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XVI. — LE CROQUIS

Si l'artiste veut arriver à saisir la nature dans sa vérité vivante, il ne lui suffit pas d'étudier des modèles immobilisés dans une atti tude conventionnelle y il faut qu'il aille surprendre le geste vrai et le mouvement expressif dehors, partout où il y a des hommes qui se meuvent et agissent. L'album de croquis sera pour lui un véri • table dictionnaire qu'il devra sans • cesse consulter et sans lequel l'imagination la plus féconde ne pourrait que s'égarer et se répéter.

Léonard de Vinci (4452-4519).

Vous ne pouvez, d'après un modèle , rendre une vraie colère ou d’autres mouvements de l’âme, tels que le rire, les larmes, les sensations de la douleur, la crainte et d’autres semblables ; mais il serait pratique de porter sur vous une tablette pour y noter artistement, avec un crayon d’argent, les mouvements ainsi que les actions des spectateurs, et en ayant soin de les classer. Quand votre livre sera rempli, mettez-le de côté et gardez-le bien pour votre usage.

Traité de la Peinture. (Trad. Péladan. Delagrave, éditeur.

Félibien (1619-1695).

Pour les attitudes , il faut saisir la nature sur le vif . — Pour les mouvemens du corps engendrez par les fortes passions de Pâme, le peintre ne sçauroit jamais les mieux apprendre qu’en considérant le naturel. Si par hasard il se rencontre dans un lieu où des gens se battent, c’est là qu’il peut voir tous les effets de la colère, et qu’il peut examiner de quelle sorte un

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