‹ Le détour; comédie en trois actesChapitre 58 sur 69 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

AGNÈS. — Je te demande pardon, rendez-vous.

Un

AGNES, GUTLIEB; au début, LE VALET DE PIED

GUTLIEB, sHnclinant 'profondément. — Bonjour, madame la duchesse.

AGNÈS, se forçant à un pâle sourire, mai»

d\ine voix chavirée. — Bonjour, monsieur.

{Au valet de pied.) Louis, fermez cetto porte. {Le valet de pied ferme les deux battants de la porte surélevée. Cependant, la duchesse et Gutlieb demeurent à quelques pas Vun de Vautre, silencieux^ immobiles. Le valet de pied se retire par la droite. Après un silence encore:) Merci...

GUTLIEB. — Mais, madame...

AGNÈS. — Oui, merci!... Vous êtes trèa bon d'être venu...

GUTLIEB. — Quoi de plus naturel !

AGNÈS. — Très bon... J'appelle à moi de meilleurs mots de gratitude... Mais... (Un silence.) Justin, il ne faut pas envoyer vos témoins à Thibault!

GUTLIEB. — Oh! vous prétendez là, madame, au grand impossible !

AGNÈS, vivement. — Mais le père m'a dit... enfin, n'avez-vous pas dit au père de Silvian qu'en aucun cas ces messieurs ne feraient leur démarche avant cinq heures?...

GUTLIEB. — En eft'et. Un de mes amis, un officier dont je désire particulièrement qu'il Ti' assiste, ne peut arriver à Paris plus^tôt.

AGNÈS. — Justin, n'envoyez pas vos té- .

moins!... Mais si vous les envoyez, c'est sans rémission un duel!... Comprenez- vous?... Un duel!...

GUTLIEB. — A moins que le prince n'exprime son regret public, profond, de...

AGNÈS. — Non, non!... Ecoutez-moi!... Je vous supplie de m'écouter !... J*ai recueilli des propos... Et j'ai raisonné... Je ne juge pas mal la situation... Non, ne secouez par

^lff^Sf^'^''^V-X''^r:''''r^^^^^^ ■ ■ ^''^^^^0^^^ ' '"■^- '

GuTLIEB. — Vous NE m' IMPOSEREZ-.

PLUS SILENCK !

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Israël

la tête!... Ecoutez!... Voïxs pouvez si bien adopter une attitude plus digne, plus noble, traiter Thibault en Jeune homme, mépriser Vagre^ision de cette nuit... si bien!.-. Demande-t-cwa raison à un gamin?... Mais je vous jure que la différence d'âge ne vous permet pas de...

«UTLiEB. — Souffrez, madame, que je vous interrompe... J'ai cinquante^quatre ans, je ne suis ni malade, ni infirme; de temps à autre, on me voit à ma salle d'armes...

AGNÈS — Qu'importe! Thibault s'est mal conduit. Tout le monde vous approuvei-a !

<*UTLiEB. — Erreur, madame. Tout le monde me ohaa'gera. J'appartiens à une race surveillée, dénigrée...

AGNès, s^exalbant. — Cette rencontre est impossible!... impossible!... Voilà le grand impossible!,.. Oh! oh!... réfléchissez...

GUTLIEB. — Madame... j'ai réfléchi. Depuis que ee coup de canne a fait rouler mon chapeau, croyez que j'ai attentivement réfléchi. Et je suis fixé! Je n'ai qu'à me battre.

A«GNRS. — A quoi voulez-vous me réduire?

A me dresser sur le terrain, entre voue deux?

GUTLIEB. — Votre conseiller, le père de Silvian, saura vous retenir. Vous ne commettrez pas cette extravagance.

A€Nès. — Ne commettez pas un crime, une abominatiom.

GUTLiÈB. — Je ne suis pas le pro-^^ocateur.

AGNÈS. — Il ne savait pas, lui, le pauvre petit 1

GUTLIEB. — Personne ne sait... moimême, je ne sais plus... Je ne sais plus qu'une chose : si je ne veux pas sort^-^ de la rue Royale par une petite porte honteuse, . .

AGNÈS, V interrompant et avtc t^îi emportement qui grandit. — La rue Royale! Bien sûr!... J'aurais dû me souvenir... la rue Koyalel Cela! encoi-e cela! Les mêmes paroles après vingt-trois ans!... Tunt de catastrophes, de luttes, de fracas, de brouilles, de bravTtdes vous auront laissé pareillement asservi ! La rue Royale!... Ah! le monde ne soupçonne pas comme, sous votre air d'ennemi, vous l'idolâtrez toujoxirs. Quelle misère! Si l'aventure ne menaçait d© me rendra folle, j'en rirais...

isVTLîiiîB. — Vous ne m'avez pas compris !

Â-GNÈs. — Mais si !... miais si !... C'est voitre crainte, votre respect, votre amour du monde, c'est votre snobisme qui vont jeter fftoe à face, lies armes à la main, un père et un filsl

GUTLIEB, sévèrement. — Madame, je n'ai qu'un fils. Il s'appelle Jacques Gutiieb. I>e quel droit disqualifierais- je le nom q^'il porte? Et comment osez-vous m'en donner 1« conseil ?

AGNÈS, après un silence. — Bien... p'est très bien!... (Un sileniie.) Puisque vous n'avez pas conçu le monstrueux de ce corps à corps, je renonce à l'entreprise de vous émouvoir. Il me reste un office à remplir plus pratique... Et puis, nous nous séparerons. Je vous préviens que Thibault ne vise qu'à tuer son adversaire. Le renseignement est formel. Faites-en votre profit !

GUTLIEB. — Vous ne m'apprenez rien. Je ne supposais pas que le prince se constituât le justicier, le porte-glaive, pour n'infliger qu'une piqûre... Non, non!... Il me condamne à la peine capitale!... Heureusement, il n'est pas si facile que vous vous l'imaginez de donner la mort.

AGNÈS. — Prenez garde!... Ne négligez pas l'avertissement d'une créature doulou7 reuse, abîmée, mais consciente!... Très consciente!... Thibault se moque de sa vie... Plus durement qu'il n'a couru, l'an dernier, snr ce Philippe, il c-ourra sur vous qu'il exècre et... Mais c'est assez!... Les mots, seuls, seQiblent trop affreux... Arrêtons- nous !.. . Vous verrez s'il vous convient d'éviter ce parricide...

GUTLIEB. — S'il me convient, plutôt, de vous éviter le risque de remords hideux, une heure de la plus hideuse angoisse!... N'estce pas?

AGNÈS. — Oui!

GUTLIEB. — Oui!... Mais le prix que coûtera votre soulagement, il vous importe peu!... Vous avez d'autre soucis!.-. Que je perde la considération des miens, ie salut des passants, le droit de me montrer, que ma reculade fasse crier haro sur tous les juifs, puisque, toujours, cruellement, l'on nous rend solidaires... eh bien... eh bien, tant pis!... N'ai-je pas, une fois déjà, manqué mourir de votre humilité, de votre piété, de vos scrupules?

AGNÈS. — Je vous en prie...

GUTLIEB. — Ne suis-je pa« sur terre pour payer votre place là-haut, ie repos de votre âme!...

AGNÈS. — Jb vous en prie!

GUTT.iEB, avet; une sombre . insistance. — Cest vons, à travers toutes ces années, qui êtes demeurée la même^ la femme évaug^ique, impl^acable de nos déchirants derniers jours!

AGNÈS. — Il suffit ! Ne ponrsuivez pas L..

'^;^f^^:vr0i^^^;y^^ '^^s:^¥:£^^wm{^.

Israël

GUTLiEB. — Oui!... Pardon!... Excusez ce mouvement. J'en conçois l'absurdité. Pardon!... Madame, vous me signaliez un danger de mort. Voici ma réponse. Hé'las ! je ne ressemble pas à mon offenseur!... Moi, je tiens à ma peau. J'y tiens... sérieusement... Oar je ne me leurre pas d'espoirs d'outretombe et le néant me fait horreur. Enfin, ça ne m'amuse pa* de me battre!... Pourtant, le fer croisé, je me conduirai bien... très bien... Je me porte garant de moi-même. Je ne suis pas un lâche, madame!

AGNÎBS. — Quand ai-je prétendu....?

GUTLIEB. — Oh! le beau geste me fera toujours défaut... Au club, sous l'outrage, j'ai dû paraître petit, humble... Après, trop tard, je m'en suis accusé... A la vérité, j'avais quelque raison de trouble... Et puis, et puis, je le répète sans rougir, lé* panache n'est pas mon affaire... J'aime la vie, la vraie vie, — celle-ci, et je n'aime pa« le risque de la perdre... Mais aujourd'hui, l'instinct lui-même de la conservation, un instinct bien compris me rend téméraire... J'ai reconnu que, si je veux continuer d'être socialement, je dois courir la chance de ne plus être du tout... Il est utile que je sois brave. Il est indispensable que je sois brave. Il est de mon intérêt d'être brave! Cette considération-là me fera aussi ferme sur le pré que le plus ferme de vos héros !

AGNÈS. — Vous goûtez, comme un noir plaisir, une consolation féroce à m'enfoncer dans mon épouvante... C'est méchant! c'est mal!... Je ne suis qu'une pauvre femme à l'agonie et qui vous implore...

Elle pleure.

GUTLIEB. — Oui, oui... VOUS avez raison...

Je me sens pour vous mauvais, acre... Pourtant, ce matin, ^ur la nuit lugubre, votre appel avait raisonné en moi, immensément...

Et je prévoyais la. visite du prêtre... que dans ce désastre vous m'appelleriez à la rescousse!... N'importe... Tandis que votre confesseur me délivrait le message, des choses et des choses d'autrefois s'échappaient de leur oubli, grimpaient, fais^iient un grand bruit dans n^a tête... A la perspective de vous revoir, \in tremblement m'a pris que j'ai dompté avec peine... C'est ridicule!

C'est ainsi!... Majs, dès cette porte, aux première sons de la voix qui est si belle, que j'ai tant chérie, qi;i n'a pas changé, une vague d'amertume a passé sur mon émotion. Je vous ai regardée à la dérobée, je me suis dit : <{ Voilà celle qui a marqué ma vie... voilà

mon unique amour... cett^ incomparable maîtresse... »

AGNÈS. — Pitié!... ]Ne soyez pas infâme!...

Taisez- vous...

GUTLIEB, en homme qui, soudain^ laisse éclater terriblement la douleur de toute sa vie. — Je ne me tairai pas! Vous ne m'imposerez plus silence! Je l'ai bien gagné mon droit à notre passé!... Oui, je me suis dit : <c Voilà cette Agnès!... Sur elle, sur sa beauté, les années sont descendues, une à une... Je distingue leur trace. Et je distingue encore, comme au loin, ma folie, ma reine, dont la seule approche me faisait pâle à me dénoncer... Moi parti, moi immolé, longtemps, elle garda sa splendeur...

Et je n'étais plus là!... Mais personne n'était là!... (Avec presque un regret,) Car, elle ne m'a même pas trahi!... Elle, qui vivait d'amour, elle est entrée librement dans la mort de ne plus aimer... En ânonnements et en agenouillements, elle a gâché sa vingthuitième année, puis sa vingt-neuvième année!... Elle a gâehé la trentaine éblouissante... elle a gâché le merveilleux épanouissement qui succéda... Elle a gâché ses chers petits gestes, ses caresses, sa grâce, elle a gâché la tendresse paiss-ionnée de son cœur, son corps, sa fougue, cet admirable don de se donner... Elle a gâché, gâché! gâché!... Quelle démence! Quelle meurtre!.. » Agnès, il était écrit qu'après tant de révoltes, vous me souffleriez une révolte plus furieuse!...

Je souhaite, à cette minute, que ce Thibault, notre fils, mon fils, me tue demain, pour châtier votre forfait imbécile, cet attentat contre la nature, qu'il me tue pour me venger de vous!

Une quinte de toux le jette dans un fauteuil. Agnès est assise déjà. Un grand silence d'accablement.

AGNÈS. — Que n'êtes-vous resté sourd à mon appel! Le refus de venir eût été plus généreux tant de fois, que cet empressement à m'aohever ainsi... Partez, maintenant! Laissez-moi... Votre vue m'ôte le pauvre reste de mes forces, jusqu'au frêle petit espoir qui me soutiendrait... Laissezmoi!... (Gutlieh s'est levé.) Ainsi, je n'ai rien emporté? Je n'ai pas éveillé en vous un effroi, une hésitation, une conscience?

Vous ne me prêterez pas le plus léger secours? Vous montrerez, demain, cet indigne courage?

GUTLIEB. — Demain, je défendrai mon exiov>ence !

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AGNÈS, violente. — Vous ne vous battrez pasL.. Je suie chrétienne, et Thibault eflt mon fils... Une mère livre-t-elle à la colère de Dieu son eiifant innocent? Je veux garder sur moi, pour moi, tout le péché de sa naissance!... Vous ne vous battrez pas!...

Oh! qu'inventer?... Mais je serais trop stupide d'attendre même un conseil!... Au fond de vous-même, vous riezl... N'est-ce pas, vous êtes un ennemi?...

GUTLiEB. — Je suis uu homme qui a souffert... beaucoup souffert... On ne se figure pas!... Ahl les pauvres animaux que nous faisions!... Petit à petit, je me suis accoutumé, tanné... tassé... C'est le mot! tassé!... J'occupe moins de place... Si un accident ne m'arrête pas en chemin, je deviendrai v^ite un petit vieux... Mon cœur est déjà si vieux, si vieux... Rien ne le touche plus, madame... Voyez-vous, j'ai trop souffert...

AGNÈS. — Et moi!... Vous n'entendrez pas l'aveu de luttes, de larmes, de râles... Je ne me raconte pas... Mais, lorsqu'en une minute, je me suie reprise à jamais, que j'ai éteint... oui, la flamme de ma vie, croyez que je ne me montrais pas implacable envers vous seul...

GUTLIEB. — Oh! c'est bien différent!...

Vous vous êtes infligé un supplice volontaire» 3n vue d'avantvages, de gagner le paradis!... Et puis vous gardiez votre fils, qui est mon fils aussi, et que vous m'avez pris, volé!... Je n'ai pu le revoir que la main levée sur moi!...

AGNÈS. — Que vous importe, puisque vous tirez une gloire hargneuse de l'affronter en duel!... Ne devenez pas hypocrite!... Ne masquez pas maintenant votre aversion pour Thibault!...

GUTLIEB. — Vous VOUS trompcz... Thibault... Thibault, j'aurais pu l'aimer...

oui... Et souvenez-vous!... J'aime fort, quand j'aime... Oh! j'aurais pu l'aimer prodigieusement!... De l'aversion!... C'est l'autre qui m'en inspirerait... C'est le fils qui porte mon nom!... Je lui en veux, à celuilà... sourdement, méchamment... Il est l'enfant de ma rancœur!... Thibault... le petit Thibault... mais, tenez, parfois... (Mouvement d* Agnès. Gutlieh se ressaisit.) Seulement, tout cela est fini, fini... oublié, desséché... Plus rien ne demeure... Il ne demeure que cet incident au club... Un prince catholique a souffleté un banquier juif... Et à présent, coûte que coûte, il faut que le juif marche!...

AGNÈS. — Je suis une loalheureuse!...

GUTLIEB. — Que n'intimez-vous, que n'imposez-vous votre volonté pacifique à monsieur de Clar?

AGNES. — A l'héritier de votre pouvoir d'inclémence, à cette force que vous avez déchaînée en traquant nos pauvres religieux!...

GUTLIEB, redressé. — Ceux-là!...

AGNÈS. — Ceux-là ne vous ont rien fait!

GUTLIEB. — • Tous Ics prêtres m'ont fait la même chose!...

AGNÈS. — Et quoi ?

GUTLIEB. — Quoi ! (Un ricanement. Un si^ lence.) Quoi? Ceci. Un jour, peu de jours après ma disgrâce, titubant de détresse, craignant, en vérité, pour ma raison, je me suis présenté devant votre confesseur... Il était assez jeune alors. Il n'est guère plus âgé que moi... Assis en face de lui, dan-s son petit salon pauvre, j'ai supplié : (( Mon pb^ G . ic nne-i^^ c-z *[ ne- je' la f««\'*! e î . . . 1? i an qu'une heure!... une demi-heure!... Cinq minutes!... Je ne tenterai pas de la reprendre ! Je ne vous ai jamais combattu, mon père... Cela me rendait plutôt un peu fier qu'Agnès fût si bonne catholique... Je ne soupçonnais pas votre travail, cet investissement... Quand j'ai compris, déjà, elle n'était plus à moi... Mon père, voyez ma figure, ma pâleur, ma maigreur... Accordez-moi de la regarder... De la regarder sans que nous échangions un mot! » Le père avait, sur sa table, pris un petit livre qu'il me tendit. Et je lus : <{ Quiconque regarde une femme avec un mauvais désir pour elle, celui-là commet l'adultère dans son cœur. » Alors, j'ai cessé d'être un homme... Je suis tombé aux genoux du prêtre, à ses pieds... Je me suis traîné sur son tapis... J'ai embrassé le bas de sa robe... Tenez! quand j'y songe!...

En réponse, le jeune jésuite prêcha... Oh!

très bien!... d'une voix douce et hostile...

Il disait : « Notre Dieu. Notre religion.

Ma pénitente. »

AGNÈS. — Vous calomniez!

GUTLIEB. — Non pas!... Sous cette éloquence chrétienne, je sentis soudain comme j'étais exclu, banni, seul, seul entre tous... C'est ainsi qu'un ministre du Dieu de Fraternité me révéla le cruel isolement du juif parmi les hommes. Je me relevai, je m'en allai, en balbutiant des excuses, des mercis, — des promesses!... Mon premier mouvement est toujours de soumission! Mais dans la rue, une rue à prêtres, tout un groupe de soutanes passait... A ce spectacle, ma colère, enfin, se leva — la. colère de ma, vie! Entre mes dents, qu'une violence inconnue

Israël

Mffrait à ies rompre, je marmottais :

« Gcftands oiseaux qui tournez, to\irsiez, <jui guettez la créature pour fondre sur elle et l'ar radier à l'amour, donnez-moi le temps de guérir! Rien que le tempe de guérir^ grands oiseaux noirs, et je serai votre chasseur! ))

AGNÈS, avec indignation. — Oh! assez!

GiTTLiEB, tranquillement. — J'ai fini!...

Contez cet apologue au père de Silvian, que j'ai retrouvé, tout à l'heure, changé, attendri... humain!... Dites-lui que bî Thibault de Clar ne m'étend pas raide — et je jUe crois pas aux rencontres fatales — diteslui que je persisterai avec enthousiasme dans Tœuvre de libération..

AGNÈS. — De proscription!

GUTLiBB. — Si vous voulez!,,.

AGNÈS. — Je répéterai ces paroles de rage. Et le pè.re priera Dieu qu'il vous prenne en pitié et qu'il protège vos jours... Cette fois, il faut vous en aller,

GUTLiEB. — Je me retire.

Elle indique la porte de droite. Au même moment, cette porte s'ouvre et Thibault paraît.

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