COMPOSITION! DÉCORATIVE
d’un pouf
LE MONITEUR DU DESSIN
L'exposition se tiendra, comme d’habitude, du Ier mai au 30 juin ; la date du vernissage est fixée au 30 avril. Le nombre d’œuvres à recevoir dans la section de peinture est limité à 1.500 tableaux et 500 dessins, plus la sculpture.
La réception des ouvrages des différentes sections se fera aux dates suivantes :
Peinture : œuvres des artistes non exempts, du 15 au 20 mars; œuvres des hors concours, 4 et 5 avril.
Sculpture . — Les ouvrages de petite dimension : bustes, médaillons, statuettes, gravures en médailles et pierres fines, seront reçus les Ier, 2 et 3 avril; les statues des artistes non exempts, les 11 et 12 avril; celles des hors concours, le 24 avril.
Architecture : 3 et 4 avril.
Gravure et'Jitho graphie : iep et 2 avril.
Art décoratif : 16 et 17 avril.
Chaque artiste n’aura droit d’exposer que deux ouvrages, quelle que soit la catégorie à laquelle il appartienne, en raison de l’exiguité du local.
Le prochain Salon comportera donc environ 800 tableaux de moins qu’à la Galerie des machines, mais si le tableau est réduit on peut dire que le cadre est singulièrement agrandi !
Le château de Belœil. — Le château du prince de Ligne, à Belœil, a été complètement détruit, dernièrement, par un incendie.
Ce château, l’un des plus beaux de Belgique, a été bâti en 1146; il se composait d’un vaste bâtiment carré, flanqué de deux tours et environné de fossés.
A l’intérieur de l’édifice se trouvaient une riche bibliothèque, une magnifique collection d’armes à feu, une galerie des portraits des princes de Ligne, une grande quantité de tableaux de grand prix et une foule d’objets d art anciens et curieux; on remarquait, notamment, parmi ces objets, le glaive qui servit à décapiter les comtes d’Egmont et de Horn.
Le château de Belœil est situé à Belœil, près de Ligne; il est entouré de jardins dessinés par Le Nôtre. La terre de Belœil appartient aux princes de Ligne depuis 1394*
Au musée de Berlin. — Nous lisons dans la Galette des Beaux-Arts que le musée de Berlin expose en ce moment, dans le vestibule de la galerie de peinture, les nouvelles œuvres dont il vient de s’enrichir, grâce en grande partie à la Société de l'Empereur Frédéric.
Ce sont : une Vue de la Giudeoca à Venise, de Francesco Guardi; une Annonciation de Tintoret; un Couple devisant de Terborch; un petit portrait de jeune fille, par Dürer, enfin
quelques peintures moins importantes : deux petits tableaux religieux de l’école allemande du Sud, datant des environs de 1400, une Scène de corps de garde, de Téniers le jeune ; de Goya, une Séance du Comité des Philippines sous Ferdinand VII . Deux paysages historiques d’Adam Elsheimer ont été également donnés au musée par un particulier, M. H. Rosenberg.
Parmi les sculptures se remarquent avant tout deux figures en bois représentant Y Annonciation et dues à un artiste pisan inconnu du commencement du quattrocento ; puis une Madone exécutée en bas-relief et peinte, création pleine de vie de Donatello ; une autre, de conception plus calme, due à un maître lombard des environs de 1510; enfin un Christ assis dans le tombeau et. soutenu par deux anges, groupe plein d’observation exécuté vers 1475 par un artiste padouan.
La collection d’antiques s'est enrichie, de son côté, entre autres objets, d’environ soixantedix pièces en bronze, verre, terre cuite et ivoire, trouvés, à Bosco Réale, dans une villa voisine de celle où a été découvert le trésor d’argenterie du Louvre : un cratère de bronze de 65 centimètres de hauteur, plusieurs grands vases, une coupe en forme de coquillage, deux candélabres, etc., et autres ustensiles domestiques de moindre valeur.
La réouverture du Théâtre -Français . — Le
programme illustré de la soirée de réouverture du Théâtre-Français, peint parM. Luc-Olivier- Merson, a été considéré comme un véritable petit chef-d’œuvre. M. Claretie a donc été heureusement inspiré en demandant une page aussi charmante à l’éminent artiste.
On y voit, certes — c’était inévitable — la Tragédie et la Comédie. -Mais M. Merson nous en console agréablement : sa Comédie est une mutine soubrette de Molière, et sa Tragédie fera pâlir dejalousie les plus belles Phèdres du monde.
Celle-ci, assise sous un portique, côté cour, manie un poignard dont sourit la soubrette appuyée, côté jardin, contre le tronc d’un laurier qui, très haut, fleurit un cartouche ai/ titre de la Maison et aux dates 1680-1900, tandis qu’au sommet de la composition un gavroche ailé, le génie du maximum, sonne dans la trompette de la renommée ou du succès, la réouverture tant désirée.
R. Gauguet.
Le Gérant : R. Sénée.
Paris. — L. Marethkux, imp-, 1, rue Cassette.
4* Année. — N° 11. — 47.
15 Février 1901.
LE
ffîonitear du Dessin