‹ Le développement de l'Afrique; traduit de l'anglais sur la 2e édChapitre 9 sur 33 · ERREURS ET OMISSIONS · texte numérisé non relu

ERREURS ET OMISSIONS

Page 64. 3" pjiragraplie, omis: Dans le cœur de l'Afrique, dans la région do la forêt du Congo, on trouve une zone de plus do 50 pouces qui s'étend jusqu'aux réservoirs du Zaniboze.

Page 73, au bas de la page : une immense surface de sable d'une extension infinie et non indéfinie.

Page 95, lire : Sanatorium et non Sanitarium.

Page 1 13, 2" paragraphe, lire : les Nama et non les Hama.

Page 148, lire : les Yoïof et les Mandingues et non Ouolof.

Page 173, 3' paragraphe, lire : Aucune nouvelle mission, et non : De nouvelles missions.

Page 248. 4'" paragraphe : Dès 1850-51 Gallon et non Gaston.

Page 253, en haut de la page : La rivière Chindé et non Chiré.

Page 374, L'auteur applique l'expression de àroii àe préemption ans. droits que l'Angleterre se réserve avant toute autre nation sur les territoires au sud du Zambèze au cas où le Portugal voudrait s'en dessaisir.

CHAPITIŒ PREMIER.

A vol d'oiseau

Le continent paria. — Si>n antiquité géologique. — ÎMatc;m continental. — Absence de golfes, etc. — Systèmes géologicpies. — Ressemblance avec le type continental. — Traits physiques caractéristiques — Zone côtière. — Plateau intérieur. — Axe continental.

— Élévation de la masse continentale. — Lois générales de structure — Vaste étendue de l'Afrique. — Kelief du continent. — Cataractes. — Surfaces de drainage. — Bassins océaniques. — Bassins intérieurs. — Systèmes fluviaux. — Décharges des fleuves.

— Lacs. — Etude comparative des établissements politiques et des surfaces d'écoulement. — Obstacles physiques à l'extension politique

L'Afrique est le paria des conlinenLs. Si la nature lui a prodigué les dons les plus généreux, elle a opposé en même temps à leur jouissance certains obstacles, certaines restrictions qui n'embarrassent aucun autre continent. Bien que l'Egypte et le littoral de la Méditerranée aient vu l'aurore de la première civilisation, certaines causes, et en premier lieu des phénomènes géographiques particuliers, ont entravé le développement de l'Afrique. C'est pourquoi nous avons été amenés à refaire aujourd'hui la découverte du continent et à exploiter ses ressources naturelles.

L'Afrique est, dit-on, une surface continentale d'une très grande antiquité, une large portion étant assise sur des rochers appartenant aux époques

archéoniies, paléozoïques el au temps niésozoïqiie. Ce sont là, il est vrai, des termes géologiques qui pourraient ne pas convaincre le lecteur. Cependant, si l'on exigeait d'autres preuves de l'extrême antiquité du continent, on les trouverait dans la simplicité et la singulière uniformité de sa ligne côtière. Il y a là un phénomène qui arrête l'attention.

Les gé(^logues considèrent comme plateau continental, non seulement la grande masse de terre ferme, mais aussi son extension sous la mer à une profondeur de mille toises fl. Ce plateau continental correspond <le très près, dans sa direction, avec la direction actuelle du litloial à l'est, au sud, à l'ouest et au sudouest. La terre ferme d'Afrique occupe, en somme, presque la f-urface entière du plateau continental. La ligne des côtes est caractérisée en général par l'absence des baies pi'ofondes, des golfes étroits, qui sont les accidents distinclils du littoral bien plus moderne du noid ouest de l'Europe. Il nous manque aussi la gracieuse forme péninsulaire qui distingue le continent Eurasien. Il résulte de ceci (jue l'Afrique, avec une surface trois fois plus grande que celle de l'Europe, mesure seulement 17,700 milles dans l'étendue de son littoral, tandis que les côtes de l'Europe ont une longueur plus grande de près de 2,000 milles.

Cette absence caractéristique de baies et de golfes en Afrique, enfin de toute large échancrure dans ses bords, s'explique par l'incessant lavage du continent, rimmenso amas de détritus empoités par les rivières

(') La toise a l'"829.

les ayant avec le temps grnduclleinent conihlccs. 1^ golfe (le Guinée, (jiioi(|u'oii lui donne ce nom, n'est pas, à proprement parler, un véritable golfe; tandis que le golfe d'Aden vl la mer Kouge, avec laquidh; il conimuni(jue, appartiennent aussi bien à l'Asie qu'à l'Afiique; ils séparent seulement les deux continents et font de l'Afrique une île immense, car le canal de Suez. (|ui a 78 milles (') de longueur, lui confirme cette qualité ipso facto. Dans la Méditerranée, dans les anciennes Syrtes seulement, nous retrouvons quebjue chose comme un vrai golfe. Au sud de ce petit golfe et dans plusieurs localités le long des côtes de la .Médilerianée et de la mer Rouge se trouvent actuellement des dépressions plus basses que le niveau de la mer, et qui ont dû, à une époque reculée, être les sommets de golfes et de détroits qm ont graduellement dis[)aru à njesure que la terre s'exhaussait. Des coteaux élevés an loin dans l'intérieur des terres marquent actuellement les points où la mer venait autrefois briser ses vagues.

Du système géologique de l'Afrique, il y a peu de chose à dire. Toutes les grandes divisions y sont représentées, mais il est à noter que les couches archéennes, pab'ozoïques et mésozoïques occupent la majeure partie de la surface. Les roches de la dernière époque mésozoïque s'étendent sur un long trajet dans la portion nord du continent, tandis que les dépôts tertiaires se développent similairement à travers les vastes régions qui appartiennent au bassin de la Méditerra-

• l.r mille arii^lais a IMiOO iii.-lres.

née. La côte ouest, coiUrairemenl aux côles nord et est, s'est toujours maintenue avec une persistance reniaïquable à travers un immense espace de temps, car elle semble avoir été ébauchée à l'époque lointaine dite époque paléozoïque. La répartition générale des roches de cet âge et les schistes de l'époque antérieure archéenne à travers le continent sembleraient indiquer qu'à l'époque paléozoïque, la majeure partie de ce qui est maintenant de la terre ferme était alors sous les eaux. Nombre de petites îles composées de roches archéennes doivent, à celte époque, avoir peuplé cette mer, \um\ seulement sur la côte ouest, mais aussi le long du grand axe continental et ailleurs. A l'époque mésozoïque, la contrée a l'ouest ainsi qu'au sud et à l'est avait considérablement augmenté son étendue; mais les vastes surfaces de l'intérieur sembleraient avoir été occupées par des mers peu profondes. Dans ces étendues, nous trouvons aujourd'hui, dans le nord de l'Afrique, les couches jurassiques et crétacées, et dans le sud et le centre, les terrains triasiques. La majeure partie du continent semblerait donc avoir été une terre ferme, après l'époque mésozoïque. Lors de cette dernière époque, de grandes éruptions volcaniques se sont produites dans l'est de l'Afrique, et il est probable (jue ces éruptions correspondaient au mouvement résultant de l'expansion du grand axe continental; de là cette énorme arrête de terres élevées qui traverse le continent dans une direction nord-est-sud-ouest et les déformations de la croûte terrestre qui se sont [iroduites le long de la région où nous trouvons aujourd'hui les grands lacs. Les seuls

dépôts quaternaires et du dernier âge (ju'il nous faut mentionner sont d'énormes dépôts d'alluvions (jue nous rencontrons le long du cours des principaux fleuves et de leurs tributaires, et dans les sables amoncelés qui recouvrent les vastes régions desséchées du nord de l'Afrique.

Dans sa configuration générale, l'Afrique se conforme au type continental. Les plus hautes altitudes se trouvent, suivant la loi générale, du côté qui fait face à la plus grande piofondeur de la mer, c'est-àdire du côté de l'océan Indien. Les échancrures terrestres sont dues principalement à l'action de déperdition qui dérive de la constitution géologique et de la structure des roches.

D'après ces traits caractéristiques, nous pouvons dire (jue cette terre ferme de l'Afrique occupe la plus grande partie du plateau continental et que la ligne des côtes est presque absolument dépourvue de grandes échancrures. Cette absence de baies spacieuses, de rades protectrices a joué évidemment un rôle important dans le développement politique de l'Afrique. Ce caractère de plateau que revôt le continent a de même été un obstacle aux entreprises européennes dans l'intérieur du pays, et a fait de l'Afrique l'exilée qu'elle est aujourd'hui.

Du fond des abîmes des mers qui l'entourent, le 'iéoiogie. continent s'élève de terrasse en terrasse. Une étroite zone de côtes de 100 à 500 milles de largeur et ne déf tassant pas 600 pieds d'élévation, entouie la plus grande partie du continent. Là, les puissances maritimes de l'Europe ont timidement établi leurs colo-

nies, à rcxpansion desquelles une ligne cùlière doit servir de bnse essentielle. Cette zone cùlière pénètre plus avant dans les terres méditerranéennes, à l'est des montagnes de l'Algérie, dans le Saliaia occidental et le long des vallées du bas Niger et d'autres grandes rivières.

apuic. Le grand plateau intérieur surgit brusquement de la ceinture cùtière, la pluj)art du temps par échelons ou par une succession de terrasses, ses plus hautes altitudes se trouvant dans le nord-est. Comme ce vaste plateau intérieur, variant entre 600 et 3,000 pieds d'altitude au-dessus du niveau de la mer, compose la plus grande partie de l'Afrique et comprend beaucoup de plateaux subsidiaires, il convient peut-être de le distinguer de ses parties constituantes en lui appliquant le terme que j'ai déjà employé dans son sens strictement géologique, celui de plateau continental.

11 est cependant à observer que plus nous étudions le nord de l'Afrique, particulièrement les régions sahariennes, moins nous constatons la permanence du plateau-type, bien que, dans la moitié de la région sud de l'Afrique, ce type soit bien défini.

Le grand axe de ce plateau continental, comme nous le désignerons dorénavant, s'étend comme une arête dans une direction sud-ouest-nord-csl de la côte sudouest aux rives de la mer Kouge, près de laquelle nous trouvons les noyaux principaux qui constituent toute la région volcanique des montagnes de l'Abyssinie (^). Sur cette arête viennent se rattacher trans-

(•) Je dois faire remarquer que la carie relative à ce chapitre ne fail pas ressortir ces axes transversaux subsidiaires du continent.

versaleiiitMit à ce jçr.imJ axe dans une (liriicti(J!i u )r(louest trois axes subsidiaires; l'un suit les bards d • la mer Kouge, la sépaïaiit du bassin du Nil; un antre court parallèlement à la côte de l'ouest, d'une façon pins on moins continue; et le troisième prend une direction médiane divisant les réseaux des bissins du Nil et du Congo, clen lant un bras puissant à travers le Sahara, jusqu'à une distance relativement faible de la Mèdil(îrranée.

L'altilude moyenne de l'Afrique, d'environ 2,000 pieds ('), est à peu près l'élévation moyenne de la surface entière du globe. L'Afrique doit par conséquent être regirdée comme un plateau d'une élévation modérée. Son altitude movtMine est bien dépassée par cellede l'Asie. D'après ce que l'on connaît, ses plus hauts sommets sont le Kénia, situé sous l'équateur, et le Kilima- N'djaro, un peu plus au sud. L'altitude de ce dernier est évaluée à 10,720 pieds au-dessus du niveau de la mer, tandis que le précédent a une altitude d'environ 48,400 pieds. M. Stanley a découvert, en 188!), dans le groupe de Uuwenzori, situé dans la région des sources du Nil, des pics couverts de neige qui ne peuvent avoir moins de 18,000 pieds d'élévation. Les hautes montagnes se rencontrent encore dans le sud de l'Afiique, en Abyssinie, sur la côte de Guinée, dans le M uoc et dans le Sahara. Il est inutile de les énumérer ici, nous aurons l'occasion d'y revenir. Pour le moment, nous avons à nous occuper uniquement des grandes divisions et des caractères généraux.

[■ j ï.r picii est (le .")(! r(.'nliiiiflrcs et dciiii fii\ irori.

Pour la division des grands systèmes orographiques de l'Afrique, on verra que les montagnes ne suivent pas exactement la loi générale qu'elles observent dans les autres continents : ainsi, la plus grande partie de l'axe continental correspond à sa longueur. Toutefois, si nous envisageons les axes subsidiaires qui s'en détachent, nous y observons une seule exception à cette loi physique. Une autre loi générale est, par contre, très observée en Afrique : c'est que les plus grandes îles se trouvent dans le sud et dans l'est des continents. C'est ainsi que nous avons Madagascar, qui, à une époque reculée, faisait partie du continent et qui, suivant la loi générale, est située au sud et à l'est. Madagascar, s'élevant elle-même de terrasse en terrasse comme sa terre originaire, est, il est vrai, la seule île africaine d'une certaine étendue. Dans le golfe de Guinée, on trouve plusieurs petites îles volcaniques, se développant dans une direction sud-ouest à partir des monls Cameroun; un petit groupe d'îles volcaniques apparaît sur la côte nord-ouest, mais ces îles sont relativement insignifiantes.

Il est difficile de déterminer l'immense étendue de l'Afrique. Toutefois, si nous cherchons son centre continental, c'est-à-dire le point de l'intérieur le plus éloigné des côtes, nous trouvons que pour l'atteindre nous avons à traverser une dislance de plus de l,iOO milles. Ce n'est qu'en Asie, où le point central est éloigné de 1,600 milles, que nous avons une plus grande distance à parcourir, mais il est vrai que l'Asie est d'un tiers plus grande que l'Afrique. 'lïc^" Les bords extérieurs des grands plateaux de l'Afri-

que, coiniîie ceux ilcs aulres continoiils, soiil |)Iiis élevés quo leurs parties ( entrales, de façon à préseiiler conlre la mer une soiie de ieni()arl naturel. Ce lelief particulier du continent, en même temps qu'il en déterminait le système iiydioj^rapliicpie, a oj)posé un des plus sérieux obstacles aux incursions dans l'intérieur. Les rivières et les lacs sont, bien entendu, les voies naturelles de communication. Mais toutes les grandes rivières, tant dans leuis cours su|)éiieurs que dans leurs cours moyens et inférieurs où elles se frayent un passage à travers les roches qui entourent les plateaux, ont, par suite, leurs lits remplis de toutes sortes de masses rocheuses qui obstruent leurs cours, et leur pente est si brusque que les eaux [)récipitées forment des rapides, se brisent en cataractes et tombent tout d'un coup d'une grande hauteur pour s'élancer violemment dans la mer. De ce que le plateau intérieur ou continental est voisin des côtes, il résulte que toutes les grandes rivières ont leurs cours navigabl«\s inteiTompus à une distance relativement courte de leurs embouchures. Par suite, de sérieux obstacles entravent la liberté du commerce entre l'intérieur de l'Afrique et le monde extérieur.

Alin de déterminer le relief physique de l'Afrique, nous allons essayer de décrire la disposition de ses bassins océaniques et intérieurs, de façon à expliquer le plus clairement possible les principales inclinaisons du continent sur la mer ou vers ces bassins intérieurs, dont les eaux ne vont jamais rejoindre l'océan. Sous ce rapport, l'Afrique s'accorde avec l'Europe et l'Amérique : environ la moitié des terres

du globe envoient leurs eaux dans l'océan Atlantique. Les bassins océaniques de l'Afrique sont :

Page 1