XXXII : INTRODUCTION
En apparence beaucoup plus riche d'avenir, douée d'un sol fertile et d’un climat délicieux, la Louisiane semblait être la plus importante des provinces du grand empire que Louis XIV, Colbert et Talon avaient rèvé. Malgré tous ces avantages, peut-être même à cause de ces avantages, elle n’a point conservé sa nationalité française aussi intacte que le Canada, moins favorisé de la nature et soumis à de plus grandes épreuves. Les lignes suivantes, écrites il y a plus de vingt ans, seront peut-être encore ici à leur place.
« Les descendants de ces 80,000 français forment aujourd’hui un million d’âmes et il n’y a pas un siècle qu’ils ont été séparés de la France. Ils ont doublé trois fois de 1759 à 1852, c’est-à-dire un peu moins que tous les 24 ans.
» Ce million lui-même, disséminé comme il l’est parmi les 24 millions de la' république américaine et les deux millions et demi de l'Amérique anglaise, peut paraître insignifiant aux yeux de l’économiste et du diplomate. Il ne l’est certainement pas aux yeux de l'historien, du philosophe, du poëte et du moraliste.
» La France avait jeté les germes de trois nationalités françaises distinctes sur le sol de l Amérique ; si elle ne les eût pas abandonnées, trois filles braves, belles et fières comme elle, les nations Canadienne,