Inst. chret
CEE AUS
Réformateur allemand en exclut toute idée de mérite (dignilas). Pour lui la récompense et la peine sont purement et simplement une conséquence fseguela ) naturelle et inévitable du péché, comme lasphyxie est une conséquence de l’immersion prolongée dans l’eau (naluraliter Sequilur) (1).
Luther, emporté par les excès de la logique formelle, considère la damnation comme aussi gratuite que le salut ; aussi Les réprouvés ne méritent-ils pas plus l’enfer que les élus le Ciel. Cela lui paraît, à bon droit, incompréhensible même à Ja lumière de l'Evangile « in lumine gratie est insolubile, quomodo Deus damnet euUM; qui non potest ullis suis viribus aliud facere, quam peccare el reus esse ; hic tam lumen nalure, quam lumnen gratiæ diclant, culpam essenon Miseri hominis, sed iniqui Dei,necenim aliud Judicare possunt de Deo, qui hominem impium gratis sine meritis coronat, et alium non Corondt, sed damnat, forte minus velsallem RON Mmagis impium. » De servo arbitrio (p. 366).
Mélanchton, au moment même où il maintient que le péché n’a pas besoin d’être volontaire pour attirer sur nous la colère de Dieu, reconnait que cela est incompréhensible, « ratio non cernit hanc infirmilalem esse rem damnalam, et philosophia nihil judical esse vitiosum quod non est in polestate nostra » (2). Dans les dernieres éditions de ses Loci, il nous paraît tomber dans les
1. De servo arbitrio. Opp. latt. M. Lutheri, éd. Erl. vol. VII, p« 233-235.