PROCÉDÉS PRATIQUES DE MISE EN PLACE
treront combien c'est plus haut en passant sur une jambe que sur l'autre, et cela pour les flancs, les genoux et les pieds ; mais arrête toujours le filet par ligne perpendiculaire. En effet, pour toutes les parties que tu vois le nu prendre, dans le réseau, les carrés du dessin peuvent être plus petits que ceux du carreau, selon que tu veux que ta figure soit moindre que la naturelle. Ensuite aie présent à Fesprit, dans les figures que tu feras, ta règle de la rencontre des membres, comme le montrent les lignes.
Le réseau doit être haut de trois brasses et demie, large de trois, distant de toi de sept, du modèle à une brasse.
Traité de la Peinture. (Trad. Péladan. Delagrave, éditeur.)
Bramante (1444-1514).
Il y a trois méthodes pour dessiner : la première par raison, c’est-à-dire, par la règle; la seconde sans la raison, mais seulement par pratique, et la troisième en mêlant la pratique avec la raison. La première est toute dans l'application des règles de l'optique, la seconde s'obtient sans mesurer, mais en répétant à vue et même d’idée et sans modèle. Il y a plus de peintres qui usent de ce second moyen qu’il n'y en a qui usent du premier, et cependant ces peintres sont considérés comme très habiles, vu leurs efforts pour rendre ou le modèle ou leurs idées ; mais on voit dans leurs tableaux de grandes fautes dans lesquelles ne tombent pas ceux qui opèrent par la règle... Quant à la troisième manière qui consiste à mêler la règle avec la pratique, elle s'obtient à l'aide d'un verre ou d'une gaze sur laquelle on trace les objets qui sont aperçus à travers.
Léonard de Vinci (I4t>2-t5i9).
Quand tu voudras savoir si une chose est bien étudiée, suis
ce mode : tu as dessiné un môme objet plusieurs fois de façon à Tavoir présent à l’esprit : essaye de le faire sans modèle. Aie visible sous un verre mince et plan ton modèle, et pose sur lui ce que tu fais de mémoire, et note bien où il est clair s’il correspond à ton dessin et où tu as été fautif ; aie à l’esprit de ne plus te tromper, puis mets-toi à copier cette partie manquée jusqu’à ce que tu l’aies bien en imagination.
Si, pour calquer, tu n’as pas un verre plan, prends une pelure de chevreau très mince, bien graissée et puis séchée ; et quand tu l’auras employée pour un dessin, tu pourras avec l’éponge effacer.
Traité de Peinture. (Trad. Péladan. Delagrave, éditeur.)
Marie-Elisabeth Cavé K
Regarde avec ta fille les objets à travers la gaze placée devant la nature, et les masses d’ombres et de lumières vous apparaîtront dégagées de détails. Pour apprendre à les bien distinguer, il est bon de décalquer d’après nature comme on a décalqué d’après le modèle.
Mais comment décalquer d’après nature?
Tu prends une chaise de bois ordinaire avec un dossier à barres comme celles qui sont dans les jardins publics, et tu lui fais couper les quatre pieds de manière qu’il ne lui reste plus qu’une hauteur de 35 centimètres, tu te procures ensuite une planche large de 5 centimètres et haute de 1 m. 30 centimètres ; tu l’attaches au dossier de la chaise en la passant dans les bar-
1. La méthode de la vitre, préconisée par Bramante et Léonard de Vinci fut reprise, sous une forme légèrement différente, par Ml,« Cavé, dont la méthode, approuvée par Delacroix eut son heure de succès. Celle-ci remplaçait la vitre par un châssis, formé de quatre règles de bois, sur lequel on tendait une gaze. Sur cette gaze elle faisait copier d’abord une estampe, servant de modèle, puis elle faisait décalquer la nature â ses élèves. C’est cette dernière opération quelle nous exposei èci-mme.