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sommes loin de la simplicité des meubles des siècles précédents, dont la construction faisait le charme principal.
Sur les sièges on fixe les coussins avec dés cordons (fig. 235) et bientôt on va les y clouer, et c’est la transition pour arriver au siège (fig. 236). Au siècle suivant, dès l’époque de Louis XIII, la planche qui forme le siège proprement dit est remplacée par une sorte de châssis sur lequel on tend des sangles. Sur ces sangles on place du crin, de l’étoupe, de la laine, puis on recouvre le tout d’une étoffe que l’on cloue dans une feuillure ménagée au pourtour du siège. De môme le dossier que nous avons vu décoré de sculptures dans les chayères du
commencement du xvi° siècle (fig. 231 à 234), ce qui, par parenthèse, devait peu inviter au repos (fig. 234), le dossier se garnit aussi d'une étoffe rembourrée. La manchette, autrement dit le bras du fauteuil, aura également son. tour, on arrivera à la rendre moelleuse et douce au bras au moyen d’une garniture. Une fois sur la voie du bien-être, on ne s’arrête plus.
Les étoffes de l’époque de Louis XIII sont remarquables par l’ampleur de leur dessin. De larges fleurs; des ornements d’une belle forme, s’enlevant franchement en vigueur ou en clair sur le fond, se coupent d’une façon imprévue an angles des fauteuils (fig. 236). Le même style se retrouve dans les tentures, les rideaux, partagés souvent en grandes bandes verticales alternées, claires avec dessins sombres et sombres avec dessins clairs.
Les fleurs et ornements sculptés témoignent de la même recherche de largeur, i:r s le résultat est moins heureux, et ces sculptures tombent souvent dans la
LE MOBILIER
lourdeur. De plus, le goût exquis de la Renaissance, qui eut son apogée à l'époque de Henri II, tombe vite dans la redondance et L’enflure et arrive sous Louis XIII à une surcharge fatigante. Voyez ce buffet à deux corps (fig. 237).
fis. 237.
Quelle richesse d’ornementation, mais quelle profusion accablante! pas une place nue où reposer l’œil : cariatides sur cariatides, panneaux sur panneaux, frises, frontons, tout est sculpté, fouillé, et à chaque motif une échelle différente ! Il en
résulte un manque d’unité, un dévergondage d’ornementation qui font bien regretter l’austère simplicité des meubles du moyen âge. En revanche, voici, de
cette même époque, un beau dessus de porte pris au palais de Fontainebleau C’est une des portes qui ouvrent sur le vestibule du fer à cheval.