‹ Le Dessin sans maître, méthode pour apprendre à dessiner de mémoire [Texte imprime]Chapitre 1 sur 16 · NOMENCLATURE · texte numérisé non relu

NOMENCLATURE

rtE> MorUîlES I T UES OBJETS NÉCESSAIRES V I.A MÉITIuU.

■Wodélps de la première série.

La première série, de 30 modèles, doit èti e composée ;

De têtes d'hommes et d'auimaux,

De maisons,

D’arbres,

De croquis divers.

Ces modèles ne doivent avoir que le trait sans ombres.

Ils doivent être coupés par une ligne horizontale et une ligne perpendiculaire. Ces deux lignes se rejoignent soiis le nez, pour les têtes, et au milieu pour les autres dessins.

Modèles de la deuxième série.

La deuxième série, de 30 modèles, doit être composée De mains.

De pieds.

De pattes et de têtes d’animaux.

De tigures entières.

Ces modèles ne doivent avoir que le trait sans ombres.

Fs doivent être coupés, comme ceux de la première série, par une ligne horizontale et une ligne perpendiculaire se rejoignant au milieu du modèle.

Not.a. Lorsqu’on n’a pas de pages d’ombres , on prend une lithographie finie de Gavarni, et on exécute les unes après les autres, les demi-teintes et les ombres. On en couvre des pages en imitant bien le grain. Quant aux let'res majuscules, tout le monde sait les faire à l’encre. Il faut tout bonnement les exécuter au crayon.

Modèles de la troisième série.

La troisième série doit être composée :

De têtes d’hommes.

De têtes d’animaux.

De mains.

De bras,

De pieds et de jambes.

D’animaux de toute espèce,

De fleurs et de fruits.

Ces modèles doivent être légèrement ombrés.

La ligne horizontale et la ligne perpendiculaire sont supprimées. Nota. Ajoutez des paysages avec des maisons et des ciels très ombrés.

Vlodèlos <ie la <|uatrlëni« série.

La quatrième série doit être composée :

De paysages,

De marines.

D’architecture,

De ligures entières.

D’animaux de toute espèce.

Ces modèles doivent être entièrement ombrés.

Nota. On ajoutera les croquis ombrés de la première série.

Il serait bon de souscrire à Vllîstûire des peintres de toutes les écoles, par MM. Ch. Blanc, Th. Gauthier et Jeanron, pour apprendre à connaître les maîtres anciens, en dessinant les gravures de leurs plus beaux tableaux, contenues dans cet ouvrage.

l'stenslIeH iiécpNsaires.

Une gaze encadrée.

Le pied de la gaze.

Une planche.

Douze punaises.

Un carton à renfermer les dessins- Du papier à dessiner.

Des fusins.

Un porte-crayon.

Un canif.

Un vieux gant.

Papier végétal.

Crayons de mine de plomb, N° 1 , 2, 3.

Crayons noirs, id.

Crayons rouges ou sanguinés.

Estompes.

Siccatif pour fixer les dessins.

Nota. On trouvera dans les magasins de MM. Susse tous ces différens objets à des prix modérés.

On trouvera également en location des dessins au fusin de M"" Marie-Elisabeth Cavé et autres artistes.

AVANT-PROrOS.

Tous les hommes ne sont pas poètes ou écrivains parce qu’ils ont passé dix ans de leur vie dans un collège. Cependant tous, dans une profession quelconque, tirent profit de leurs études. Tous savent tenir une plume et exprimer suffisamment leurs pensées. C’est en quelque sorte le premier degré de l’art d’écrire auquel arrivent les esprits les plus ordinaires.

Je me suis souvent demandé pourquoi l’art de dessiner, l’art de reproduire les objets par le dessin, comme on reproduit sa pensée en écrivant, n’est pas aussi commun que l’art d’écrire. Il n’est cependant pas moins nécessaire. On peut affirmer qu’il n’est pas d’homme du monde qui n’ait mille fois regretté

de ne pas savoir dessiner, soit qu’il ait eu à faire construire une maison, confectionner un meuble, tracer un jardin, soit qu’il ait voulu conserver le souvenir d’un site, d’uu édifice remarquable, ou de quelque objet d’art. Et quelle est la profession industrielle qui n’a pas besoin de l’art du dessin ? Le menuisier et l’ébéniste, le charpentier et le constructeur, la fleuriste, la brodeuse, la modiste, la couturière, le fabricant de châles et d’étoffes, le potier, le fayencier, et mille autres ne savent qu’imparfaitement leur métier, s’ils sont étrangers à l’art du dessin. C’est lui qui leur donne le goût, c’est par lui seul qu’ils peuvent choisir les belles formes, imprimer à leurs œuvres ce cachet d’élégance et de distinction qui les fait rechercher.

Si nous remontons aux temps anciens , non-seulement nous trouvons des monumens, des objets d’art qui nous frappent d’admiration ; mais les vases, les ustensiles les plus communs sont du style le plus exquis.

Pourquoi les artistes de l’antiquité, pourquoi les ouvriers sont-ils si supérieurs aux nôtres ? Pourquoi aujourd’hui copions-nous servilement les anciens, dénaturant leurs œuvres loin de les égaler? C’est qu’aujourd’hui on fait des artistes malgré Minerve. On dit à un jeune homme : « Tu seras peintre, sculp-

leur, » comme on lui dirait : « Tu seras potier ou menuisier, » sans étudier le moins du monde son aptitude. On oublie que c’est le génie seul qui peut dire à un jeune homme : « Tu seras artiste. » Apparemment que dans l’antiquité il en était autrement.

Quant aux ouvriers dont les ouvrages sont sortis à notre grand étonnement du sol de Pompeï, nous ignorons s’ils savaient lire et écrire ; mais ils savaient certainement dessiner, et beaucoup mieux que la plupart de nos artistes. Evidemment l’art du dessin n’était pas à Rome comme chez nous un talent d’agrément.

Un talent d’agrément, c’est-à-dire une chose superflue qu’on apprend négligemment et qu’on oublie vite, c’est le nom que l’on donne aujourd’hui à l’art de dessiner, à l’art qui, pour les artisans, est au moins aussi utile, aussi nécessaire que l’art d’écrire. Est-il étonnant qu’avec ce préjugé, nos professions industrielles rétrogradentau lieu de progresser?

Disons-le donc aux artistes pour qu’ils instruisent le peuple, disons-le au peuple pour qu’il écoute les enseignemens des artistes : quiconque veut exercer avec avantage une profession industrielle dans ce monde doit apprendre à dessiner.

Disons aux riches : vos enfans peuvent être privés des richesses dont vous jouissez aujourd’hui; faites-

leur apprendre le dessin, et, dans le malheur, ils vous béniront de leur avoir donné un talent, ressource précieuse que personne ne pourra leur enlever.

Aujourd’hui, une méthode est trouvée par laquelle on apprend en deux ou trois ans à dessiner de mémoire tout ce qui vient à l’esprit.

Avec celte méthode, en même temps qu’on apprend à copier les objets qu’on a sous les yeux, on les grave dans sa mémoire de manière à les retrouver dès qu’on le veut : la mémoire des yeux est la plus commune et la plus facile. Après six semaines d’études nos élèves elles-mêmes sont surprises de ce qu’elles savent, de ce qu’elles dessinent.

Dessiner de mémoire, c’est avoir sa pensée, 1 expression de sa pensée au bout de son crayon, comme l’écrivain au bout de sa plume. Tous les grands maîtres savaient dessiner de mémoire ; de là leur originalité.

Consulter, copier, tuent l’invention et le génie ; composer, jeter rapidement sa composition sur le papier à l’aide de ses souvenirs, voilà le vrai procédé pour inventer.

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