‹ Le dessin pratique pour tousChapitre 139 sur 207 · DE L’ARCHITECTURE ET DES BEAUX-ARTS · texte numérisé non relu

DE L’ARCHITECTURE ET DES BEAUX-ARTS

SOMMAIRE

Dessin et Révolution , par Etienne Bonnand.

L’Art Plastique, texte et dessin, par H. Despois de Folleville.

Paul Nanteuil, par J.-C.

Comité permanent, par Mmc Luis» Chatrousse. Sujets d'examens, par F. Jules Pillet, Mandret, Gautier, Gémonet et M*ie Watelet.

Conseils et Renseignements, par M>ic Eugénie Luneau.

Composition décorative, broderie Richelieu, par M1'0 M. W. Gautier. .

Documents officiels. — Expositions et concours. — Notes d’Art, par Mmc R. Gauguet.

Tous les articles sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs, qui eu ont la propriété, et dont ils peuvent seuls autoriser la reproduction. — Les manuscrits ne sont pas rendus.

Dessin et Révolution

Art d’agrément jadis qui fut réduit à l’insignifiance sous la tutelle d’une aristocratie peu soucieuse d’instruction sociale, l’enseignement du Dessin n’existait que de nom.

Des hommes qui s’appelaient : Condorcet, Boissy d’Anglas, Daunou, Lequinio, Portiez, Bancal, Coupé, etc: voulaient que la culture du Dessin étendît son action bienfaisante sur le peuple dans ses besoins, comme dans ses aspirations.

Quand on relit leurs discours, projets, etc., où reflète si énergiquement l’amour de nos ancêtres pour les arts, pour la liberté et pour les artistes qui contribuent à l’honorer ; quand on y voit combien était ardente leur préoccupation du rôle qu’est appelé à jouer l’enseignement du Dessin dans la prospérité nationale par l’industrie et le commerce, dans l’éducation nationale par la culture des facultés physiques, intellectuelles et morales, n’a-t-on pas le droit de se demander, en l’an de grâce 1901, si durant le siècle expiré on s’est rendu un compte sérieux de la profondeur de leurs doctrines ?

Et sans nul doute nous avons marché !

mais combien lentement et de quelles résistances d’inertie, de préjugés rencontrés!

Ces députés de la Convention nationale,

ces précurseurs de l’avenir, voulaient que tout homme sût dessiner afin qu’il soit aidé dans la lutte pour la vie; ils le voulaient aussi pour l’élévation intellectuelle que l’esprit peut en garder par l’étude aimée de la nature. Comment ces idées généreuses ont-elles été traduites ?

Jusques et y compris l’Empire, cet enseignement fut délaissé et comprimé, restant le privilège d’une catégorie sociale bien déterminée : les élèves de l’enseignement secondaire. Xa pédagogie du Dessin n’était alors aucunement soupçonnée ; on livrait en pâture aux élèves, des modèles signés Ducollet, où le beau représenté était laid, où le vrai était devenu faux, et le résultat à la fois négatif, surtout nuisible.

Certes, les temps ont bien changé, car aujourd’hui le Dessin est pratiqué — je ne dis pas encore, hélas! étudié — dans le plus obscur des hameaux;' c’est dire fcependant qu’un progrès considérable a été' réalisé. D’ailleurs, les noms de Jules Ferry et d’Eugène Guillaume s’imposent ici' à notre respect et je dirai même presque à notre vénération.

Mais dans ce vaste ensemble où la voie avait été si magistralement tracée, que de I fissures, vingt ans après, de lacunes et de I contradictions' !

La M'éthode? c’est-à-dire trop exclusive,

I la copie à outrance du plâtre ou de l’es-

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