RASE: NE
Grandes ombres de notre passé, en ce jour solennel où l’on érige en basilique l'église qui vous a vues uaitre, prier et mourir, secouez la poussière séculaire de vos tombeaux, sortez de terre et venez chanter avec nous l’hymne de la réjouissance.
Venez contemnler lés fruits merveilleux que votre æuvre a produits. Au lieu des huit cents habitants qui peuplaient la modeste capitale, il y a deux siècles, fourmillent à vos pieds les soixante mille citoyens qui l’habitent aujourd’hui. Voyez ces toits innombrables monter de la ville basse en s’étageant jusqu'à la cime du Cap-aux-Diamants, courir sur l'énorme rocher vers les plaines d'Abraham, et descendre en amphithéâtre jusque sur les bords de la rivière Saint-Charles dont les empiétements journaliers du progrès retrécissent de plus en plus le cours.
Promenez vos veux étonnés sur la rade imposante où c'était un événement, de vos jours, que d’apercevoir un ou deux brigantins. Des centaines de navires s’y balancent maintenant, chargés des riches produits de toutes les contrées, et élevant vers le ciel une forêt de mats sur lesquels flottent les couleurs de toutes les nations.
Admirez enfin ces centaines de villes et de bourgs qui s’échelonnent sur les deux rives du grand fleuve, et tressaillez d’un noble orgueil au bruit des clameurs enthousiastes de plus d’un million de Canadiensfrançais dont les voix reconnaissantes s'élèvent vers vous comme un tonnerre d’applaudissements..……
Si pourtant vos yeux craignaient la trop grande . lumière du jour, attendez que l’obscurité soit venue.