Arthur L. Bowley. /bid., p
Uni eurent été renversées, tous les pays agricoles se disputèrent l’'approvisionnement de ce nouveau marché et le coût des denrées baissa dans une grande proportion, résultat qui fut accueilli avec la plus grande satisfaction par les industriels anglais, à qui il permit de réduire leur coût de production.
L’Angleterre entra dès lors dans la voie d’une spécialisation industrielle de plus en plus étroite, les emblavures furent réduites, l’agriculture fut délaissée et l’exode des cultivateurs vers les villes et les centres manufacturiers s’accentua.
Les traités de 1860 marquèrent l'apogée du libre échange et ouvrirent pour l’industrie et le commerce anglais une ère de prospérité inouïe.
Depuis 1850, l'Angleterre fit, au point de vue économique, des progrès presque continus. La consommalion du marché intérieur s’élait développée rapidement, et d’un autre côté les industriels trouvaient à l’intérieur de nouveaux débouchés.
€ En vingt ans, dit M. Vialatte (1), la valeur des exporlalions augmentait de 155 o/o et cela d’une manière presque continue, passant de £ 74.600.000, moyenne annuelle de 1850-1852 £ 189.700.000, pour 1568 à 1850. Les années 1891 à 1853 témoignèrent d’une augmentation considérable des exportations,
1. Achille Vialatte. La crise anglaise. Impérialisme et Protectionnisme, p. 1057.
due pour une grande part au conflit franco-allemand.
On enregistra des chiffres de 223, 255 et 256 millions de livres sterling, mais de 1875 à 1879, une baisse importante se produisit, on retomba pour cette dernière année à 191 millions et après un relèvement de 188r à 1884, les trois années suivantes virent une nouvelle rechute. »
Quelles étaient donc les causes de cette décadence qui faisaient pousser à Williams ce cri d'alarme. « La suprématie industrielle de la Grande-Bretagne a été longtemps un axiome, elle ne sera bientôt plus qu'un mythe (1) » ?
C’est à cette question qu’eurent à répondre les industriels et les commerçants qui déposèrent devant la commission d'enquête nommée en 1885.
Pour les uns, la crise était un résultat de la baisse générale des prix survenue depuis 1873 ; suivant certains économisies et financiers, la raison principale de la dépression des prix était la raréfaction de or.
D'autre part, le percement du canal de Suez avait, de l’avis d’un grand nombre de déposants, boule- “versé le commerce anglais.
« Avant que l'isthme tranché ouvrit la route
directe des Indes asiatiques, chinoises et australien-