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LE MODÈLE VIVANT

Quand vous vous tirerez passablement d’une ligure d’après la bosse, essayezvous au modèle vivant. Ici nouvelle difficulté. Le modèle remue, respire du moins, son immobilité n’est pas absolue. IL faut saisir le mouvement au vol, bien voir ce qui fait son caractère, et, une fois fixé, ne plus se laisser dérouter par les variations que subira la pose.

Autre difficulté : le modèle n’est plus blanc comme était le plâtre, il est coloré, il présente même des variétés de coloration qui, se mêlant au jeu des ombres et des lumières, vous forceront à une énorme attention pour trouver les valeurs de ton. En revanche, le vivant vous offre une ressource que vous n’aviez pas avec le plâtre ; vous pouvez tâter et savoir ainsi si le relief que vous avez à rendre est formé par une partie charnue ou par un os.

C’est là un précieux renseignement, et vous vous appliquerez à faire sentir ces différences dans votre exécution. C’est ainsi que vous donnerez de l’intérêt à votre dessin : différences de coloration entre les régions où la peau est exposée à l’air et celles où le vêtement la protège ; différences d’éclairage ; vives oppositions dans les parties directement frappées par la lumière, teintes grises et noyées, là où la lumière ne vient qu’obliquement et de loin ; différences d’exécution selon qu’il s’agit de rendre les parties molles et charnues ou d’accentuer une saillie osseuse ; mais, unité dans la variété ; que tout cela appartienne bien au même corps, et n’empêche pas la figure entière de s’enlever franchement et simplement sur le fond.

Ne faites pas un fond de fantaisie, mais celui-là même qui se trouve derrière le modèle, les accessoires qui peuvent se rencontrer, meuble quelconque, vêtements, la table sur laquelle est monté le modèle. Vous aurez de grands efforts à faire pour mettre tous ces objets en juste valeur avec votre figure, cela vous exercera à copier et vous habituera à la sincérité devant la nature en même temps que vous y trouverez d’excellents points de repère pour la mise en place.

Et, maintenant, l'anatomie. Il est temps. Vous avez constaté les parties os-

seuses qui se montrent sous la peau. Vous commencez à les exprimer avec assez d’exactitude, vous devez éprouver le besoin de savoir comment elles se rattachent à l’ensemble du squelette et pourquoi on les voit ici et non là. Dans les

Académies on a généralement un squelette. A son défaut, allez passer quelques après-midi à la galerie d’anthropologie du Muséum, la carte nécessaire s’obtient très facilement en faisant une demande à l’administration.

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