BANQUISES
Les banquises ou bancs de glace ne se forment pas dans les rivières, les golfes ou la mer. Ils se forment sur terre et sont produits par l’eau douce, la pluie, la neige et la grêle.
Ce sont des parties détachées de oes immenses glaciers ou mers de glace, qui couvrent ane grande partie des terres des régions polaires Arctiques et Antarctiques,.
Beaucoup de ces glaciers sont formés dans des grandes vallées, dont le plan s'incline vers la mer. Ils s’étendent lentement par-dessus les falaises et se projettent jusque dans la mer.
Pendant le long hiver de ces régions, les banquises demeurent attachées à ces glaciers et même augmentent en volume. Du reste, quand bien même elles se détacheraient alors, elles ne
“pourraient gagner la mer, car les gla-
ces qui couvrent Îles battures, et les Met seraient un obstacle infranchissa-
Maïs quand la saison du dégel est arrivée, ces immevres blocs sont détachés des glaciers, flottent sur les eaux adjacentes, et bientôt sont emportés par les courants polaires dans leur course vers le sud, à moinsqu'ils ne soient pendrnt quelque temps emprisonnés dans dus baies profondes ou les courants se font peu sentir, où bier qu'ils ne se soient échoués.
Dans les mers dont l’eau est comparativement chaude, comme au Spitsberg et sur la côte ouest du Groënland, leur base immergée dans l’eau se fond plus vite que leur sommet dans l'air, Bientôt leur partie supérieure devient trop pesante et elles cha-
virent, suvent pendant cette châte elles se brisent en plusieurs mormorceaux qui, eux mêmes, subissent le même sort plus tard. Dans les eaux glacées des mers polaires, lez banquises au lieu de diminuét en voleme, ne font qu'augmenter par l'accumulation de la neige.et de la grèle surleur, sommets, et leurs bases, non seulement ne subissent par l’action dissolvante Ge l’eau, mais au contraire, s’accroissent par LES qui se congêlent tout autour d’eles.
Les mers du Nord sont, comme je l'ai déjà dit, toutes couvertes de glaces pendant la saison de l'hiver.
Au printemps, cette immense masse, commence à se mouvoir lentement et partiellement. Plus tard toute la masse est en route vers le sud, amenant les banquises avec elle,
Ces glaces flottantes se fondent en pus sur la route, de même que les
anquisés de petites dimensions, mais les grandes banquises continuent leur chemin vers les eaux équitoriales.
Arrivées au banc de Terreneuve, elle rencontre là une barrière infranchissable ; ce sont les eaux chaudes du Gulf Stream qui les fondent bientôt, comme je l’ai expliqué dans une autre partie de ma correspondance.
Pendant qu’elles descendent ainsi le long de la côte du Labrador, par l'O.
céan Atlantique, quelques-unes d’entre elles sont emportées par le courant qui court de l'Atlantique vers le détroit de Belle Ile, et aidées quelquefois dans cette marche par les vents de la partie nord-est qui soufflent souvent dans eos parages pendant plusieurs jours et même pendant plusieurs semaines, en avril et en mai, elles entrent tout-àfait dans ce détroit, et gagnent l’ouest.
Quelquefois elles sont nombreuses,
tandis que souvent et même pendsnt plusieurs années de suite, on en voit très peu.
Un petit nombre de ces banquises
pénètrent au delà de la Pointe Amour, la partie la plus étroite du détroit, ear ea n'en voit que quelques uns éparses 4 ot là le long de la côte du Labrador jasqu’à Mecatina.
Et rarement vne d'elles 8e rend jusqu’à la pointe esc de l'Ile d'Antleorti. J'ai navigue pendant quinze ans dans le détroit de Belle Isle, aussi loin que le Blanc Sablon, dans le mois de Juin, et rarement j'ai vu des banquises à l'ouest de cet endroit.
En 1861, j'étais à bord du Napoléon
III, dans une croisière pour la proteotion des pêcheries. Ce vaisseau avait aussi à faire un voyage à l'île de Belle- Isle, pour l'approvisionnement du phare, érigé à son extrémité est. Nous arrivâmes à la partie ouest du détroit vers le 15 juin, mais nous ne pûmes passer outre, à cause des glaces flottañtes qui le bouchaient complètement ; Ce ne fut que le 29 juin que nous pûmes franchir ce détroit, en passant à travers une ouverture que les vents et les courants avaient faite au milieu des glaces. Mais de chaque côté les glaces flottantes oouvraient encore de longs erpaces dans la mer surtout du côté de Forteau.
De 8Blanc Sablon à Belle-Isle, nous renoontrâmes environ vingt grosses banquises et un certain nombre de pe.
tites, et nous pûmes nous assurer de l'épaisseur de plusieurs des premières, qui étaient échouées.
Une d'elles que nous rencontrâmes, vers le milieu du détroit, à une certaine distance à l'est de Fortesu, était échouée (ot elle était là depais quelque temps) dans 40 brasses d’eau (240 pieds) cè elle s'élevait en l'air à une hauteur de 130 pieds ; son épaisseur était donc de 370 pieds. Sa base était large, mais son sommet était aminoi et taillé en pointe.
Près de Belle Isl, nous rencontrâmes pou de bapquises, mais du phare, qui est à une hauteur de 800 à 900
pieds, nous vîmes d'immenses banquises qui flottaient au large dans l'Atlantique.
Une d’elles nous parut avoir plus d'un mille en longueur.
En revenant de Belle-Iele, nous nous arrêtâmes à Forteau, et Jà je fis l’asceusion, en compagnie du défunt T.
Têtu, et de trois de mes marins, d’une banquise de forme quadrangulaire qui était échouée depuis quelque temps, à l'entrée de cette baie, dans 30 brasses d’eau. Le sommet de cette banquise était un plen incliné vers la mer. Son bord extérieur n'ayant pas plus de 10 pieds au-dessus, et son bord intérieur tourné vers la terre environ 80 pieds de hauteur ; cette banquise avait donc 280 pieds d'épaisseur.
Maintenant ayant décrit les trois sortes de glaces que l’on trouve dans le golfe St. Laurent et le détroit de Belle.
Isle, je n'ai plus qu'à ajouter que cer deux bras de mer sont, pendant l'hiver, couverts de glaces de battures, et de glaces flottantes, d’une étendue telle parfois, et surtout pendant jies hivers vigoureux, que l’on ne peut voir d’eau claire‘nulle part, et cet état de choses dure jusqu’à ce que la glace soit fondue. Dans le détroit de Belle-I-le, les glaces sont quelquefois tellement tassées, que j'ai oui dire que plusieurs hommes avaient traversé sur la glace, de Terreneuve au Labrador.
Aux Îles de la Madelaine, j'ai vu les glaces flottantes rester jusqu'à la fin de mai, tandisque dans le détroit de Belle Isle elles demeurent jusqu’à la fin de juin et même au commencement de juillet, Mais on ne voit pas de banquises pendant l'hiver dans le détroit de Belle Ile. Les banquises de l'année précédente syant eté fondues pendant l'année, et il est recorau, comme je l’ai expliqué plus hant, que les banquises ne commencent pas à descendre des mers Arctiques avant le priotemps, avec les glaces de battures et les glaces flottantes que le dégel a
dégagées. Et elles n’entrent pas dans le détroit de Belle Ile, avant le mois de mai.
Il me semble que les observations et les propositions contenues dans cette correspondance nous permettent de croire que les conclusions auxquelles est arrivé l'écrivain du Post, ne sont pas justifiées par les faits.