‹ Le détroit de Belle-Isle [microforme]Chapitre 2 sur 11 · LE GULF STREAM · texte numérisé non relu

LE GULF STREAM

Voici la belle description du Gulf Stream donné par Maury :

‘“ Le gulf Stream est une rivière au milieu de l’océan, dont le niveau ne change, ni dans les plus fortes sècheresses, ni dans les plus fortes pluies. Il est limité par des eaux froides, tandis que son courant est chaud. Il prend sa source dans le golfe du Mexique et se jette dans l'Océan Arotique. Il n'existe pas sur la terre, un cours d'eau plas majestueux ; sa vitesse est plus grande que celle du Mississippi ou des Ama zones, et son débit mille fois plus considérable. ”

‘ Les eaux, depuis le golfe du Mexique jusqu'aux côtes de la Caroline,sont couleur d’indigo foncé, et la ligne de séparation avec les eaux de l’océan est parfaitement appréciable aux yeux.

Souvent on peut voir un navire dont une moitié se trouve immergée dans les eaux du Gulf Stream, tandis que l’autre flotte dans les eaux de l'océan, tant la ligne de séparation est nette et distincte, À cause du mouvement de rotation diurne de la terre, et probablement aussi à cause de la configuration générale des côtes, ce courant suit une direction constante vers le nordest, et ne touche pas à aucun des points avancés da continent américain. ”

4 Les eaux du Gulf Stream, quand elles sortent du golfe du Mexique, sont destinées aux Îies Britanniques, à la

mer du Nord, et à l'océan Glacial, elles atteiguent jusqu'au Spitzberg. Ce courant d’eau chaude, en s'échappant par le détroit de Bemini, à une largeur d'environ 32 milles et une profondeur de 200 brasses ; par le travers au cap Hatteras il a atteint une largeur de 75 milles, etsa profondeur n’est plus que de 120 brasses.

“Au milieu il est renflé en forme de toit, et on calcule que son axe est d’environ deux pieds plas élevé que les eaux de l'Atlantique environnantes. ”

Dans le détroit de Bemini, la température du Gulfe-Stream est de pas moins de 860 Farh. Elles perdent leur chaleur lentement, et pendant l'hiver elles ont encore, par le travers da cap Hatteras, et sur les bancs de Terreneuve, une température qui excède de 200 Farh, les eaux du reste de l'Atlantique, sous les mêmes latitudes.

Entre les 43ème et 47ème dégrés de latitude nord, dans le voisinage des bancs de Terreneuve, le Gulf Stream qui vient du sud-ouest, rencontre à la sui face de l’eau le courant polaire, découvert par Cabot, en 1497.

La ligre de démarcation entre ces deux rivières océaniques, n’est jamais constatée d’une manière absolue, mais varie.avec les saisons

En hiver, c’est-à dire depuis septembre jusqu’en mars, le courant d’eau froide rejette le Gulf-Stream vers le sud, car durant cette saison le système de ciroulation, dans l’atlantique, des vents, des pluies et des courants se rapprochent plus de l’hémisphère mé.

ridionale, au-dessus de laquelle le 80leil se fait sentir.

Ea été, c’est-à-dire depuis mars jusqu'en septembre, le Gulf-Stream, à son tour, reprend sa prépondérance, et force la ligne de séparation où les deux courants sont en conflit à rétrograder vers le nord.

C’est ainsi que cette rivière ondule ça et là sur les mers, et selon une belle

expression de Maury, ‘‘ oscille comme une flumme balancée par la brise.” Mais il est probable que ces mouvements des deux courants opposés sont souvent modifiés par l'expansion superfitelle da l’eau froide et de l'eau chaude.

Les bancs de Terreneuve, cet immense plateau entouré de tous cô1iés par des abîmes de cinq à six milles de profondeur, sont dus évidemment, en grande partie, à la rencontre de ces masses liquides en mouvement.

Ea atteignant les eaux tièdes du Gvife-Stream, les banquises fondent petit à petit et laissent couler au fond de l’eau des fragments de rochers et des amas de terre qu’elles ont apportés avee elles. Ces bancs de Terre Neuve qui s’élèvent graduellement du fond de l’Océan, sont une/sorte de moraine commune pour les glaciers du Groënland et de l’Archipel Arctique.

Après avoir rencontré les eaux du Gulf-Stream,les eaux du courant polaire cessent en grande partie de flotter à la surface et descendent au contraire au fond de l’eau, à cause dels pesanteur plus grande que leur donne leur température.

La direction de ce contre courant, exactement à l'opposé du Gulf-Stream, est démontré par les banquises que les airs chauds des latitudes tempérées n’ont pas encore fondues, eb qui courent, vers le sud-ouest, contre le oourant superficiel, sépare les eaux comme la proue d’un navire.

Plus vers le sud,nous ne reconnaissons bien l'existence de ce courant caché, que par les appareils de sondage; le courant d’eau froide servant de lis au courant d’eau chaude qui s'échappe du golfe du Mexique. Il descend à des profondeurs de plus en plus énormes jusqu’au détroit de Bemini, ou le thermomètre le découvre à une profondeur de 220 brasses. Néanmoins use partie des eaux du courant plaire,

LA

reste à la surface de la mer, et glissant le long des côtes orientales des Etats Unis aussi loin que la pointe de la Floride, formant une ligne de démaroation avec les eaux du gulf-stream d'un contraste frappant. Géuérale ment l’eau froide qui arrive de la mer Arctique possède une force suffisante pour forcer ce courant à se ployer d'une manière sensible vers le sud et lui op-

r une barrière insurmontable dans ’autre direction.

La partie la plus chaude et la plus rapide du gulf stream forme préoisément la partie gauche ou ouest du courant, et se trouve en juxta-position immédiate avec une couche d’eau froide, qui s'étend dans la direction opposée en le gulf stream et les côtes adjacentes, Ce contre courant qui va interposer les eaux froides de la mer Arctique entre la côte de la Caroline et l’eau chaude qui s'écoule du Gülfe du Mexique, borne le gulf Stream comme un mur de glace. [Aeclus, Franklin, Bache, Lever Hydrograpluque des Etats-Unis.]

Les distances entre le bord intérieur ou ouert du Gulf Stream et les côtes Canadiennes et Américaines sont comme suit :

Le bord intérieur du gulf Stream est éloigné du

cap Canaveral de... 35 milles Du cap St. Augustin... 10 De Charleston ............, s 02.

Du cap Hatterus........... 830 ‘ Da cap May... Moore 120 De Saudy Hook...…. …...... 270: 4:

De Nantucket............….... 80 De cap Sable... 120 ‘ De Soattan......,..........… 220 De cap Race... 200

Le Gulf Stream traverse VAtlantique avec uve vitesse de 24 milles par jour, et il se répand sur une surface de l'océan tellement grande et il perd de sa profondeur à tel point qu'il finit par

n'être plus qu'une couche superfi.

cielle lorsqu'il atteint les Iles Britanpiques et la mer du nord.

Dans ce immemse cirouit, il est:

aidé dans sa marche par les contre courants des alisés, qui se dirigent vers la ‘partie du nord est.

Il est peut-être difficile de tracer sn route précise dans les mers de l'ouest de l'Europe à cause de l'énorme longueur et l'immense expansion de ses eaux. Mais on peut dire qu’en réalité il s'étend sur toutes ces mers depuis.

les Azores juqu'aux Spitzberg.

Mais il faut que je fasse allusion à une branche de ce courant, qui est imrtante,

Je cite d’après Reclus et Peterman.

Ce n’est pas seulement sur l'énorme surfaue de la mer Arctique, de la Nou.

vells - Zemble à l’Icelande, que le gulf Stream suit une course sousmarine. La même chose se reproduit, paraît-il, daus la Baie du Baffin et à l’ouest du Groëaland.

Eu effet au Cap Farewell (partie sud du Groënland) à huit dégrés plus au nord, l’existence d’un courant près de la côte a été reconnue, lequel transporte les glaces dune une direction exactement contraire à celle qu’il suit, à l'ouest, près de la côte du Labrador, et qui sert de route débris des champs de glace, Ce courant était autrefois sonsidéré comme la continuation de celui qui descend le long de la côte est du Groëalend, dans une direction du nord au sud, et qui tourne brusquement autour du Cap Farewell. Mais il est plus naturel de penser que le courant polaire continue sa route directement vers le grand centre des mers des tropiques.

Dans ce cas, le courant de la coûte ouest du Groënland ne doit être simplement qu’une branche du Gulf Stream ; ce qui est à peu près certain par le fait que ses eaux sont comparativement chaudes,

La mer gêle rarement sur les oôtes

qu’elle baigne,etle climat de ces endroits est, en moyenne, de neuf dégrés plus élevé que sur les côtes de l’est. Vers le ‘78ème dégré du latitude nord, ce courant, semblable à une rivière, cesse complètement, prenant vans auoun doute une course 8ous-muarine.—Aeclus, Graaf.

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