‹ Le Deuxième centenaire de l'érection du diocèse de QuébecChapitre 29 sur 114 · LU INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LU INTRODUCTION

«J'ai bien hâte, écrivait-il à Lord Grey, d'apprendre que vous avez fait ce qui est nécessaire pour abroger la disposition de V Acte d' Union qui restreint l'usage de la langue française. Le retard que l'on met à tenir la promesse faite à ce sujet par M. Gladstone, je crois, est une des choses dont M. Papineau se prévaut pour continuer l'agitation. Je dois avouer de plus que je suis, moi pour un, profondément convaincu qu'il est d'une mauvaise politique d'essayer de cette manière à dénationaliser les Canadiens-Français. En «général, les tentatives de cette nature produisent un résultat tout différent de celui que l'on a en vue, elles ne servent qu'à activer les préjugés et les animosités nationales. Mais supposez môme qu'elles réussissent, quelles en seraient les conséquences ? Par de semblables moyens vous américaniserez peut-être, mais tenez-le pour certain, vous n'anglifierez jamais les habitants français de cette province. Qu'au contraire, ils sentent que leur religion, leurs usages, leurs préférences, leurs préjugés, si vous le voulez, reçoivent plus d'égards et de respect ici que dans toute autre partie de ce vaste continent, qui osera dire alors que ce ne sera pas un Canadien-Français qui tiendra bien haut pour la dernière fois, le drapeau de l'Angleterre sur la terre d' Amérique ? »

Dans une autre lettre, après avoir rendu compte

INTKODUCYION. LUI

cV une ï^éaiice publique au collège de Saint-Hyacinthe, Lord Elgiu ajoutait:

« Au reste, il y avait là tout l'étonnant mécanisme (jui donne à T Eglise de Rome tant d'avantages: quinze professeurs ne recevant aucun traitement et travaillant pour leur nourriture et encore quelle nourriture! — comme conséquence, l'éducation, la pension et le logement donnés aux élèves pour quinze louis par année ; ces jeunes gens soumis à la plus stricte discipline et jamais perdus de vue ni jour ni nuit par leurs maîtres! Je l'avoue lorsque je vois à la fois l'élasticité et la force de cette église, je ne m'étonne point, avec Lacordaire, de tout ce qu'elle a pu faire, je m'étonne au contraire qu'elle n'en fasse pas davantage. »

L'Université-Laval, qui doit sa charte à Lord Elgin, s'est chargée de répondre éloquemment au demi-reproche que l'on vient de lire. Qui peut ignorer, du reste, tout ce que l'Eglise du Canada a fait pour nos nombreux collèges et quelle part elle a prise aux progrès de l'instruction primaire ? Cette seule page de son histoire lui donnerait droit à des éloges aussi magnifiques, pour la période de la domination anglaise, que ceux qu'elle a reçus de M. Parkman en ce (lui à trait à la domination française et à l'époque si difTicile de la transition d'un régime à l'autre. Empressons-nous de trans-

Page 1