‹ Le deuil des primevères, 1898-1900Chapitre 21 sur 37 · J'AI VU REVENIR LES CHOSES · texte numérisé non relu

J'AI VU REVENIR LES CHOSES

J'ai vu revenir les choses de l'année dernière : l'orag-e, le printemps et les lilasllétris, et j'ai bu du vin blanc dans le noir presbvtère. Et mon âme est toujours terrible, douce et triste.

Pourquoi mon cœur n'a-t-il pas toujours été seul ?..• Je n'aurais pas ce vide affreux au fond de moi : et, prêtre paysan, j'aurais orné les croix de coquelourdes, de fenouil et de $»laïeuls.

Notre vie extérieure eût été peu chang"ée,

ô mère... qui aurais porté dans le jardin

le reflet aveug-lant de l'eau pour arroser

les terreaux granuleux d'ombre bleue du matin

... Plus rien. Je veux dormir à l'ombre de la lampe, le front contre les poing-s et les poings sur la table, bercé par ce continuel bourdonnement qu'entendent ceux qui n'entendent pas d'autre voix.

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