H S02 + 2 ( GH3 - GO - GH^ ) + G^ H
Combinaison de bisulfiLe et d'acétone.
En résumé, dans ces conditions, on libère de 'alcali caustique naissant, mais en quantité juste suffisante pour saturer les groupements phénoliques du développateur. Malgré cette quantité relative-
(') Lumière frères et Seyewetz, Bulletin de la Société française de Photographie, année 1897.
ment faîble d'alcali qui entre ainsi en réaction, le révélateur présente néanmoins, avec des proportions bien choisies des divers réactifs, une énergie comparable, avec certains développateurs, à celle que leur donne l'addition directe d'un excès d'alcali caustique.
On a essayé de substituer un grand nombre d'aldéhydes et d'acétones grasses et aromatiques (' ) aux alcalis carbonatés et caustiques dans les principaux révélateurs; mais aucune aldéhyde ou acétone aromatique n'a pu être employée avantageusement en présence du sulfite comme succédané des alcalis.
Il n'en est pas de même des aldéhydes et acétones grasses parmi lesquelles l'acétone ordinaire, la formaldéhyde et l'acétaldéhyde (aldéhyde ordinaire) possèdent, avec certains révélateurs, des avantages très appréciables sur les alcalis.
L'acétone et le sulfite de soude, par exemple (-), utilisés à la place de l'alcali dans le développateur à l'acide pyrogallique, conservent non seulement à ce dernier toutes ses qualités, mais lui confèrent en outre les avantages suivants :
{') Lumière frères et Seyewetz, Bulletin de la SQciét<^ française de Photographie, décembre 1897. (") Ibidi novembre \'^cq.
5 | PRIÎMIÈRE PARTIE,
Suppression complète des inconvénients habituels présentés par l'emploi des alcalis;
2^ Non-coloration des couches et peu de variations dans les couleurs de Targent réduit (en ne dépassant pas lo^*^ d'acétone pour loo), que le cliché soit surexposé ou manque de pose;
3" Tonalités intéressantes de l'argent réduit variant du noir chaud au sépia rougeâtre lorsqu'on augmente la quantité d'acétone, propriété pouvant être utilisée pour l'obtention des positifs sur verre.
Pour les clichés surexposés, l'acétone peut être ajoutée goutte à goutte comme la solution de carbonate de soude dans un révélateur aux alcalis. Aussi l'emploi de ce corps s'esl-il rapidement généralisé dans le développateur à l'acide pjrogallique.
La formaldéhyde, utilisée en présence du sulfite de soude, donne, à dose beaucoup plus faible que l'acétone (2^^ d'aldéhyde commerciale à4o pour 100 pour 1 00^^ de révélateur), des résultats comparables à ceux obtenus avec le révélateur à l'hjdroquinone et à la potasse caustique dont l'emploi a été préconisé, comme on le sait, par M. Balagnj.
Le révélateur à Fhydroquinone, préparé avec la formaldéhyde, est plus énergique que celui obtenu avec l'acétone. On obtient toujours des oppositions
trcs vives et le caractère de dureté propre à Thydroqiilnone est conservé, mais la gélatine ne subit pas trace d'altération comme dans le cas de l'emploi de la potasse caustique.
Je signalerai enfin toute une série d'essais qui ont été faits avec les développateurs dans lesquels on emploie le sulfite de soude seul à la place des alcalis, dans le but de substituer à ce corps des substances à réaction alcaline faible, telles que le borax, les acétates, tungstates de soude ou de potasse, les divers sels de soude ou de potasse à acide organique, le phosphate neutre et l'arséniate neutre de soude, le bicarbonate de soude (^), etc.
La plupart de ces corps fonctionnent bien à peu près comme le sulfite de soude en tant qu'alcalis, car les acides faibles qui entrent dans leur composition sont facilement déplacés par l'hydracide énergique qui prend naissance pendant le développement, mais aucun d'eux n'empêche l'altération des solutions à l'air d'une façon aussi parfaite que le sulfite.
Il n'y a plus de raison aujourd'hui, comme on vient de le voir, pour utiliser les alcalis caustiques ou carbonatés dans les révélateurs dits alcalins, car
(*) Lumière frères et Seyewetz, Bulletin de la Société française de Photographie.
les avantages incontestables que présente sur eux l'emploi du phosphate tribasique de soude ou des aldéhydes et acétones en présence du sulfite de soude ne doivent pas faire hésiter pour reléguer définitivement les premiers corps au nombre des réactifs historiques. On abandonnera certainement, sans aucun regret, la manipulation d'une substance dont le conlact est non seulement désagréable à notre épiderme, mais dont Faction destructive sur la gélatine peut déterminer des accidents irrémédiables.
Développateurs utilisés dans la pratique.
En se guidant sur les considérations que nous venons d'exposer, on a pu prévoir une quantité considérable de développateurs, mais un petit nombre d'entre eux seulement ont pu être utilisés pratiquement.
En effet, pour réaliser cette condition, nous avons vu que les développateurs doivent non seulement être aussi solubles que possible dans Feau, mais leurs solutions doivent être incolores ou au moins ne pas communiquer à l'excipient de la matière sensible une teinte persistante; de plus, les produits de leur oxydation doivent jouir également de ces dernières qualités,
Or, Oïl ne doit pas perdre de vue que lorsqu'une molécule organique se complique, le corps qu'elle forme tend à devenir insoluble ou coloré.
C'est donc, en général, parmi les substances les plus simples que l'on a trouvé les développateiirs les plus pratiques.
Nous donnerons, pour terminer, la liste des principaux développateurs organiques qui ont trouvé jusqu'ici emploi dans la pratique en indiquant leurs principales propriétés.
Le Andresen (^) a dressé tout récemment, sous forme de Tableau, la liste des principaux développateurs qui ont été introduits dans le commerce, à diverses époques, sous des noms différents. Il a en outre indiqué le moyen de les caractériser qualitativement en utilisant les diverses réactions habituelles dont on dispose en Chimie organique pour établir lïdentité d'une substance de composition et de constitution définie.
Nous ne donnerons ici que les propriétés de ces corps, d'après le D^' Andresen, en les classant dans l'ordre croissant des substitutions.
(') Andresen, Photographische Correspondenz, p. 12;
Conclusions.
On voit, par les Tableaux qui suivent, combien le nombre des développateurs actuellement dans le commerce est considérable, et l'on se figure aisément quel doit être l'embarras des débutants pour choisir parmi cette longue liste de substances celles qui possèdent les qualités révélatrices les plus parfaites, d'autant plus que chaque fabricant vante à grand renfort de réclame les avantages des produits dont la fabrication lui procure les plus gros bénéfices.
Tout en reconnaissant à plusieurs de ces révélateurs certaines qualités qui leur sont propres, il y en a relativement peu parmi eux qui réunissent un nombre d'avantages suffisants pour satisfaire assez complètement aux desiderata que nous avons exprimés dans un Chapitre précédent.
En résumé, à notre avis, dans la longue liste des révélateurs que nous avons énumérée, il convient de donner la préférence à un petit nombre d'entre eux.
U acide pyrogallique, en présence de V acétone et du sulfite de soude, le diamidophénol {chlorhydrate) et la diamidorésorcine {^chlorhydrate)^ le paramidophénol sont des types de révélateurs
qu'il sera difficile, croyons-nous, de surpasser, car ils possèdent de réels avantages sur tous les autres.
Les seuls révélateurs nouveaux qui peuvent avoir des chances de supplanter les anciens seraient ceux qui pourraient se substituer, dans une certaine mesure, à l'action de la lumière et qui permettraient de tirer parti des clichés manquant de pose.
Malheureusement, rien ne fait prévoir jusqu'ici la possibilité d'atteindre ce résultat, car, ainsi que nous l'avons vu, quelle que soit l'énergie réductrice des révélateurs, ils font tous apparaître rigoureusement les mêmes détails dans des images ayant reçu des impressions lumineuses identiques. Nous souhaitons pourtant ardemment nous tromper et voir bientôt sortir du laboratoire le développateur idéal qui permettra de considérer la durée d'exposition comme un facteur accessoire de Fobtention d'une bonne image et de corriger complètement, par le développement, les erreurs commises dans l'appréciation du temps de pose.
PRINCIPAUX DÉVELOPPATEURS
M, ,1,- ./^r " -...,.ht„r
Nous consacrerons exclusivement cette seconde Partie à la pratique du développement. Nous nous contenterons de renvoyer le lecteur aux considérations théoriques exposées dans la première Partie de cet Ouvrage, toutes les fois qu'elles seront nécessaires pour faire comprendre le but et l'importance des précautions observées dans l'application des divers modes de développement.
Opération du développement.
Cette opération se pratique dans le laboratoire obscur éclairé le plus généralement par un brûleur à gaz, une lampe ou une bougie placés dans une lanterne dont les faces sont recouvertes de verres rouges et jaunes ou verts et jaunes.
On retire du châssis la plaque impressionnée, puis on la plonge dans la cuvette contenant le bain révélateur en quantité suffisante pour que la plaque soit entièrement immergée : environ loo^^ pour une plaque i3 x i8.
Quand on immerge la plaque dans le révélateur, il faut que celui-ci mouille instantanément toute la surface sensible, sans quoi on peut produire sur Je cliché des accidents irrémédiables connus sous le nom à''arrêts de développement et formant des taches provenant de ce que les parties mouillées les premières sont plus développées que les autres.
Pendant le développement, on agite constamment la cuvette sans aucun temps d'arrêt afin que l'action du révélateur soit bien uniforme.
Lorsque le cliché a été normalement posé, l'image apparaît après un temps variant, suivant le révé-lateur emploj'é, de quatre à trente secondes. Les grandes lumières apparaissent d'abord, puis, peu à peu, les demi-teintes et les ombres.
De temps en temps, on retire le cliché du bain et on l'examine par transparence en le plaçant devant l'œil à environ 20^'" de la lanterne qui éclaire le laboratoire obscur.
Quand l'image a l'intensité voulue, ce que Ton reconnaît, d'une part, en observant si les détails
des ombres, c'est-à-dire des parties les plus claires du négatif, sont bien visibles, d'autre part, lorsque les portions de l'image qui ont apparu les premières commencent à s'empâter, ou bien enfin quand on peut apercevoir légèrement l'image en regardant le dos de la plaque, on arrête le développement.
Lavage et fixage.
On retire aussitôt la plaque du bain, on la lave quelques instants sous un courant d'eau pour éliminer l'excès de révélateur, puis on la plonge dans le bain de fixage formé par une solution hypo sulfite de soude à i5 pour loo.
Avec les révélateurs organiques qui sont les seuls utilisés aujourd'hui, il est avantageux d'additionner la solution d'hyposulfite de soude qui constitue le bain de fixage normal de 2 pour 100 ençiron de la solution commerciale de bisulfite de soude (solution à 4o pour 100). On évite ainsi le brunissement rapide de la solution d'hjposulfite de soude dans laquelle la faible quantité de révélateur qui est retenue par le bromure d'argent, malgré le lavage, s'oxyde lentement à l'air au sein de riiyposulfite en colorant celui-ci en brun et le rendant rapidement inutilisable.
Après fixage, le cliché est lavé plusieurs heures
SOUS un courant d'eau pour éliminer rhyposulfile de soude.
Divers modes de déveîoppsment.
Dans la longue liste des développateurs que nous avons donnée (Tableaux, p. 60), il convient, comme nous l'avons dit, de ne donner la préférence qu'à un petit nombre d'entre eux, à cause des avantages incontestables qu'ils présentent sur tous les autres. Ce sont, parmi les développateurs pouvant être utilisés pratiquement sans l'emploi d'alcali caustique ou carbonaté, en première ligne : le chlorhydrate de diamidophénol et la diamidorésorcine. Ce sont du reste les seuls, parmi les développateurs de cette série, que nous étudierons d'une façon complète.
Parmi les développateurs qui ne peuvent être employés pratiquement qu'avec les alcalis caustiques carbonatés ou leurs succédanés, nous décrirons particulièrement le développement au paramido^ phénol et à V acide pyrogallique. Enfin nous examinerons sommairement \e développement au métoi et celui à l'iiydroquinone, bien qu'ils soient moins importants que les précédents.
Dans toutes les formules de développement avec ces substances, nous avons remplacé les alcalis
PRATIQUE niT DKVELOPPEMENT. 65
caustiques ou carbonates par leurs succédanés; pliosphale tribasique de soude et aldéhydes ou acétones en présence du sulfite dont nous avons montré les avantages sur les alcalis proprement dits dans la première Partie de cet Ouvrage.
^^"^^^^^ AU DIAMIDOPHÉNOL,^ ^^Û^^d^
Les propriétés du chlorhydrate de diamidophénol (synonyme : amidol) enToiTrun développateur de premier ordre; il présente notamment les avan^ tages suivants :
Il est très soluble dans Teau ; 2^ Il fonctionne en solution aqueuse avec une simple addition de sulfite de soude, d'où résulte la suppression des alcalis, carbonates alcalins ou leurs succédanés;
3^ Il rend possible, pendant le développement, la correction des erreurs commises dans l'appréciation des temps de pose ;
4^ Son action très énergique permet un développement rapide et conduit à l'obtention de clichés remarquablement fouillés ;
S"* Enfin sa grande énergie réductrice ainsi que le peu de coloration que prennent ses solutions pendant Iç développement le rendent éminemment
SECONDE PAUTIE.
propre au développement des papiers au gélatinobromure d'argent. C^est le révélateur qui, avec ces papiers^ donne les noirs les plus vigoureux et les blancs les plus purs.
Mode d^emploi, — La composition du développateur normal pour les plaques est la suivante :
Eau 1000 S''
Sulfite de soude anhydre 3o ^ ^
Diamidophénol 5
Pour développer les papiers au gélatinobromure, la formule donnant les meilleurs résultats est la suivante :
Eau looogi*
Sulfite de soude anhydre 20S''
Diamidophénol 5»''
Solution de bromure de potassium
à 2 pour 100 îo^c
Remarcjue importante, — Dans aucun cas il ne faudra préparer ces solutions à l'avance, sous peine de voir peu à peu diminuer l'énergie du révélateur.
Pour obtenir de bons résultats et employer le développateur le plus économiquement possible, il est indispensable de procéder comme suit :
1® Faire dissoudre le sulfite de soude anhydre dans l'eau. Cette dissolution est immédiate si l'on a soin de faire tomber le sulfite dans l'eau en agi-
PRATIQUK nu DKVELOPPKMENT. 67
tant vivement le liquide au fur et à mesure de cette addition;
2^ Evaluer approximativement la quantité de liquide à employer pour l'opération, la prélever sur la solution de sulfite'ef lui ajouter le poids correspondant de dîamidophénol pesé grossièrement ou mesuré à Taide d'une petite cuiller, en employant les proportions relatives des produits indiqués dans la formule ci-dessus, soit o^% 5 de^ cl iamido phénol pour loo^^ de solution de sulfite. Le diamidophénol se dissout immédiatement dans la solution de sulfite.
, Clichés manquant de pose.
Lorsqu'au cours du développement on s'aperçoit qu'un cliché manque de pose, ce qu'on reconnaît à la lenteur du développement, il faut augmenter l'énergie du développateur.
On arrive facilement à ce résultat en ajoutant de la solution de sulfite, sans addition de diamidophénol, dans le bain de développement. On peut porter la quantité de sulfite de soude jusqu'au double de celle qu'on emploie normalement lorsque le cliché manque de pose. Dans ce dernier cas, au lieu d'ajouter peu à peu la solution normale, on peut la remplacer avec avantage par une solution
saturée de sulfite de soude anhydre à i5 pour loo que Ton verse peu à peu dans le bain de développement.
Clichés surexposés.
Le défaut inverse du précédent (surexposition), qui est caractérisé par la rapidité avec laquelle apparaît l'image dont la surface devient bientôt g^rise et voilée, peut être corrigé en diminuant la quantité de sulfite par rapport à celle du diamidophénol, ou bien en augmentant la proportion de diamidophénol par rapport à celle du sulfite.
On arrive à ce résultat en vidant le développateur de la cuvette dans un verre et en y dissolvant rapidement une nouvelle quanti té de diamidophénol, sans addition de solution de sulfite, puis on verse le nouveau révélateur sur le cliché. La quantité de diamidophénol que l'on peut ajouter ainsi, pour des clichés surexposés, peut atteindre trois fois celle indiquée dans la formule du bain normal.
En résumé, on voit que l'on pourra modifier facilement, etdans de grandes limites, l'aspecl du cliché en sachant :
Que le sulfite de soude a la propriété de faire venir les détails dans les noirs et de développer les faibles actions de la lumière,
Que le diamidophénol a la propi^iété de donner de rinlensité an cliché.
Cas d'une forte surexposition.
Dans le cas de clichés très fortement surexposés, l'augmentation de la quantité de diamidophénol par rapport au sulfite ne corrige pas d'une façon suffisante les défauts résultant de la surexposition. On obtient, dans ce cas, de bons résultats en prolongeant le développement un temps suffisamment long pour que le cliché paraisse complètement noir sans qu'il soit possible d'y distinguer la moindre trace d'image. On fixe alors la plaque dans les conditions normales, on la lave comme à l'ordinaire, on la sèche, puis on baisse le cliché en le plongeant dans un bain renfermant
Hyposulfite de soude à i5 pour 100.. 5o^c Ferricyanure de potassium à 5 pour
100 25 ce
On laisse la plaque immergée dans ce bain que l'on agite sans temps d'arrêt jusqu'à ce que l'intensité de l'image paraisse normale. On lave alors le cliché sous un courant d'eau pendant plusieurs heures, puis on le sèche.
Parmi les développateurs que nous allons décrire,
le diamidophénol est sans contredit celui qui remplit le mieux les con*ditions pratiques que nous avons énumérées dans la première Partie de cet Ouvrage. Le seul défaut qu'on puisse lui reprocher, c'est de ne pas p>èTmïïttre,"Trans des limites assez larges, des écarts sur le temps de pose normal, surtout en ce qui concerne l'excès de pose. En effet, il donne facilement des clichés gris dès que Ton dépasse le temps de pose exact, à cause de sa grande énergie réductrice, mais, par contre, dans les conditions normales, aucun révélateur ne donne d'aussi beaux noirs que lui. Ceux-ci, au lieu d'être opaques et jaunâtres, sont bleutés et transparents, ce qui permet d'obtenir avec les papiers par noircissement direct des images positives d'une douceur et d'une continuité dans les demi-teintes que ne permet d'atteindre, d'une façon aussi parfaite, aucun autre révélateur.
M. Balagny (*) a montré, dans une remarquable étude, tous les avantages que Ton pouvait tirer de ce développateur qu'il considère, à juste titre, lorsqu'il est employé d'une façon rationnelle, comme le meilleur des révélateurs connus.
(^) Bulletin de la Société française de Photographie, p. io4 et 275, année 1898.
PUATIQUE DL DK VELOPPEiMEM.
DÈVELOPPATEUR À LA DIAMIDORÉSORCINE.
La diamidorésorcine possède comme développaleiir des propriétés très voisines, bien qu'un .peu moins énergiques, de celles du diamidophénol.
Comme celle substance :
Ce révélateur est très soluble dans l'eau;
2® Il fonctionne en solution aqueuse avec une très faible addition de sulfite de soude, d'où résulte la suppression des alcalis ou carbonates alcalins;
3^ Il rend possible, pendant le développement, la correction des erreurs commises dans l'appréciation des temps de pose;
4^ Son action très énergique permet un développement rapide quoique moindre qu'avec Je diamidophénol, mais il conduit néanmoins à l'obtention de clichés remarquablement fouillés.
5® Un avantage assez appréciable qu'il présente sur le diamidophénol est sa sensibilité à l'action des bromures alcalins, qui, par suite du retard qu'ils peuvent produire dans le développement, permettent de corriger, dans une plus large mesure, la surexposition.
A cause de son énergie réductrice plus faible que celle du diamidophénol, la diamidorésorcine ne fournit pas d'aussi bons résultats que le premier
'j'I SECONDE PARTIE.
pour le développement des papiers au gélalinobromiire, car il importe, dans cette opération, que le contact du papier avec le révélateur soit aussi court cpie possible. Aussi la diamidorésorcine employée poiti" le développement du papier au gélatinobro» mure ne donne-t-elle pas des blancs aussi purs que le diamidopliénol.
Mode emploi. — La composition du développateur normal est la suivante :
Eau 1000 ce
Sulfite de soude anhydre SoS»*
Diamidorésorcine 5 g'*
Toutes les précautions indiquées à propos de l'emploi du diamidopliénol s'appliquent intégralement à la diamidorésorcine qui s'utilise dans des conditions absolument identiques, sauf en ce qui concerne les clichés surexposés.
Clichés surexposés.
La surexposition se corrige avec la cliamidoié^ sorcine en ajoutant au bain une solution de bromure à 10 pour loo dans une proportion variant de I à 5^^ pour loo^"^ de développateur, suivant le degré de surexposition.
DÉVELOPPATEDR AU PARAMIDOPHÉNOL.
Le paramidophénol peut être considéré comme l'un des meilleurs révélateurs alcalins; il présente sur la plupart de ceux-ci des avantages notables relativement :
i'' A sa grande énergie développatrice ;
1^ A la rapidité avec laquelle il fait apparaîtreî l'image latente tout en conservant aux détails leur parfaite valeur relative;
3^ A l'absence de voile et de coloration des clichés développés ;
4^ A la possibilité de révéler dans le même bain un grand nombre de plaques;
5^ A la douceur et à la transparence des clichés qu'il permet d'obtenir.
La meilleure formule de développement avec le paramidophénol est celle indiquée par MM. Lumière ( ^ ).
Elle a la composition suivante :
Solution de sulfite de soude anhydre
à 1 2 pour 100 1000 ce
Paramidophénol (base libre) 20
Litliine caustique 5
(') Lumière (A. et L.), Les Deçeloppateurs organiques en Photographie, p. 74.
Dans la préparation de ce révélateur, il faut se mettre en garde contre la facile altération à l'air de la lithine caustique qui, lorsqu'elle n'est pas conservée dans des flacons soigneusement bouchés, absorbe très rapidement l'acide carbonique de Tair et ne dissout plus le paramidopliénol que dans des proportions très faibles. La lithine ainsi carbonatée n'est plus utilisable pour la préparation du révélateur.
La solution préparée avec la formule ci-dessus constitue un révélateur extrêmement énergique. Il peut être utilisé sans addition d'eau pour les clichés sous-exposés; en l'additionnant de son volume d'eau, on ralentit son action qui serait trop rapide dans le cas de clichés surexposés. N.éanmoins la composition invariable ou peu variable de ce développateur est un inconvénient qui ne permet pas de corriger dans d'assez grandes limites les erreurs d'appréciation de temps de pose au cours du développement.
On peut, avec 100^^ de la solution ci-dessus, développer successivement plus de cinquante clichés 9X12.
Il est indispensable de conserver le développateur dans des flacons pleins et bien bouchés et de préparer les solutions en évitant de les agiter longtemps au contact d\ine trop grande quantité d'air.
Emploi du chlorhydrate de paramidophénol.
Certains auteurs ont indiqué, au lieu du paramidophénol, base libre, l'emploi du chlorhydrate de paramidophénol y à cause de la grande solubilité de ce sel dans Peau, mais cette solubilité n'est que factice, car le chlorhydrate est décomposé par l'alcali que l'on ajoute au révélateur. Il se forme du chlorure de potassium et du paramidophénol. Lorsque cette réaction est terminée, on se trouve donc dans les mêmes conditions que si l'on avait employé du paramidophénol à la place de son chlorhydrate, avec cette différence cependant qu'il y a dans la liqueur du chlorure de potassium, lequel possède une action retardatrice marquée.
Cet emploi du chlorhydrate présente donc l'inconvénient de donner un révélateur dont l'éner2:ie est diminuée. Jusqu'ici aucun des succédanés des alcalis, dont nous parlerons à propos des développateurs suivants, n'a pu être substitué avantageusement à la lithine caustique, car le paramidophénol est moins soluble dans les solutions de ces corps que dans la lithine caustique cjui est l'alcali dissolvant, à poids égal, la plus grande quantité de paramidophénol. Les développateurs au paramidophénol préparés avec les divers succédanés dés alcalis :
phosphate tribasiqiie de soude, aldéhydes et sulfite de soude, possèdent donc une énergie réductrice notablement inférieure à celle que l'on obtient avec la lithine caustique, aussi sont-ils d'un médiocre intérêt pratique. Nous ne nous en occuperons pas.
DÉVELOPPATEDR A L'ACIDE PYROGALLIQUE.
Cette substance qui était considérée autrefois, à fuste titre, comme le meilleur des révélateurs, a été détrônée aujourd'hui par le diamidophénol. Si l'acide pyrogallique peut donner d'excellents résultats entre des mains expérimentées, il ne fournit que des clichés médiocres si l'on n'a pas acquis dans sa manipulation une habitude suffisante.
Il présente pourtant sur les autres révélateurs une élasticité qui le fait préférer dans certains développements où le temps de pose est très incertain.
Les anciennes formules de développateurs à l'acide pjrogallique étaient à base de carbonates alcalins, et nous avons vu, à propos du développement alcalin sans addition directe d'alcali, les inconvénients qui résultent généralement de la présence des alcalis caustiques ou carbonatés dans les bains révélateurs. Ces inconvénients s'accentuent particulièrement avec le développateur à l'acide
pRATiQrE nr développement. 77
pyrogalllque, surtout en ce qui concerne la coloration de la couche. On était arrivé à supprimer clans ce révélateur une partie de la fâcheuse influence des alcalis en leur substituant le phosphate Iribasique de soude.
Depuis peu de temps, l'acétone, employée avec le sulfite de soude comme succédané des alcalis dans le développateur à l'acide pyrogallique, a donné des résultats beaucoup plus parfaits que le phosphate tribasique de soude.
Le nouveau bain révélateur présente sur l'ancien les avantages suivants :
Dans aucun cas, la gélatine du cliché ne se colore et, eî^ie dépassant pas une teneur de 10^^ d^ acétone par litre de révélateur, on obtient peu de variations dans la couleur de V argent réduit. Dans l'emploi des carbonates alcalins et du phosphate tribasique de soude, la couleur de l'argent réduit variait notablement, suivant que le cliché était plus ou moins posé;
2^ Suppression des inconvénients habituels présentés par V emploi des alcalis;
3^ Tonalités différentes de Vargent réduit pouvant varier du noir chaud au sépia quand on augmente la teneur en acétone au-dessus de 10 pour 100, propriété prwi^i^^^ pour l'emploi positifs sur v^rr^i