‹ Le deuxième centenaire [microforme]Chapitre 113 sur 151 · LA · texte numérisé non relu

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C’est avec un bien vif sentiment de plaisir que j'ai accepté la faveur que m'a faite Mgr. l’'Archevèque en me priant de répondre à l'adresse que vous venez de présenter à NN. SS. les Archevèques et les Evêques réunis à Québec pour célébrer le deuxième centenaire de l’érection du Siége Episcopal de cette ville,

Faible interprète des sentiments des Vénérables Prélats au milieu desquels j'ai l'honneur de me trouver ainsi que de ceux qui n’ont pu se rendre à une invitation à laquelle il leur aurait été si doux de répondre, je n’hésite pas à dire comme vous, Messieurs, que Ce jour est vraiment un jour solennel,

Aussi nous remercions bien sincèrement Mgr.

F 1 û De l’Archevêque de Québec de nous avoir conviés à ce

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centre illustre qui est comme le berceau de la Ca:tholicité dans notre Amérique Septentrionale. C’est avec enthousiasme, amour et reconnaissante que nous revoyons la ville de Laval.

L'auteur même des merveilles de beauté que tout le monde admire ici avait inspiré à son représentant sur la terre la pensée dy établir un Siége Episcopal, Ce siége dominait des horizons encore plus grands et plus variés que ceux que commande le point “ulminant où est assise la vieille et noble cité de Champlain. L'œuvre de la création morale et intellectuelle devait l'emporter sur ce chef-d'œuvre de la création physique. Nous venons de l'Orient et du Couchant, du Septentrion et du Midi, pour affirmer ce résultat si consolant et nous incliner et prier dans la Basilique qui est la mère ou laïeule des diffé: rentes églises confiées à nos soins.

Oui, Messieurs, nous sommes venus nous réjouir avec vous et parmi vous de ces preuves multiples de la vitalité du Christianisme.

Nous admirons sans doute le progrès matériel qui s'est opéré depuis 200 ans, puisqu'aujourd'hui même lélectricité va porter à presque tous les points d’où nous venons la nouvelle du bonheur que nos cœurs goûtent en ce moment ; et c'est à la vapeur utilisée par le génie que nous devons d’avoir pu nous réunir en si grand nombre. Quelques grands que soient ces résultats, le progrès intellectuel et moral auquel il nous est donné de pouvoir rendre témoignage, a une plus prodigieuse et plus consolante expansion.

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D'un océan à l’autre, des glaces de la mer polaire aux plages brûlantes du golfe du Mexique, dans tous ces pays confiés, il y a 200 ans, à la juridiction de Mgr. de Laval, la nouvelle du salut a été portée, le Saint nom de Dieu connu, les bourgades sauvages et infidèles changées en chrétientés ferventes ou remplacées par des millions d’adorateurs du Sauveur des hommes. Partout se sont répandus les bienfaits de la civilisation chrétienne.

Nous vous remercions, Messieurs, de vouloir bien affirmer que nous ne sommes point étrangers à cette transformation, digne sujet d’admiration pour tout le monde entier. Concourir dans la mesure de notre capacité aux heureux changeuents opérés était un devoir pour chacun de nous. Dieu nous en avait donné la grâce et Mgr. de Laval nous en avait donné l'exemple. L’illustre fondateur du Siége de Québec portait un bien vif intérêt à l'éducation religieuse de tout le peuple. Il avait établi à Saint-Joachim une école normale pour former des institutions en état de cultiver plus encore le cœur que Pintelligence des enfants du pays. Il y avait adjoint un vaste atelier où les jeunes gens apprenaient toutes sortes de métiers, en apprenant à lire, à écrire, à compter et surtout à servir Dieu. En mème temps, il songeait à se former un clergé en fondant le Séminaire de Québec, qui devait être l’âme de toutes ces institutions. Et comme me l’écrivait l’Illustrissime visiteur de notre Université, « si les besoins du pays l’eussent alors réclamé, il aurait sans doute fondé une université pour couronnet tout l'édifice, et ses successeurs l'ont fait. »

C’est ainsi que doué du coup d'œil et de l'énergie qui distinguent les véritables grands hommes, Mgr. de Laval a commencé à doter notre cher Canada des institutions qui lui ont assuré les hommes éminents qui ont fait la gloire de l’ Eglise et de l'Etat. Tous ceux au nom desquels je parle ne sont que les succèsseurs de Mgr. de Laval, trop heureux si nous pouvons conserver son esprit en nous partageant son noble et riche héritage. Cet héritage, en effet, est bien riche, puisque notre nombre de près de 60 n'empêche pas que, tout récemment encore, on ait choisi dans Québec même un nouvel héritier pour lui confier sa part de ce vaste domaine, et malgré ces divisions et mel il n’en est aucun de nous qui se trouve à l’étroit dans le champ confié à sa sollicitude. Cet héritage est bien noble aussi, puisque Dieu lui-même s’est chargé d’en faire le partage et de remettre à chacun de nous la part qu’il veut bien lui assigner.

Héritiers et successeurs de Mgr. de Laval, nous devions marcher sur ses traces et la grâce de Dieu nous à permis de suivre son exemple.

Plusieurs villes épiscopales fondées ir les limites de l’ancien diocèse de Québec sont, à l'instar de la vieille métropole, devenues des Fu ardents d’où l'on voit rayonner la lumière, la chaleur et la vie. Des colléges, des séminaires se sont élevés en grand nombre. Si dans certains endroits ces établissements ne s'élèvent pas encore au-dessus de la condition modeste des ateliers de Saint-Joachim, dans d’autres, au contraire, ils aspirent à l'élévation et à l'éclat

qe les vénérés successeurs de Mgr. de Laval ont fait

briller sur son séminaire de Québec. Mgr. de Laval était trop évêque pour ne pas fonder une Université si lé besoins du pays l’enssent alors reclamé. Le bien que vous faites, Messieurs, la gloire que vous répandez sur notre patrie font briller Ia couronne universitaire d'un si vif et si noble éelat, que naturellement nos cœurs soupirent après le moment où il sera donné à toutés nos villes épiscopales de s’ abriter sous un fleuron de cette couronne et d’en posséder quelques joyatix.

Sans envier le bonheur des cités qui ont déjà l honneur et l'avantage de voir briller sur leur front cette couronne, gage d’immortalité, il est bien permis d'appeler de tous ses vœux le moment fortuné où tous ceux qui sont confiés à nos soins pourront puiser à ces sources si pures et si vivifiantes.

Comme vous l’observez si bien, Messieurs, nous célébrons aujourd’hui cette belle fête pour nous encou. rager à suivre les traces de nos devanciers et quand ces devanciers sont ce que l’histoire nous montre avoir été et être encore, Mgr. de Laval et ses successeurs sur le siége de Québec, il y a un bien vaste champ ouvert à une sainte mission.

Les succès obtenus ne peuvent qu'encourager nos efforts. Après avoir vu et entendu ce que nous admirons tant ici, nous nous sentons disposés à marcher avec une plus vive ardeur vers de nouvelles conquêtes. Votre amour n’est donc pas seulement utile à la jeunesse à laquelle vous prodiguez des soins si intelligents et si assidus, je ne crains pas

d'affirmer qu’il nous est utile à nous-même.

Merci donc Messieurs du bien que vous faites.

Merci aussi, M. le Recteur et Messieurs les membres l'Université-Laval, de vouloir bien nous offrir un témoignage aussi éclatant de votre respert, Veuillez bien croire que des nombreux et touchants souvenirs que cette imposante solennité a gravés dans nos esprits et dans nos cœurs, la visite et l'adresse de l'Université-Laval ne seront ni les moindres ni les moins agréables.

Car, Messieurs, si vous savez apprécier ce qne l Episcopat fait pour la gloire de Dieu, le bonheur des peuples et l'honneur des nations, lEpiscopat, de son côté, ne peut pas ignorer ce que font dans le même sens les universités catholiques. Mes vénérables collègues et moi savons et sommes heureux de reconnaître ce qu'est et ce que fut l’Université Laval. Fille de la religion, après avoir reçu au pied du trône la sanction de notre gracieuse et bienaimée Souveraine, elle ne s’est pas contentée de ce souffle puissant de vie civile et sociale, mais elle a sollicité du Vicaire même de Jésus-Christ le souffle de vérité qui est comme son âme et son plus précieux. titre de gloire. Les fondateurs de l’Université-Laval ont compris qu'au milieu des incertitudes et des erreurs de la science humaine, il fallait la certitude et l’infaillibilité de l’enseignement catholique.

Ils se sont mis sous l'égide et la direction de celui qui a mission d'enseigner toute vérité, cette vérité qui n’admet ni fraction, ni morcellement, ni hésitation, ni compromis.

L’'immortel et bien-aimé Pie IX ayant approuvé

et béni votre œuvre, le succès ne pouvait pas étre douteux, le résultat incertain.

Créée sous le souffle puissant du Saint-Siége, il était tout naturel à l’Université-Laval de comprendre que c’est le Saint-Esprit lui-même qui a préposé les évâques à la régie de l'Eglise de Dieu et de tout ce qui a mission de concourir à la sanctification des âmes et à la diffusion des vraies lumières. Aussi, quelle consolation pour tous les cœurs chrétiens d'entendre affirmer que c’est sous la direction et la haute surveillance des princes de l’ Eglise que vous rmarchez vers la fin sublime à laquelle vous tendez.

Tous ces avantages sont la conséquence naturelle du but de la fondation de l'Université. Son nom même est un drapeau, autour duquel il est doux de se rallier. La noblesse, le dévouement, l'esprit de justice, l'amour de la science et pardessus tout le culte de Dieu et de sa vérité s'unissent nécessairement au mot Laval. Toutes ces grandes et saintes choses sont l’apanage naturel de l’Université qui est l'honneur de notre pays. Toutes ces grandes et saintes choses vous sont confiées, à vous, Messieurs, qui êtes l'honneur de l'Université.

Aussi, ils seront bien différents de nous, ils auront des pensées et des sentiments bien différents des nôtres, nos arrière-neveux, si après avoir pu contempler pendant des siècles ce que nous admirons après des années, ils ne s’écrient pas avec une siucère Conviction et une vive reconnaissance : l’Eglise a passé par là!

ADRESSE DES CTOYENS DE LA VILLE ET DE LA PAROISSE DE SAINT-GERMAIN DE RIMOUSKI

LUE PAR A. DASTOUS, ECR., CONSKILLER-DE-VILLE,

A Sa Grâce Mgr. Ezz. ALEx. TASCHEREAU, Archevèque de Québec.

Monseigneur,

En ce beau jour, jour solennel et cher à tous les Canadiens, les soussignés, habitants de la ville et de la paroisse de Saint-Germain de Rimouski, s’estiment heureux d’avoir à prendre part à la commémoration du deux centième anniversaire de la fondation du Siége Episcopal de Québec, de cet événement qui a été l'inauguration du progrès religieux, de la civilisatisn et de la prospérité matérielle du Canada. C'est en devenant les interprètes des fidèles du district de Rimouski tout entier que les sigrataires de cette humble adresse viennent exprimer à Votre Grâce les sentiments que leur inspire la circonstance et vous adresser leurs congratulations particulières à l’occasion de la haute co-opération donnée par elle à la commémoration de cette date mémorable.

Les soussignés, en effet, sont d'autant plus heureux de s'exprimer, comme ils le font en cette circonstance, en s'adressant à Votre Grâce que notre digne prélat, Monseigneur de Rimouski, nous en a donné le premier exemple par sa lettre pastorale à cette mème intention.

C'est en voyant en vous, Monseigneur, le trèsdigne Métropolitain de la Province, que vos enfants dans la foi, les soussigæés, se réjouissent de ce qu'il a plu au Souverain-Pontife, l’ Auguste Pie IX. d'élever au rang de Basilique Mineure cette église de Québec, déjà tant illustrée par le premier de vos prédécesseurs. Cette haute attribution, accordée à la métropole catholique de Québec a touché les cœurs et les a remplis de joie. |

Par votre église, Monseigneur, ont été formés dans l'espace restreint de deux siècles, cinquante-neuf diocèses ; elle a porté le flambeau de l’évangile jusqu'aux limites les plus reculées de l’ Amérique du Nord, d’un océan à l’autre ses temples s'élèvent par milliers sur le territoire américain. Sa Grâce divine, en favorisant le dévouement de l’illustre et saint prélat qui a jeté Les fondements de cette église, l’a fait grandir et se développer avec un étonnant progrès. Le grain de sénevé semé par Monseigneur de Laval de Montmorency est devenu un grand arbre plein de sève, faisant naître des espérances qui se réalisent tous les jours. Honneur à vous, église de Québec, qui avez, par vos zélés et vertueux prélats, brillé d’un éclat si vif et si pur dans le vaste domaine de la chrétienté. Honneur à vous, car vous êtes grande par votre foi, comme vous le fûtes toujours par votre dévouement à la cause de l'Eglise.

Permettez, Monseigneur, aux soussignés de vous le dire une fois de plus : c’est avec bonheur que les fidèles de tous les diocèses vous voient occuper le ‘siége du glorieux fondatéur dont la mémoire est impérissable. L’illustration de cet homme immor-

tel érlipsa pour ainsi dire celle de sa noble famille, Il est donc bien permis à tous de se réjouir, en voyant ses vertus revivre dans ce Corps épiscopal qui, dans ce jour, forme une reunion commémorative si imposante autour de son tombeau.

Ce sont là, Monseigneur, les pensées de tous; mais ious s’empressent d'y ajouter le souhait qu’ils forment sincèrement en commun dé vous voir tenir pendant de longues années pour le bonheur de la communauté catholique, le siége archiépiscopal de Québec.

Ville de Saint-Germain de Rimouski, Ler octobre 1874.

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