DEUX MINUTES
LA BONNE; — Moiisiôur Armand, madame vous fait dire que vous allez vous mettre en ret-ard.
ARMAND. — Diable ! {Regardant sa montre.) Oh! j'ai encore deux minutes. Mettez ma \ alise dans la, voiture.
LA BONNE. — Oui, mousicur Armand,
Elle sort.
ARMAND. — Au revoir, mon loup. Enfin que décides-tu?
JACQUELINE. — De rester à Cherbourg, va\
ARMAND. — En tout oas, j'exécuterai de point en point ce que j'ai résolu. Toi, réfléchis encore, et demain matin, quand tu seras mieux disposée, envoie-moi une petite lettre!... N'est-ce pas?... Et puis, pense un peu à moi, ma petite Jacqueline! {Il la tient dans ses hras et V embrasse sur la houcKe.) Tu m'aimes? .
JACQUELINE. — Mais ouiî
ARMAND. — ^ Oh! ce ton! C'est mon départ qui te bouleverse ainsi?
JACQUELIN-E. — Ouï. Tu va« manquer ton train !
ARMAND. ■ — Je me sauve Demain, tu auras de mes nouvelles.
11 sort. Jacqueline, restée seule, ferme la porte, va s'asseoir et les coudes sur les genoux, la tête dans les mains, le regard perdu, elle se desespère.