DE L’ANATOMIE
vêtir; de même si l’on veut peindre le nu, il faut savoir mettre en place les os et les muscles qu’on devra après recouvrir de chair et de peau afin de n’éprouver aucune difficulté à reconnaître où ces premiers sont placés.
De la Statue et de la Peinture. (Traduction Claudius Popelin.)
BenvenutoCellini (1500-1571).
Gomme le point important dans l’art du dessin est de bien faire un homme et une femme nus, il faut penser que pour y arriver il est indispensable de connaître parfaitement la base fondamentale du nu, c’est-à-dire le squelette humain. — Une fois que tu te seras bien gravé dans la mémoire une ossature, tu ne pourras jamais te tromper en faisant une figure nue ou drapée; ce qui n’est pas peu de chose. — Je ne prétends pas néanmoins que tu seras assuré de faire tes figures plus ou moins gracieuses, je veux dire seulement que tu les feras sans erreurs; quanta cela, je te l’affirme.
Discours sur les pnncipes de l’Art du Dessin.
G. -B. Armenini (t$40-i609).
Celui qui ne connaît pas bien les parties qui sont cachées sous la peau les fera malaisément apparaître par dessus.
De veri precelti délia Pittura. (Traduction Henri Guerlin.)
G -P. Lomazzo (i538-i600).
L’art qui, entre tous, est le plus important et nécessaire pour le dessin, est l’anatomie, qui nous enseigne à construire les membres, avec les veines et les os, et à relier les nerfs, et à composer les muscles de la façon la plus exacte qu’il soit possible, d’après les corps morts ou vivants. Et, pour expérimenter combien cela est vrai, voyez plutôt comment ceux qui n’ont
pas cette science, quelque habiles et expérimentés qu’ils sont par ailleurs, ne peuvent jamais approcher de la nature, mais à peine l’imiter d’une façon vraisemblable. Car ils ne savent comment, sous la peau, s’attachent et se composent les membres, et autres parties cachées, d’où vient le mouvement, et quels sont ses effets si variés.
Idéa del Ternpio délia Pittura. (Traduction Henri Guerlin.)
Michel Anguier fiôi 4-1686).
Il est très nécessaire à ceux qui veulent se rendre habiles aux arts de la sculpture et de la peinture de bien connaître les mouvements et le repos des muscles du corps humain, d’autant que ceux qui ont ignoré cette étude n’ont jamais été que des copistes mal entendus dans leurs ouvrages; au contraire ceux qui l’ont beaucoup pratiquée se sont acquis une grande facilité dans leurs dessins et dans l’exécution de leurs ouvrages.
Conférence à V Académie royale.
A. Coypel (1 661-1722),
Gardons-nous cependant que cette recherche exacte de l’anatomie ne nous porte à prononcer les muscles d’une manière trop sévère et trop sèche.
Discours.
F. Algarotti (1712-1764).
Il est aussi absurde de disputer si l’étude de l’anatomie est nécessaire à un Peintre que de demander s’il est utile de connaître les principes d’une science qu’on veut apprendre. Le modèle ne peut tenir qu’un instant ou très peu de temps. Il se fatigue bientôt, les muscles s’affaissent, surtout lorsque le mouvement qu’ils doivent exprimer suppose un concours momentané des esprits animaux. Si le peintre n’a pas les principes