Le détroit de Belle-Isle [microforme]
‘“ Un nouveau climat pour le Bas Canada”, et dont vous avez reproduit un partie dans votre feuille du 19 février dernier,a été lu dans ce pays avec curiosité, sinon avec intérêt. L'auteur de cet article ne propose rien de moins que de changer, pour le mieux, le climat de tout le Bas-Canada et | pm so d’autres contrées de la
uissanice du Canada, et pour ob.
tenir ce but si désirable, il suggère le barrage du détroit de Belle-lsle, à sa partie la plus étroite,
Cet écrivain raïsonne sous l'impression que c’est tout à fait ‘‘ à la présence de courants d’eau froide, venant de la mer Arotique, dans le détroit de Belle
Isle et à la quantité de glaces qui, descendant de la Baie de Baffia et du détroit de Davis, viennent remplir ce détroit, qu'est dû le olimnt si froid qui désole la côte nord du Golfe St, Laurent et l'Ile d’Anticosti.”
D'un autre côté, il affirme ‘qu’à l'Ile d’Anticosti et le long des rivages de ls Province de Québec, le Gulf stream ne se fait pas sentir, parce qu'il est rejeté dans une autre direction, tandis que dans la partie plus méridionale du Golfe St. Laurent, l'Ile du Prince Edouard se trouve à subir l'influence bienfaisante de ce courant qui, à cause de sa température élevée, fait plus que contrebalancer les effets des courants d’eau froide qui coulent dans uue autre direotion. ”
De plus, dans une autre partie de son article, l’éorivain qui attribue aussi la sévérité de notre climat à la présence de banquises dans le détroit de Belle- Isle, ajoute : ‘“ Une fois que l’on se sera débarrassé de cet amas de glaces, le résultat que nous anticipons sera obtenu, c'est-à-dire que l'hiver aura diminué de longueur d'au moins trois mois, tandis que le St. Laurent pourra être navigué, d’une manière pratique, pendant toute l’année. La température sera consi lérablement élevée, tandis que l’influence du Gulf stream pourra probablement pénétrer plus avant vers le nord, mais peut être pas à une grande distance.”
Tandis que nous devons donner à l'écrivain de Liverpool la part de gloire qu’il mérite pour son travail, fait dans un but amical et philantropique, et pour ses suggestions qui, si elles étaient réalisables et si elles produisaient les résultats promis, procureraient à ce pays des avantages immenses et permapents, je ne puis laisser passer ses assertions et ses spéculations, sans offrir des observations sur les sujets qu'il a traités ; et j'espère que je ne pourrai être acousé de présomption en faisant cela, lorsque l’on voudra bien 8e rappeler que j’ai croisé pendant seize ans dans le Golfe St. Laurent et le détroit de Belle-Isle, sur un bâtiment équipé pour le service de Ja protection des pêcheries du Canada.
Mais avant d’argumenter, je dois établir mes prémisses.
Les principaux agents qui, outre les différences de latitude, affectent, d’une manière soit positive, soit négative, le elimat de cette partie de l'Amérique mentionnée plus haut, c’est-à-dire la côte nord du golfe St. Laurent, l'Île d’Anticosti, et le Bas-Canada en général, sont les suivants :
10 Le Gulf Stream, 20 le courant polaire, 30 les vents régaants de la partie de l’ouest, 40 les glaces. Comme il est
nécessaire que nous nous entendions bien sur tous les effets de ces agents, j'en ferai une description, en commengant par le Gulf Stream, le plus remarquable d’entre eux
Je vais donc donner maintenant une courte description de ce grand fleuve marin, et de ses branches, d’après les meilleurs auteurs, et j'emprunterai de nombreuses citations au célèbre Maury et à l'ouvrage intéressant d’Elisée Reclus, intitulé ‘ l'Océan. ”