M. J. Ashley, British Industries, pp. 79 et
La firm J. and P. Coats avait été fondée en 1830 et en 1840 elle avait étendu ses opérations en Amérique.
En 1884, elle se transforma en Private Company dont toutes les actions furent prises par treize membres de la famille Coats ; enfin en 1890, elle devint une société Limited dont les actions furent offertes en souscription publique. Le capital actions était de £ 3.550.000 et les obligations de £ 2.000.000 ; la famille Coats se réserva un tiers des actions.
La nouvelle société eut des débuts très heureux, et elle entreprit d’absorber ses concurrents. Pour débuter dans cette voie, la Central Thread Agency fut fondée pour répartir les commandes entre J. et P. Coats et ses trois grands rivaux : Clarke et Co, Chadwich et Co et Jonas Brooks and Co:
J. et P. Coats achetèrent en 1895 la firm Keir and Co de Paisley et absorbèrent ensuite en les rachetant les trois firms réunies par la Central Thread Agency.
Il est intéressant de noter ici l’évolution de l’entente temporaire au trust.’
Le capital nécessaire au rachat dont le prix s’élevait à £4.000.000 fut réuni par l’émission de5o.000 actions de préférence et 150.000 actions ordinaires, chacune de £ 10. La souscription eut un tel succès que les actions de £ 10 atteignirent bientôt £ 50 ; depuis elles ont atteint £ 95.
La circulaire annonçant la fusion disait «les profits communs seront largement accrus par les avantages qui ne peuvent manquer de résulter de la fusion des quatre entreprises. [Il n’est pas question de vendre à des prix plus élevés que ne le faisaient les différentes sociétés quand elles étaient séparées, mais les prix se relèveront nécessairement sur les marchés où ils ont été indûment abaissés par une concurrence excessive et inutile. En dehors, d’ailleurs, de ce relèvement de prix, des économies considérables seront réalisées, non seulement dans le coût de fabrication mais aussi dans les frais de distribution. »
La société englobait 16 fabriques, y compris des usines aux Etats-Unis, au Canada et en Russie, 6o succursales et 150 dépôts. Elle a, depuis sa formation, acquis une mine de charbon et 200.000 actions ordinaires de la Fine Cotton Spinners'and Doublers’ Association.
Les dividendes distribués étaient de 20 0/0 en 1897, ils ont atteint jusqu’à 5o 0/0 en 1900 et sont actuellement de 25 o/o (1).
Cependant, quoique J. et P. Coats aient absorbé les unités les plus puissantes de l’industrie du coton
à coudre, il restait encore 20 firms indépendantes dans le Royaume-Uni, environ 40 sur le Continent et quelques-unes aux Etats-Unis.