SCÈNE III
ROUSSEAU, JACQ UELINE ; à un moment, LA BONNE
Un silence, Rousseau a pris un roman sur la table. Visiblement, il n'en approuve pas le titre.
JACQUELINE, qui est revenue. — Je vous écoute, mon père.
ROUSSEAU. — Ma chère enfant, mon intention n'est point de revenir sur les événement^s de l'année dernière et d'en tirer une leçoji de morale» Pas de récriminations! Ma femme et moi nous sommes persuades que le oalme et Fisolement vous ont suggéré des méditations
séi'ieuses et de sages résolutions.
y' X^^ Voici pourquoi
L \ ^"^''X J'^^ désiré une
W^^^^K^mÛ conversation avec
vous, avant le dîner de ce soir qui pi'écéder-a de cinq ou six^jours votre déménagement; j'estiipe que vos premières paroles, en pénétrant dans notre maison après cette longue séparation, devraient témoigner à ma chère femme de votre regret de l'avoir gravement offensée.
JACQUELINE. — C'est eliose entendue déjà.
Je tiens à présenter mes excuses à M^^ Rousseau.
ROUSSEAU. — Alors, i'ai atteint dès à présent le but de cet entretien, qui était de constater par moi-même vos résolutions excellentes. Soyez persuadée que, de votre côté, vous retrouverez chez nous la même tendresse qu'autrefois. Et puisque votre nature est un peu sauvage et réclame des soins particuliers, nous ferons effort, M"=*^ Rousseau et moi, qui vous aimions autant que Lucienne, pour vous aimer à présent plus encore que notre propre fille.
JACQUELINE. — Je suis très touchée vraiment et je tâcherai de vous prouver ma reconnaissance.
ROUSSEAU. — Vous retrouverez Lucienne toute pareille. Le m^iriage n'a altéré ni sa
KODSSEAU. — Alors, j'ai