‹ Le Deuxième centenaire de l'érection du diocèse de QuébecChapitre 84 sur 114 · ADRESSE DES MEMBRES DE L'EGLISE SAINT-PATRICK · texte numérisé non relu

ADRESSE DES MEMBRES DE L'EGLISE SAINT-PATRICK

A Sa GrAce rArch(3vrrfue de Quôb(H*. et aux Vénérables et Illustres Archevêques et Eveques des différents sièges autrefois compris dans le diocèse de Québec, présentement dans la cité de Québec.

Au noms des Irlandais catholiques romains de Québec, le comité de direction de l'Eglise Saint- Patrick considère comme un grand privilège qu'on lui permette, avec les congrégations sœurs de cette ville ancienne et vraiment catholique, de s'approcher respectueusement de Votre Grâce et du corps nombreux et distingué des prélats qui ont répondus avec empressement à votre invitation de rendre grâce à Dieu pour les bénédictions accordées durant deux siècles à l'Eglise Métropolitaine de Québec, laquelle a été la mère féconde de tant d'églises disséminées sur les trois-quarts de l'Amérique Septentrionale et régies et soutenues par leur affection paternelle et leurs soins éclairés. En ce faisant et en se joignant aux réjouissances générales causées par un événement aussi heureux que celui de la célébration du deux-centième anniversaire de l'établissement du diocèse de Québec, les Irlandais catholiques — toujours enfants soumis de leur Mère l'Eglise et fidèles à leur histoire en loyaux adhérents au siège de Pierre — désirent renouveler humblement l'hommage de leur amour et de leur affection pour Votre Grâce en particulier, et affirmer l'expression de leur profond respect pour les illustres hôtes de Votre Grâce. Ils veulent aussi profiter de cette occasion solennelle pour jurer

de nouveau fidélité aux principes de cette foi sainte et sacrée prechée à leurs aïeux par Saint-Patrick, et qui leur a été transmise pure et sans tache à travers des siècles d'affreuses persécutions, foi sainte si bien représentée aujourd'hui par Votre Grâce et vos frères les Archevêques et les Evéques dans la grande partie de cet hémisphère qui, à l'origine, devait allégeance au siège de Québec.

Les Irlandais catholiques n'ignorent pas les épreuves et les difficultés endurées et surmontées pour la cause de Dieu par les premiers pionniers de la religion en ce pays, afin d'en arriver aux splendides résultats aujourd'hui si visibles, et qui ne peuvent manquer d'exciter la surprise et l'admiration du monde, bien qu'ils ne fassent que confirmer tout cœur catholique dans la foi à cette protection infaillible que le Fils de l'homme promit à Son Eglise par cette ctmimission divine: «AUez, enseignez toutes les nations et comptez que je serai chaque jour avec vous jusqu'à la consommation de siècles.»

Quand nous nous rappelons le jour éloigné où Clément X déléguait au vénérable Laval le pouvoir spirituel sur le vaste territoire s' étendant des bouillantes eaux du Golfe du Mexique aux mers glaciales du nord ; quand nos yeux- sont frappés par le contraste du spectacle confus qu'offrait alors ce territoire, av(Mi le glorieux aspect que présente aujourd'hui cette immense région couverte d'églises, de séminaires, de collèges, et de toutes les autres exig^^nces et évidences d'un haut degré de civilisation, érigés en vue de la gloire de Dieu et du bien-être temporel des peuples ; quand nous mettons en regard du groupe

petit mais hôroïque des directinirs spirituels de ce pays, il y a deux cents ans, les cinq niillons an moins de fidèles que 'gouvernent aujourd'hui neuf archevêques, (juarante-cinq évèques, sept vicaires apostoli({ueset plus de quatre mille prêtres, nous ne pouvons manquer de voir en ce spectacle une consolation pour les afflictions et les persécutions infligées à l'Eglise en d'autres contrées, et une assurance de sécurité pour l'aveitir.

En même temps le fait que notre race a beaucoup contribué à ce glorieux ouvrage, nous cause un sensible orgueil. Si l'héroïque missionnaire français travailla aux premiers défrichements de l'Elglise sur ce continent, l'Irlandais émigré continua ce travail salutaire ; car les subdivisions de ce diocèse furent en grande partie nécessitées par l'augmentation de la population irlandaise et sa dévotion indicible, aussi bien sur ce continent que sur les parages lointains de l'Australie, aux principes immortels et aux enseignements de la foi de Pierre. Partout on l'Irlandais émigrant a dirigé ses pas, le Saggarth les a suivis. Leur importance dans cette commnnauté n'est point peu due à la persévérance énergique de celui dont le nom est devenu cher à tous, nous entendons parler de feu le Révérend Père MacMahon, le fondateur de l'église de Saint-Patrick à Québec. Nous nous enorgueillissons aussi à bon droit,— eh I qui voudrait nous en blâmer? — des noms illustres de nos propres parents et de nos amis qui ont si largement contribué à l'avancement de l'Eglise sur ce continent. Nous nous rappelons avec fierté l'illustre GarroU, premier éveque de Baltimore, frèr«

(If Charles Carroll de Carrolton, l'un des signataires de l'indépendance de l'Amérique, les England, les Spanlding-, les Kenrick, les PuruU, les Crenen, les Ryan, les McQuaid, les Fleming, les Phelan, les McCloskey, les Walsli, les Connolly, les SAveeney, les Lynch, et. nous ne l'oublierons jamais, ce grand prélat catholique irlandais, l'Archevêque Hughes.

En concluant, les Irlandais catholiques de Québec, reunis avec leurs compatriotes en religion, peuvent à peine trouver des mots suffisamment énei'giques pour exprimer à Nos Seigneurs les sentiments de bonheur, de vénération et d'amour avec lesquels ils saluent, en cette occasion si mémorable, la présence de tant de prélats distingués de l'Amérique du Nord, tous dignes successeurs de François de Laval. Ils espèrent seulement que dans la présente mais faible expression de ces sentiments, Vos Seigneurs ne manqueront pas de voir une réflexion de la nature sincère de la bienvenue enthousiaste qu'ils vous souhaitent en toute occasion, et surtout en cette occurrence importante qui vous a rassemblés dans les murs de rancieinie et historique cité de Québec.

Signé au nom du comité de l'église de Saint- Patrick.

John Hearn,

Président .

John Dkro.me, Jnnr. .

Assist.-Secrétaire.

VT

RÉPONSE PAR MGR. L ARCHEVÊQUE DE QUÉBEC

Messieurs,

Dans ce grand concert (Faction de grâce qne r Eglise catholiqne a rendn an Dieu Tout-Ppissant pendant les derniers dix-huit siècles, toutes les nations ont eu chacune leur partie distincte à jouer. A leur entrée successive dans le même corps, il leur était confié une mission spéciale que, dans la course du temps, elles devaient connaître et remplir. De même que la Harpe irlandaise, qui est composée (le tant de cordes séparées, forme un tout musical, ainsi les fils d'Erin répandus partout où la langue anglaise est parlée, forme un tout en glorifiant le nom du vrai Dieu vivant. En Angleterre, en Ecosse. en Australie, à TEst et à F Ouest des Tudes, et dans toute l'Amérique du Nord, F élément irlandais est F os et le nerf de nombreuses congrégcitions dont la fidélité et le dévouement à F Eglise catholique sont (lev(Mius proverbiaux. Eu plusieurs endroits F Evoque, le clergé, le troupeau et tous se réjouissent au nom du grand apotn^ de FIrlaude.

Comment cela s'est-il accompli ? Rappelons-nous le pour la graïuh^ gloire des enfanis de FIrlaude. Pendant l(^s trois derniers siècles, la main de fer de la persécution religieuse les a forcés de chercher la liberté de conscience sur des terres lointaines. Plutôt que d'apostasier ils ont préféré s'exiler de leur cher pays natal. La marque d'un véritable chrétien, donnée i»ar Fapôtre sainl Paul peut leur être appli-

fjttép : (Rom. VIII, 38,..) « Ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les pouvoirs, ni les choses présentes, ni les crimes, ni T abîme, ni les choses à venir, ni la force, ni aucune autre créature* ne peuvent nous séparer de T amour de Dieu.»

Et- ce n'est pas la seule gloire des enfants de rirlande ; car leur mission a été très-providentielle.

En disant adieu à leur pays natal, ils emportaient avec eux, enchâssée dans leur cœur, la foi des apôtres que leur avait transmise le glorieux saint Patrick ; et, a leur tour ils sont aussitôt devenus les habitants et les apôtres de plusieurs pays. On peut dire d'eux les paroles d'isaïe parlant au nom du Seigneur : {IIL 6.) '( Aussi mon peuple connaîtra-t-il mon nom en ce jour ; car moi qui parle, voyez que je suis ici. Combien sont beaux sur la montagne les pieds de celui qui apporte la bonne nouvelle, qui prêche le salut et qui dit àSion : — «Ton Dieu régnera, La voix de tes gardiens se fait entendre ; ils ont élevé la voix, ils rendront des actions de grâce ensemble ; car ils verront de leurs yenx quand le Seigneur convertira Sion. Le Seigneur a préparé son bras sacré à la vue des nations ; et chaque extrémité de la terre verra le salut de notre Dieu. »

Si nous jetons les yeux sur T immense territoire qui composait autrefois le diocèse de Québec, nous ne pouvons que nous rappeler les belles paroles du prophète que nous venons précisément de citer, et qui se sont si admirablement accomplies sur ce continent. Gloire éternelle en soit rendue au Dieu des miséricordes. Les enfants de saint Patrick ont été

fidèles à leur mission. J'en appelle au témoignage des vénérables et illustres Evèques qui sont ici présents.

Fiers comme ils sont de leurs congrégations irlandaises, moi, r Archevêque de Québec, je témoigne, avec joie, de la foi et du zèle de mes enfants irlandais, et, me joignant à ces prélats distingués, j'appelle sur vous, Messieurs, du fond de mon âme, sur vos familles et sur toute la congrégation de Saint-Patrick les bénédictions les plus abondantes du ciel.

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