‹ Le deuxième centenaire [microforme]Chapitre 108 sur 151 · LUE PAR L'HON. M. TH. FOURNIER · texte numérisé non relu

LUE PAR L'HON. M. TH. FOURNIER

A Sa Grâce Monseigneur l’Archevèque de Québec, et à Nos Seigneurs les Archevèques et Evêques des Diocèses autrefois compris dans le Diocèse de Québec

Messeigneurs,

Votre présence dans la plus ancienne métropole catholique de l’ Amérique du Nord pour célébrer le deuxième centenaire de la fondation de ce diocèse, grand encore aujourd’hui et si vaste à son origine, a fait naître dans les cœurs de tous les citoyens catholiques de Québec des sentiments d’allégresse et de reconnaissance qu’ils ont l’honneur de vous exprimer.

Descendants de la famille qui eut pour premier père spirituel l’illustre de Laval-Montmorency, nous sommes encore au foyer paternel, et c'est pour nous une joie indicible d’y accueillir, après deux siècles révolus, les vénérables pasteurs des nombreuses églises qui recorinaissent ce digne et sb, eg pen tife pour leur ancêtre dans la foi. :

: L'Ainérique du. Nord renferme aujourd'hui presqu'autant d’évêques qu'il y avait alors de prêtres. presqu'autant de prêtres qu'il y avait alors de chefs de famille catholiques ; les églises, les séminaires, les couvents, les hospices, les ordres religieux, les maisons d'éducation et de charité se sont multipliés sur la surface de ce continent ; mais en venant ici vous y trouvez les premières fondations, le tronc mème de cet arbre aux rameaux si nombreux et’qui produit de si beaux fruits de religion, de science et de vertu. ;

Les luttes de nos ancètres pour conserver et propager la foi sont encore les vôtres et les nôtres ; pour une partie d’entre vous et pour nous elles ont seulement changé de forme ; pour un grand nombre, elles sont encore identiquement les mêmes.

Les commencements, ce qu'il y a de plus difficile en toute choses, sont aussi ce qu’il y a de plus glorieux ; l'Ecriture nous le dit: le laboureur récolte dans la joie le fruit de la semence arrosée de ses pleurs ; les noms de plusieurs d’entre vous, fondateurs de nouvelles églises, seront un jour révérés à légal de celui de Monseigneur de Laval par des populations peut-être plus nombreuses que l'ensemble de celles qui sont représentées dans cette solennité.

À peine un demi-siècle s'est-il écoulé depuis qu'aux enfants de la France, la fille ainée de l'Eglise, sont venus se joindre ceux de l'héroïque Irlande cherchant sur nos rives une liherté religieuse que leur pays ne possédait point ; et déjà,

leur nombre est assez grand pour qu'ils puissent

Les TD aus faire entendre leur voix auprès de la nôtre, et se twanifester comme une noble et vigoureuse section de l’église du Ganada. D'un autre côté, depuis une vingtaine d'années seulement, nos compatriotes ont commencé à émigrer aux Etats-Unis et à se répandre dans les vastes contrées de l'Oubst, sur les traces des missionnaires et des pionniers qui les ont con: quises à la civilisation : et déjà, dans toutes les parties de l'Amérique, ils forment un élément important de la catholicité. Une imposante démons: tration faite sur le sol de la vieille patrie, nous à prouvé dernièrement avec quel amour jaloux ils avaient conservé nos traditions religieuses et nationales. Bien d’autres nationalités contribuent à former cette église du Nouveau-Monde qui s’accroit avec tant de rapidité, au milieu de tant d'obstacles : puissent-elles rester toujours unies dans la foi et la charité, fidèles aux conseils de leurs guides spirituels: et que votre modestie, Messeigneurs, nous permette de l'ajouter, toujours prêtes à suivre les grands et nobles exemples que vous leur donnez!

Puisse, Messeigneurs, cette démonstration porter dans vos diocèses respectifs ces fruits de grâce el d'union chrétienne que vous avez tant à cœur d'y voir prospérer ; puisse le ciel exaucer vos vœux et les nôtres et conserver dans toute la famille catholique de l Amérique cet esprit de persévérance et de sacrifice qu'il l’a toujours distinguée ; tout en la préservant des dangers qui menacent aujourd hui, sur tant de points, l'Eglise notre mère,

Unie pour la défense des droits du Souverain

Pontife, cette famille a de toutes parts répondu avec zèle aux appels qui lui ont été faits dans ces jours d'épreuve, et c’est.avec un légitime orgueil que nous voyons aujourd'hui le grand et immortel Pie IX récompenser la fidélité et le dévouement de cette partie de la chréttenté par les faveurs dont il vient de combler notre vénérable métropole.

Permettez-nous, Messeigneurs, de féliciter particulièrement le digne Archevèque de Québec et de l'idée généreuse qu’il a si noblement conçue et si heureusement exécutée et des honneurs conférés à l’ancienne cathédrale et nouvelle basilique de Notre- Dame de Québec, sanctuaire aimé et vénéré dès les premiers temps de la colonie, conservant dans sa majestueuse enceinte avec les grands souvenirs de notre histoire, avec les nobles empreintes de Part chrétien les preuves journalières de la piété constante de notre population.

Daignez, Messeigneurs, agréer nos remerciments pour l'honneur que cette mémorable réunion confère à notre cité, et accepter les vœux respectueux que nous formons pour votre bonheur et pour la prospérité des peuples nombreux confiés à vos soins. Veuillez leur dire que nulle part une sympathie plus entière et plus vive ne les accompagne dans leurs combats et leurs épreuves ; que nulle part des prières plus ferveztes ne s'élèvent pour leur triomphe, et demandez léur de nous continuer et d'augmenter, s’il se peut, cette réciprocité d'intention et de sacrifice qui forme le lien sacré ds toutes les pagties de l'église

militante, unie sous un même chef et sous un même drapeau dont il a été dit, et dont il sera toujours dit : «Sous cet insigne. la victoire ! »

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