‹ Le Deuxième centenaire de l'érection du diocèse de QuébecChapitre 42 sur 114 · KÉPONSE DE MGR. V. GRANDIN, ÉVÉQUE DE SAINT-ALBERT · texte numérisé non relu

KÉPONSE DE MGR. V. GRANDIN, ÉVÉQUE DE SAINT-ALBERT

Fort Garltoii, 31 juillet 1874.

A Sa Grandeur Mgr. Taschereau,

Archevêque de Québec.

Monseigneur,

Hier, en arrivant ici, on m'a remis votre circulaire du 6 mai. Bien que je ne sois guère en état d'y répondre, me trouvant en voyage et manquant de plusieurs choses, je le fais cependant, croyant ne le pouvoir plus tard.

Je vous remercie Monseigneur de votre gracieuse invitation, mon grand regret c'est ne pouvoir m'y rendre. Je serais pourtant heureux que la jeune Eglise de Saint-Albert fut représentée dans cette circonstance vraiment solennelle, et je ne puis absolu ment vous envoyer aucun de mes missionnaires pour cela. Je me permettrai pourtant de déléguer ad hoc^ si Votre Grâce le permet, quelqu'un de nos Pères du Canada.

Votre Grandeur sait que le diocèse de Saint- Albert a été érigé le 20 septembre, peut-être le 22, 1871.

Je profite de cette circonstance pour vous remercier encore. Monseigneur, de ce que vous avez bien voulu faire pour mon pauvre diocèse en permettant au

Révérend D. Lacombe d'aller tendre la main chez vous. Que votre Grâce veuille bien toujours se souvenir que la partie qui forme mon diocèse faisait autrefois partie du vôtre et était il y a peu de temps encore de votre province. Je ne sais ce que le bon Dieu réserve à cette jeune Eglise : je suis vraiment bien inquiet de voir le protestantisme venir s'implanter dans les lieux les plus reculés où il n"a aucun adepte malheureusement, les moyens me manquent pour lui tenir tète. Je recommande instamment à votre charité et à la charité de vos illustres hôtes du l^' octobre, la jeune Eglise de Saint-Albert. Je n'ai (jue cette feuille de i)apier assez mal marquée de mon sceau et je n'ai point mou cachet ici; mais si je m'en souviens, Mgr. Taché a dû vous en envoyer l'empreinte. Je vous souhaite. Monseigneur, tout le succès possible pour la belb^ fête que vous projetez, je vous félicite de cette heureuse idée. Je m'unirai de loin à votre Grandeur, et, et à tous les illustres Prélats [)lus heureux que moi pour remercier le Seigneur d'avoir donné une telle étendue à son règne dans le pays. Hélas! c'est probablement de tous les diocèses formés de l'ancien diocèse de Québec, celui de Saint-Albert où le règne de Dieu est le moins solidement établi, les infidèles y sont encore t)lns nombreux que les chrétiens.

Excusez-moi, Monseigneur, el; veuillez me croire de votre Grandeur h» très-humble et obéissant serviteur.

1 VriAL J. Ev. de Saint-Albert.

LETTRE DE M G II. Y. G K A N 1) I N, A[- I{l':V. PKHE ANTOINK (). M. S.

Carlton, ;i jnilhM 187i

An Rpv. Vinv Antoine O. M. S,,

Provincial an Canad^i.

Mon rôv(M'(Mi(l et bien cIkm* Père,

Neponvant prendi-e part anx l)elles letes qni ;mronl lien à Qnébee an eomnieneement (F octobre, je tiens ponrtant beauconp à ce qne la panvre Eglise de Saint-Albert y soit représentée. Pnis(|ne Mgr. TAj'' cbevéqne me prie de ne point me rendn» à cette fête, vons voudrez bien, cher Père, me r(Midr(^ ce service.

La jenn(^ Eglis(^ de Saint-Albert pcuit à pein(> s(^ tenir debont, c'est nn faible roseau qni clierclie un appni, elle a été confiée à l' impuissance même. Vous représenterez donc le pauvre roseau de Saint-Albert, ({ui se penche vers la croix pour trouver un appui et qni compte aussi sur ses Pères ponr être soutenue. Vous prierez ces illustres Prélats de sontenii- le dernier de leurs Pères dans TEpiscopat par leurs prières et au besoin par leur puissant patronage. Et vous, cher Père, dans cette circonstance vous prierez pour voti'e père en religion atiii qn'il ne soit pns nn obstacle au bien, pour ({ne T Eglise qni Ini a été (confiée grandisse comme ses aînées, vous voudrez bien ensuite me faire une petite relation de cette fête à laquelle je serais si heiu'eux de prendre part. Espérant que vous ne refuserez pas cette mission,

— Mf

cher Père, je vous embrasse et vous bénis affectueusement

Votre Père affectionné,

f Vital J. E\\ de Saint-Albert, 0. M. S..

P. S. — Je n'ai ^jointmon cachet pour authentiquer ma lettre, me trouvant en voyage assez loin de m:On campement, je fais comme je peux et non comme je veux. On se rappellera que les sauvages ne font jamais les choses comme il faut et on les excuse. On

t>n fera autant pour moi,

f Vital J.

ÉVECJUE DE NATCHITOCHES.

Natchitoches, 22 août 1874.

A «i Grandeur MctR, Taschereau, D. D.,

Archevêque de Québec.

Monseigneur,

Depuis la lettre que j'ai eu rhonneur d'écrire à votre Grandeur en réponse à T invitation qu'elle a bien voulu m' adresser de prendre [)art à la grande solennité bi-centenaire de la fondation de la hiérarchie catholique en Amérique, par f érection du siég(^ de Québec, invitation que j'avais été si heureux d'accepter, jai dû me résoudre à entreprendre un nouveau voyage de recrutement en Bretagne, trésor de bons et dévoués prêtres, où je puist^ depuis vingt ;ins. Malheureusement ce voyage ne saurait coïncider avec l'époque de la solennité de Québec. Dans l'intérêt même du but que je me propose, je ne

X)OUiTai le faire qu'après janvier: et, sans parler do la dépense, mes 72 ans et lonr cortège d'infirmités ne me permettent guère de m' exposer à cette double fatigue. Je le regrette extrêmement, surtout depuis la seconde lettre de votre Grandeur, et f invitation, dont vous voulez bien nflionorer, de précber dans votre métropole le jour même de la grande solennité.

J'ose espérer que votre Grandeur voudra bien accepter mes raisons et mes excuses. Seul, je souffrirai de ce sacrifice forcé. Je ne me résignerai point facilement cependant à ne jjoint visiter une fois avant de mourir le berceau de l'église Américaine, théâtre de tant d^ héroïques dévouements, et serai trop heureux, Monseigneur, de reconnaître personnellement l'honneur que vous m'avez fait.

Veuillez, cependant, agréer avec f expression de mes sincères regrets, celle du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être

De votre Grandeur, Le bien humble serviteur et frère, f AuG. Marie, Ev, de Natchitoches.

(Traduction.)

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