‹ Le Déterminisme et la Responsabilité dans le Système de CalvinChapitre 1 sur 60 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

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« Il est, dit M. Naville dans son livre si remarquable sur le libre arbitre, il est une manière bien simple et

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absolument concluante de mettre en évidence le lien des deux idées de la responsabilité et de la liberté, c’est de

montrer que ceux qui nient la valeur de la seconde sont inévitablement conduits, pour peu qu'ils aient de la logique dans l'esprit, à nier celle de la première » (

1. Le libre arbitre. Etude philosophique par E. NAVILLE. Paris, Fischhbacher, 1890, $ 47.

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Le but de ce travail est de montrer comment Calvin a privé les partisans du libre arbitre du droit d’user de ce genre de démonstration ; il suffira pour cela d'exposer la théorie par laquelle ce grand docteur, à qui nul ne contestera la puissance de la pensée et la rigueur inflexible du raisonnement, asu maintenir solidement les notions de devoir et de responsabilité, dans un système où il ne laisse aucune place à la contingence et où tout est rigoureusement déterminé par la volonté de Dieu « qui est, ditil, la nécessité de toutes choses » (1).

Si nous nous sommes attaché à la personne de Calvin, c’est qu’il nous à paru que c'était celui des réformateurs à qui la question des rapports entre le serf arbitre et la prédestination d’une part, et entre le devoir et la responsabilité de l’autre, s'était posée le plus nettement, et que lui seul avait apporté à ce problème une solution nette, cohérente et capable de donner satisfaction aux légitimes exigences de la pensée et de la conscience. Pour Zwingle, peut-ôtre, en tous cas pour Luther dans son De servo arbirio, et pour Mélanchton, même après sa chute dans le synergisme, il semble que la responsabilité, qu’ils admettaient pourtant, soit toujours demeurée quelque chose d'extérieur et de surnaturel, un mystère incompréhensible pour la conscience humaine,

Luther affirme bien qu’il y a un lien nécessaire entre les décisions bonnes ou mauvaises d’une volonté, même immuablement déterminée, et la récompense ou la peine; mais ce rapport n’a rien de véritablement moral, car le

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