . Le sphinx des vases à figures rouges du v^ siècle est issu d'une esthétique toute diôerente (fig. 229). Il devient un sujet de décoration d'une grande

KiG. 220. — Sphinx. — Détail d'un vase attique à figures rouges. V s. av. J.-C. — Louvre. Salle G, a" 417.

envergure. Constitué avec un petit nombre de lignes, il cesse d'avoir des mouvements brusques. Sa queue n'a plus les sinuosités d'im S régvdier. EUe a ime courbe naturelle. Son aile rappelle celle des bons voiliers à os longs tels que la frégate. Elle n'est plus recoquillée comme celle des monstres orientaux. Les peintres attiques de la belle

196 LES ANIMAUX EN GRÈCE D'APRÈS I,ES VAvSES PEINTS.

époque ont très bien compris le parti que l'on pouvait tirer des ailes des oiseavix de mer garnies de longues et belles plumes.

Figures zoomorphes des boucliers. — Blason. — L'étude des animaux des vases attiques demeurerait incomplète si l'on omettait

FiG. 230. — • Episèmes de boucliers ornés d'animaux exécutés en silhouettes noires sans incisions. Vases attiques à figures rouges du v<' s. av. J.-C. — Louvre. Salle G, (n" 47 — i à 5), (n» 46 — 6).

d'envisager la série des bêtes qui ornent les episèmes des boucliers du V® siècle.

Ces bêtes sont les ancêtres des figures héraldiques dont les blasons étaient fréquemment décorés au moyen âge et que l'on retrouve, aujourd'hui encore, dans des armoiries de villes ou de familles, sur des enseignes, sur de nombreuses marques de fabriques. Les céramistes attiques enjolivaient de lions, de dauphins, de coqs, de mulets, de corbeaux, de serpents, d'insectes, de scorpions, les boucliers de leiirs guerriers (fig. 230). Toutefois ils n'attachaient pas une très

grande importance à cette ornementation. Ils employaient, pour le faire, le procédé de la silhouette noire sans incisions.

Le scorpion est assez rare sur les vases grecs quoiqu'il n'existe guère, parmi les arthropodes, d'animal plus souvent mentionné dans les fables de l'antiquité. Cet arachnide, très répandu dans tout le bassin oriental de la Méditerranée, entra à maintes reprises dans la

FiG. 231. — Cigale en terre cuite. — Art grec. — Musée du Louvre.

composition desœuvres des artistes de la Chaldée (i) et del'Êgypte (2). Les insectes se rencontrent en plus petit nombre encore que les arachnides dans le zoomorphisme figuré des Grecs. Sur un cratère à figures noires du musée de Vienne, un bouclier est orné d'un hyménoptère du genre guêpe, très reconnaissable par le mouvement de son abdomen (3). Sur une coupe à figures rouges, attribuée à Brygos, et

(i) Borne-limite du Musée Britannique, Catalog. des Antiquités babyloniennes et assyriennes, p. 86-87, pi- XI.

(2) On lit dans le Dictionnaire d'Archéologie égyptienne, de M. Paul PiERRET, p. 496, que le scorpion était l'emblème de la déesse Selk. Cet animal était fort redouté des Égyptiens, qui récitaient des formules magiques pour se préserver de sa piqûre.

(3) Cratère à figures noires du musée de Vienne (Autriche). Tischbein V, pi. 25.

rgS LES ANIMAUX EN GRÈCE D'APRÈS LES VASES PEINTS.

reproduite par de Luynes (i), un insecte plus difficile à déterminer décore un épisème de bouclier.

Sur un vase ionien d'époque plus ancienne (fin du vii*' siècle), provenant des fouilles faite en Egypte par le professeur Flinders Pétrie (2) , se trouve une sauterelle. Il existe enfin des cigales (3) modelées en ronde bosse et que l'on peut faire remonter aux environs du v"^ siècle (fig.231).

Les Grecs n'ont pas dessiné de coléoptères. Le scarabée, qui, venu d'Êg5Tpte, pullula dans toute la Méditerranée à l'époque de la grande diffusion des amulettes de pierre dure, de verre ou de terre émaillée, n'a pas attiré leur attention.

Les lépidoptères, qui sont intervenus si souvent et si heureusement dans les décorations d'Orientaux tels que les Chinois et les Japonais, ne les ont guère plus intéressés. On peut cependant signaler, sous toute réserve, deux papillons qui déploient leurs ailes sur une coupe à figures noires de la seconde moitié du vi^ siècle pubUée dans Tischbein (4).

L'art attique a eu, sur la Grèce entière, une influence considérable. Au v^ siècle, il n'existe plus, à proprement parler, qu'une école, celle d'Athènes. Elle eut même une action réeUe, efficace, jusque sur les confins les plus éloignés du monde connu des anciens. Cela montre, jusqu'à l'évidence, combien les Attiques ont su faire preuve d'ingéniosité, d'imagination et d'adresse dans l'exécution de leurs produits industriels.

(i) De LuyxeS, Description de quelques vases peints, Paris 1840.

(2) Flinders Pétrie, Tanis Fourth memoir of the Egypt exploration. Fuud London, 18S8, pi. XXV..

{3) Il est souvent question de la cigale dans les auteurs grecs. HÉSIODE et Théocrite ont parlé de sou chant Anacréon lui a consacré sa quarante-troisième ode. Ésope la fait parler dans ses fables. Homère compare à des cigales les vieillards qui entourent Priam :

-f/,paï Sri itoXÉ|J.cno weTta'jiiÉvot àW àyopTiTai , . ., ,. .. èaÔXoi TETTLYSfftTtv èoixoTEç, oi'TE xa6' uXtiv

Ssvopi»;) èçcl^ôpitvrji, îjTra X£iptoî<70-av itïty'i, • ■ .■' ' . '■ • ' {Iliade, chant III, vers 150).

(4) Tome III, pi. 60. (Ces papillons sont peut-être des voiles et des cordages de navire ma compris) (Ed. Pottier).

Les peintres céramistes d'Athènes n'ont été en pleine possession de leur talent dans la représentation des animaux qu'après avoir renouvelé complètement et à plusieurs reprises leurs modèles d'atelier.

A l'âge du fer, leurs conceptions sont enfantines. Elles ont un caractère autochtone qui s'efface au fur et à mesure que les influences orientales se font davantage sentir.

Pendant la période de production des vases dits « attico-corinthiens », leur originahté disparaît presque entièrement.

Sous Pisistrate, leur dessin prend de la distinction, de l'élégance, mais il conserve une sécheresse et une raideur bien archaïques.

Avec l'invention des vases à figures rouges, leur style devient plus libre et s'inspire de plus en plus de la nature. Mais l'art attique de la belle époque ne se fait jamais l'esclave de la vérité ; il n'attache pas à la réahté une importance considérable.

Des œuvres bien étabhes, logiquement conçues, pondérées et savantes, admirables en un mot, apparaissent au v^ siècle, s'épanouissent comme des fleurs déployant à la lumière leurs pétales jusque-là emprisonnés dans leur enveloppe verte, émanent d'un peuple dont la civilisation brille de tout son éclat. ,

EUes ne tirent leur richesse ni de l'harmonie des couleurs ni de l'emploi d'un modelé subtil et déUcat : elles constituent le triomphe du dessin au trait.

Aryballe décoré d'une Sirène, fin vn« s. av. J.-C. Collection Marin, n" 1485.

Le dessin du cheval dans la céramique attique depuis le style dit « attico-corinthien )) jusqu'à la ruine d'Athènes en 404 (VI -V siècles).'

A. — Style attico-corinthien.

Au début du vi*^ siècle, les céramistes d'Athènes n'ont pas encore une esthétique bien déterminée. Ils sont à la recherche d'un idéal. Ils se laissent influencer par les autres écoles de la Grèce. Dans le dessin des chevaux, ils emploient tantôt la formule corinthienne, tantôt la formule béotienne. Ils appliquent, selon les cas, celle-ci ou C3Ue-là au vieux thème dipylonien, qui n'a pas entièrement disparu. Leurs équidés ont le corps trop long et trop étroit, les jambes sèches et nerveuses, un galbe rigide. En eux survit le styh athénien primitif. Les influences étrangères, pourtant considérables à cette époque, ne sont pas parvenues à faire disparaître les principes d'art delà grande cité grecque (fig. 232).

Les incisions disposées en arête de poisson sur la queue des chevaux des vases attico-corinthiens ont une origine orientale.

Des coupes cyrénéennes (i) et des objets de travail phénicien (2) nous le prouvent. Il y a là une ornementation conventionnelle qui ne correspond guère à la réalité. C'est peut-être une façon synthétique de représenter des queues tressées analogues à celles dont sont pourvus les chevaux des bas-reliefs assyriens.

(i) Louvre. Salle E, n" 665.

(2) Louvre. Coupes de Dali (Chypre) vu' s. av. J.-C. Perrot et Chipiez. Histoire de l'art, t. III> fig. 546-548.

LE DESSIN DU CHE\'AL DANS LA CÉRAMIQUE ATTIQUE. 201 Les équidés des poteries attico-corinthiennes ont la crinière divi-

FiG. 232. — Quadrige. — Détail d'un Diiios attique à décor influencé par les écoles de Coriuthe, de Béotie etd'Ionie. — Première moitié du vT s. av. J.-C. — Louvre. Salle E, n"874.

sée engrosses mèches comme ceux des vases béotiens. Leur tête, trop

FiG. 233. — TÊTES d'équidés : i. Type corinthien {Louvre F., lo) ; 2. Type hiératique de l'école DE TiMAGORAs (Louvre F., 39) ; 3. Type de style libre a chanfrein busqué {Louvre F, 47).

courte, a les proportions trapues du canon corinthien (fig. 233 n° i).

Leurs lèvres n'ont pas assez de développement en longueur. Leur

masséter est un peu trop haut. Leur œil est formé d'un petit cercle enfermé dans un cercle plus grand lequel est accosté de deux traits courts.

A Athènes comme à Corinthe, le quadrige vu de face est une bien naïve image. Dans un atelier comme dans l'autre, les recettes sont pauvres lorsqu'il s'agit de représenter un cheval de face. Les potiers

FiG. 234. — Quadrige vu de face. — Dctail d'un Dinos altico-corinthien de la premiôre moitié du vi" s.

av. J.-C. — Lmivre. Salh E, n» -673.

ignorent la myologie des équidés et ne comprennent pas les raccourcis des muscles (fig. 234). Ils s'intéressent beaucoup atix détails du harnachement et s'efforcent à les exprimer de leur mieux.

L'enlumineur du moyen âge ne procédera pas autrement. Raideur sécheresse, symétrie, impuissance à copier la nature, amour excessif des détails et des accessoires, telles sont les caractéristiques du « faire » des peintres de chevairx en Attique, au début du vi^ siècle avant J.-C.

A la même époque et dans la même série de vases, il est un cheval plus élégant, dont les membres postérieurs sont très en dessous du

T l fj^

corps (i). Cet animal se rattache au type ionisant qu'on faisait figurer sur les produits corinthiens en même temps que ses congénères du type continental. Il finira par régner en maître sur les vases et supplantera son rival à l'époque d'Andokidès.

B. — Style archaïque.

A l'époque de Pisistrate, l'équidé de style ionisant est presque toujours relégué dans les parties les moins en vue du vase, tantôt sur l'épaule, tantôt près du pied. En bonne place, au milieu de la panse, apparaît un cheval sec et raide. Il constitue un type que je proposerai d'appeler « le type hiératique de l'école d'Exékias et de Timagoras ». Cette dénomination, qu'on ne s'y trompe pas, n'a qu'une valeur d'étiquette. L,es noms d'Exékias et de Timagoras sont très connus des archéologues. Ils figurent sur des vases dans le décor desquels entrent de très beaux chevaux. Ils peuvent synthétiser l'œuvre de toute une époque où les Néarchos, les Tychios et d'autres jouèrent sans doute vm rôle équivalent à celui de ces devix artistes, mais dont l'importance exacte ne nous apparaît pas encore clairement.

Quoi qu'il en soit, les produits de cette école de céramistes constituent un progès sur ceux du début du siècle. Ce sont des œuvres splendides où l'on admire la pureté du style et la sûreté de main du graveur (fig. 235). Leurs auteurs n'ont pas fait tabls rase du passé. Ils ont conservé aux jambes des équidés la raideur qu'elles avaient sur les amphores du Dipylon, à leur corps l'allongement qu'il avait sur les poteries corinthiennes. Ils ont rendu leur crinière par un grand nombre d'incisions ondulées. Ils ont agrémenté le sommet de leurs têtes de magnifiques pompons. Ces pompons sont pareils à ceux des chevaux du char de guerre de Sanhérib (2).

I,e cheval de Timagoras a une belle queue dont les ornements ne sont plus en arête de poisson. Sa tête est longue et élégante

(i) Louvre. Salle E. n° 8ç2.

(2) Roi assyrien des viii'-vii siècles avant J.-C. (Bas-reliefs de Koujouudschik).

(fig. 233 no 2) . Son masséter est bien en place et la ligne qui indique la courbure de ce puissant muscle se prolonge à l'intérieur de la siUiouette noire pour souligner le maxillo-lahial. Son oreille est mieux faite et plus longue que chez les équidés corinthiens. Son œil a une forme curieuse ; il se termine à la partie inférieure, par un trait long qui forme crochet à son extrémité et qui sépare ingénieusement le

l'iG. 236. — TÊTE d'équidé. — Style hiératique. vi« s. av. J.-C. — Détail d'une amphore signée par Exékias. — Louvre. Salle F, n" 53.

chanfrein de la joue (i). Ses genoux et ses jarrets portent une incision en forme de crosse qui correspond aux saillies des muscles sur les têtes d'os (fig. 235).

Sur l'amphore 53 de la saUe F, au Louvre, Exékias a pris soin, en dessinant la bouche d'vm de ses chevaux, d'indiquer les dents de l'animal (fig. 236). Il y a là une précision dans le détail qui existait déjà à l'époque des vases proto-attiques, sur les œnochoés de Phalè-

(i) Cette façon de dessiner l'oeil du cheval semble particulière à l'école attique. On la rencontre, avant l'époque d'Exékias, .sur un Dinos du Louvre (Salle E, n» 876). Elle était employée pour toute sorte d'animaux (chèvre de Théozotos. Louvre P, n° 6g).

2o6 LES ANIMAUX EN GRÈCE D'APRÈS LES VASES PEINTS.

res. Dans la figure humaine, les dents n'ont été représentées que beaucoup plus tard, sous l'infiuence de Polygnote, selon Pline.

Les chevaux de l'école d'Exékias et de Timagoras ont une allure sculpturale et hiératique qui produit une impression saisissante. Leur silliouette, tout en paraissant découpée à la scie, ne manque ni de noblesse, ni de grandeur. Il est évident que le céramiste, en les peignant, n'a pas copié la nature. Il s'est inspiré, pour exécuter son travail, des ex-voto de bronze consacrés da^is les temples par les riches familles de la cité, et des statues en bois d'ébène couvertes d'incrustations d'ivoire.

Au vi^ siècle av. J.-C. le nom du cheval est souvent inscrit sur le vase, à côté ou au-dessus de l'animal (i). Sur une amphore du Louvre signée par Exékias (2), on lit :

KaXki'MiJ.r,, à la belle crinière.

nupo>to;y.-/i, à la rouge crinière.

KaXk'.r^ofx, à la belle allure.

^Hf^-oç, le ( cheval) majestueux.

Sur im autre vase du même peintre, conservé au musée de Berlin, est inscrit le mot : 'l>^X'.oç, cheval blanc. Un fragment de poterie, découvert sur l'Acropole (3), et signé par Néarchos, représente Achille harnachant lui-même les chevaux de son char, SxvfJo; et Ba>^';o; à qui Hêra avait accordé le don de la parole :

a'jSvjs'vTx S'IOri/.s Bîà Ivr/M'kîwoi; "Hpy) (4).

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