‹ Le deuxième mystère de l'incarnationChapitre 10 sur 21 · PREFACE XV · texte numérisé non relu

PREFACE XV

homme, a dit ^lanc de Saint-Bonnet avec une singulière éloquence, est r addition de sa race. . . » Depuis des années et des années, ses ancêtres avaient remué la terre^ subi les colères et les caresses du ciel, vécu^ parmi les plantes et parmi les bêtes, cette vie à demi animale, à demi végétative qui est celle des laboureurs et des bergers. Ils avaient pensé aussi, les pauvres; ils avaient pâti, les serfs ; et un instinct de révolte avait frémi en eux, obscurément ( i ) . Tandis que le jeune écrivain, leur descendance, s'escrimait sous la discipline de Baudelaire et parmi les chefs de choeur du néo-romantisme, tous ces ferments de la sève rustique s'agitaient en lui, qui les igf tarait, et cependant il allait peinant et s'^ efforçant. Il multipliait les expériences. Il affinait sa phrase, mais inquiet de lui-même, mais endolori et incapable de se procurer cette apaisante ivresse de la certitude qui résulte d'un accord parfait entre nos facultés et leur emploi. Il a décrit lui-même les affres de ces lointaines années dans la nouvelle des Va-nu-pieds presque littéralement autobiographique, à laquelle il a

(i) Voir pour le développement de ces idées sur l'hérédité, chez M. Gladel, son roman de N'a qu'un œil.

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