‹ Le développement de l'Afrique; traduit de l'anglais sur la 2e édChapitre 10 sur 33 · L'océan Indien ; a. Madagascar · texte numérisé non relu

L'océan Indien ; a. Madagascar

4. Nous avons de plus trois bassins intérieurs : a. Désert du Saliara;

h. Désert de Kalaiiari;

c. La pointe orientale de l'Afrique.

Si l'on consulte la carte, on voit d'un coup d'œil combien le bassin de l'océan Atlantique est plus considérable que tous les autres bassins du continent africain. 11 comprend les grands systèmes bydiograpbiques du Niger et du Congo, indépendamment de tous les fleuves de la côte occidentale. A lui seul, le Congo roule probablement un aussi grand volume d'eau que tous les autres fleuves réunis de l'Africfue, le Niger vient ensuite, puis le Zambèze, et ce n'est que le quatrième que le Nil peut cire rangé par son débit d'eau. Le Nil, qui prend sa source au-dessous de l'équateur, est le seul fleuve important du bassin de la Méditerranée, son cours magnifique s'étendant au loin dans l'intérieurde l'Afrique. Quant au bassin de l'océan Indien, il comprend, indépendamment des fleuves de Madagascar, tous les fleuves de la cote oiientale, parmi lesquels le Zambèze et le Limpopo sont les plus importants depuis le Cap jusqu'à la pointe orientale.

Pour les bassins intérieurs, bassins qui ont leurs systèmes hydrograplii<|ues propies, le plus vaste de beaucoup est celui du Sahara, qui, dans le sud, louche

le Soudan. Le lac Tcliad est situé dans une dépression de terrain, mais nullement, comme on a pu le croire jadis, dans la partie la plus basse du plateau saharien. Indépendamment du remai(pial)l(î bassin enfermé entre les montagnes de rAI)yssinie et la mer, dans lequel se trouvent des dépressions restreintes et profondes, il y en a un tioisième qui envelpppe le désert de Kalabari et renferme le lac N'Gami. Nous avons là des régions à peu près désertes ou dépourvues de cours d'eau, dans lesquelles les pluies animelles ne s'élèvent pas à plus de cinq ou dix pouces ('); l'explication et l'origine de ce phénomène, bien que dû en partie à la configuration du sol, seront données ultérieurement, lorsque nous nous occuperons des conditions météorologiques de rAfri(pie.

Si nous comparons les grands fleuves de l'Afrique avec les grands fleuves du globe, nous verrons que le Congo occupe le second rang après l'Amazone, en ce qui constitue un fleuve important, c'est-à-dire en raison de la surface qu'il arrose et de la quantité d'eau qu'il roule. De ce fait que leurs embouchures se trouvent situées sous l'équateur ou dans son voisinage, il résulte que leurs bassins ont à subir des pluies excessives, ce qui explique suflîsamment la masse anormale de leur décharge. Mais en ce qui concerne seulement la longueui', le Congo est surpassé par six grands fleuves. Parmi eux, le Mississipi-Missouri vient en tête sur la liste avec une longueur de 4,102 milles ei le Nil vient ensuite avec 4,018 milles. Dans son cours immense à

(') Le pouc»; est d'environ 2 ccnlinii'tn-s *•! «Ifini.

travers le désert, le rs'il perd plus d'eau par évaporaliou qu'aucun autre fleuve d'égale ou de moindre iniporlance : de là le volume relativement faible de sa décharge.

La décharge d'un fleuve peut être considérée comme à peu près égale à l'excès des pluies sur l'évaporation qui se produit dans son bassin. La décharge annuelle des fleuves des régions tropicales a été calculée par le D'^ John iMurray, comme formant environ le cinquième des eaux do, pluie dans le bassin d'un fleuve; mais le Nil déchaige seulement un trente septième environ de ses eaux. Les fleuves d'Europe déchargent environ le tiers ou le quart de l'eau de pluie tombée dans leurs bassins.

Les lacs d'Afrique, qui jouent un rôle si important dans les communications du continent, se conforment à la loi générale quant à la douceur de leurs eaux et à la quantité de sel qu'elles renferment; aussi ceux qui ne sont pas pourvus d'issues ont ils pour la plupart des eaux salées ou saumàlres, à moins que les issues sous-marines n'emportent les sels tenus en dissolution. Les lacs, par conséquent, se divisent en deux catégories distinctes.

Tous les grands lacs de l'Afrique, excepté le Tchad, sont situés le long de l'axe continental, dans des terrains d'une dépression relative, ou suivant la ligne des grandes anfractuosités de la croule terrestre. Quoique la plupart d'entre eux varient de niveau, ils sont tous très différents du Tchad et du N'Gami (jui, situés dans des terrains bas et marécageux, sont alternativement inondés ou dess(''chés suivant les saisons. Une autre

catégorie, de lacs se rcnconlre le long du cours des fleuves dans des leiraius bas ou s|>on,i,Meiix, connue on en trouve fréqueninient dans le bassin du (^ongo. Mais tous ces lacs sont formes «lans des terrains de dépressions relatives et doivent, par conséquent, être distingués des petits lacs ou marais qui bordent les rives de la Méditerrané-e et de la mer Rouge, où se tiouvent certaines petites surfaces très basses, c'està-dire des localités situées au-dessous du niveau de la mer. On peut multiplier à l'infini les caractéristiques diirérentes des lacs de l'Africjue.

, . , , j ,....■. Géographie

Nous avons termine notre étude préliminaire du appliquée. continent, au point de vue orograpbique et hydrograpliique, élude esquissée à grands traits, il est vrai. Avant d'entamer le chapitre suivant, où nous entrerons dans plus de détails, nous appellerons l'attention du lecteur sur un fait très saisissant. Si l'on examine les cartes, on remarquera que ce qu'on peut appeler les établissements politiques de l'Afrique, sont tous situés dans les bassins océaniques, tandis que les bassins intérieurs sont aussi abandonnés des hommes qu'ils sont déshérités de la nature.

Ce fait des établissements politiques subordonnés aux obstacles physiques s'explique aisément. Les établissements européens en Afrique, après avoir trouvé une base d'opérations sur la côte, ont entrepris de se développer dans l'intérieur, à l'aide des plus grandes voies naturelles fournies par les grands fleuves. C'est ce qui explique, par exemple, que le littoral méditerranéen ait été de temps immémorial plus européen qu'africain. Le désert du Sahara a op[)osé une implacable

barrière aux extensions politiques importantes vers le sud.

On peut donc, nu |)oint de vue de la politique pratique, dire que l'Afrique est bornée au nord par la ligne de partage des eaux du bassin de la Méditerranée. Ailleurs, nous montrerons comment, à un bien plus haut degré, des obstacles d'une nature ou d'une aulre ont paralysé l'extension des puissances en Afrique, extension qui, d'après la loi naturelle et suivant les voies les plus faciles, devait se produire le long des grandes routes fluviales du continent.

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