COMMUNICATION URGENTE
Examen de Professeurs de Dessin
Professeurs femmes.
Ville de Paris.
Un examen pour l’obtention du diplôme de professeur de dessin à vue (professeurs femmes) dans les écoles communales de la ville de Paris s’ouvrira, à la Préfecture de la Seine, le lundi 2 juin 1902.
Conditions d'admission.
Toute aspirante devra être âgée de vingt ans au moins et de trente-cinq ans au plus le jour de l’examen. Elle aura à produire :
i° Une demande d’inscription sur papier timbré;
2° Un extrait sur timbre de son acte de naissance; pour les femmes mariées, acte de mariage, et, pour les veuves, acte de décès du mari.
Les inscriptions seront reçues, tous les jours non fériés, de 9 heures à 11 heures et de 2 heures à 4 heures, jusqu'au samedi 17 mai 1902 inclusivement, à la Préfecture de la Seine (annexe de la direction de l’Enseignement primaire, service des Examens, rue Mabillon, 3, 6e arrondissement), où les aspirantes pourront se procurer le programme.
Paris, le Ier mars 1902.
Le Préfet de la Seine, J. de Selves.
Par le Préfet :
Le Secrétaire général de la préfecture , Autrànd.
(Extrait du « Bulletin Municipal officiel » de la Ville de Paris, numéro du jeudi 6 mars 1902).
ÈÇE NOUVELLE
Un peu... beaucoup... passionnément...
voilà bien le mot d’ordre adopté pour la réorganisation de l’enseignement secondaire discutée à la Chambre il y a quelques jours; on donnera donc à chacun la culture qu’il choisira et en quantité égale à la somme de besoins ou de sympathie qu’il éprouvera.
Sur ces bases nouvelles, bien des gens vont à première vue se déclarer satisfaits ; cependant, si nous consultons notre sentiment d’éducateur, ne pensez-vous pas que les professeurs de Dessin ont quelque raison d’être inquiets des conséquences de cet émiettement calculé dans la distribution de notre enseignement? Sans doute le régime actuel du Dessin facultatif a donné ce qu’il devait donner, aussi s’empresset-on d’en rejeter exclusivement les insuccès sur l’esprit de la méthode employée. Mais si cette ère doit disparaître, allons-nous désormais nous trouver en présence du Dessin obligatoire dans toute l’étendue de l’enseignement secondaire (ainsi que le congrès de 1900 en émettait le vœu), ou bien ne sera-t-il que le privilège de certains cycles? L’utilitarisme étroit sera-t-il substitué à une large éducation ? Un dessin industriel au Dessin? Telle est la première inquiétude que nous croyons, modestement, devoir formuler.
Il y a aussi un autre point, non sans gravité, sur lequel je voudrais appeler
Association amicale
l’attention : il s’agit du projet de l’augmentation d’autorité dont les chefs d’établissements universitaires seront investis à l’avenir, voté d’ailleurs par la Chambre. Entre nous, ne pensez-vous pas qu’il serait infiniment désirable, pour la cause générale du Dessin, que cette augmentation de pouvoir fût importée à nos seuls chefs compétents, les inspecteurs généraux du Dessin qui, le plus souvent, restent les témoins impuissants d'abus pratiqués comme en vrai pays conquis, au nom de... l’éducation.
Quelle résistance peut donc exercer le professeur aussi dévoué que vous l’imaginerez quand on songe au mode d’organisation en vigueur dans certains de nos établissements secondaires, quelle sollicitude douteuse plane dans la répartition des groupements d’élèves aussi hétérogènes qu’on puisse le concevoir par les connaissances et surtout par l’âge ! Tout cela sans considération pour les résultats éducatifs de l’enseignement du Dessin et moins encore pour le professeur qui prodigue vainement ses facultés et son dévouement !
Si l’on veut réformer l’enseignement du Dessin d’une manière efficace, qu’avant tout bouleversement de programme on songe d’abord à planter trois jalons limitrophes : i° le Dessin rendu obligatoire (peu ou beaucoup) dans tous les cycles de l’enseignement secondaire ; 2° haute direction laissée aux inspecteurs généraux du Dessin dans l’organisation des cours ; installations, améliorations à introduire, modèles, etc. ; 3° égards pour l’initiative dévouée du maître.
En réalisant ces trois vœux on assurera l’avenir de la méthode quelle qu’elle soit, enseignée par de bons maîtres.
Etienne Bonnand,
Professeur de Dessin au Collège de Privas.
ASSOCIATION AMICALE
DES PROFESSEURS DE DESSIN