LA PROCESSION
La pluie qui n'avait cessé d'inonder la ville dumt toute la journée précédente, avait d'abord fait •aindre que toutes les cérémonies du lendemain 9 pussent avoir lieu. Mais le soleil radieux de la latinée du jeudi, vint dissiper ces craintes ainsi que s derniers nuages de la nuit.
Par une attention délicate de S. H. le Maire, les les que la procession devait parcourir avaient été iblées durant la nuit môme.
L'endroit du rendez-vous de tous les corps publics évités à faire partie du cortège était la place du Parement, près de l'Archevêché.
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Enfin dans la quatrième partie, le vaisseau touche la plage et les matelots saluent, dans un chœur bien phrasé le rivage nouveau :
Terre ! terre ! o transport f
Voilà le Nouy eau-Monde \
Les naturels accourent sur la rive et c'est alors que l'orchestre exécute cette admirable Danse des sauvages où l'originalité éclate à chaque mesure et captive T oreille par ses pétillantes surprises.
Le chœur a ensuite dit^ avec rare perfection, le morceau d' ensemble :
Parés de beaux plumages, Aux mille coulem-s.
Puis après le chant d'une mère indienne, chant excessivement doux et bien rhythmé, Christophe Colomb, se laisse aller à la joie d'avoir conquis un monde et promet protection à ses nouveaux frères.
M. Lamothe a très-bien rendu le trait final de ce morceau.
L'œuvre se termine ijar un grand tutti qui a été à la hauteur du reste de l'exécution :
A toi, chef immortel,
Nos vœux et notre hommage ! #•
En ce jour solennel
Ton génie est le gage
D'un empire éternel.
Cette conclusion est d'un effet magistral et a été parfaitemtMit interprétée.
Nous ne pouvons pas clore ce compte-rendu sans décerner h M. Arthur Lavigne les éloges qu'il a si bien mérités. Il a préparée cette soirée d'une
mani('re qui le pose d'un seul coup coiiuik' chef d'orchestre distingué. L'exécution d'une œuvre aussi difficile demande bien des mois d'étude et d'exercice. Et lorsque l'on considère que M. Lavigne n'a eu qu'un peu plus de trois semaines pour organiser et exercer son orchestre et ses cha3urs, on reste loul étonné en présence du magnifique résultat obtenu. Nous avons été fier de M. Lavigne, devant les noble;* étrangers qui ont été témoin de son talent artistiqu*^ supérieur. Il est juste de dirQjpqu'il a été habilemenl secondé par les MM. du Septuor Haydn et de l'Union Musicale, et par M. l'abbé Fraser qui a pris une part intelligente à la préparation des chœurs. Les membres de la musique de garnison et les autres artistes de l'orchestre ont aussi droit aux plus chaleureuses félicitations. Somme toute, Christophe Colomb^ grâce à ce concours de talents distingués, et surtout grâce à cette direction savante, a été un succès que Québec pourra sans doute répéter, mais qu'il aura bien de la peine à surpasser.
Le vendredi soir, pour permettre à un grand nombre de personnes, qui n'avaient pas pu assister à la soirée de mercredi, d'entendre l'œuvre de Félicien David, la direction d'Université a fait répéter Christophe Colomb. La salle était comble ; pas un pied d'espace qui ne fut rempli. Le succès de vendredi n'a pas été inférieur à celui de l' avant-veille. L'orchestre et les chœurs ont admirablement fait leur partie. Le chœur des sauvages surtout a réellement enthousiasmé l'auditoire et a été redemandé. Le dialogue avec le chœur, dans La Révolte^ a été trèsbien dit.
La représentation de Chrislophf Coluuib ne sera pa? oubliée de sitôt à Québec et fera époque dans Tère de nos fêtes musicales.
Nous croyons n'être que lécho du public en otfrant nos reniercinients à M. le grand vicaire Hamel qui a organisé cette fête, et qui s'est multiplié pour en assurer le succès. L'Université-Laval a fait beaucoup pour l'éducation de notre jeunesse, dans le domaine des sciences et des professions libérales, elle complète son œuvre eu lui fournissant l'occasion de s'initier aux arts et de connaître et d'apprécier les chefs-d'œuvre des maîtres de la vieille Europe. Notre jeunesse saura lui tenir compte de ce patriotique effort, qui jusqu'ici a produit de si beaux résultats.
Nous éprouvons beaucoup de jjlaisir, en terminant, à offrir à M. le chevalier Gustave Smith, la somme de reconnaissance qu'il mérite, pour la part active et spontanée qu'il a prise à cette grande fête. Son talent, déjà si justement aj)précié ailleurs, a acquis un mérite nouveau qui ne fera que confirmer une réputation si bien établie dans d'autres parties de cette province.
Nap. Legendue.