‹ Le développement du capitalisme en RussieChapitre 107 sur 138 · ES · texte numérisé non relu

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Ainsi le taux de la population urbaine augmente sans cesse, ce qui revient à dire que la population abandonne l'agriculture pour les occupations industrielles et commerciales*. L'accroissement des villes est deux fois plus rapide qùe-^ celui du reste de la population : de 1863 à 1897, toute la population s'est accrue de 53,3% ; la population rurale, de 48,5% et la population urbaine, de 97%. En l'espace de onze ans (1885-1897) « l'afflux minimum de la population rurale dans les villes » a été estimé par M. V. Mikhaïlovski à 2,5 millions**, soit plus de 200 000 par an.

La population des grands centres industriels et commerciaux croît bien plus vite'que celle des villes en général. Le nombre des villes de 50 000 habitants et au-delà a plus que triplé de 1863 à 1897 (13 et 44). En 1863 27% de citadins seulement (1,7 million sur 6,1) étaient concentrés dans ces grands centres; en 1885, environ 41% (4,1 millions

* « Les agglomérations urbaines à caractère agricole sont très peu nombreuses, le nombre de leurs habitants, par rapport au nombre général des citadins, est absolument insignifiant» (M. Grigoriev dans son livre: L'influence des bonnes récoltes et des prix du blé, t. II, p. 126). *• Movoïé Slovo, 1897, juin, p. 113.

sur 9,9)*, et €П 1897 environ 53% (6,4 millions sur 12 millicns) soit plus de la moitié. Si donc en 1860-70 on jugeait du caractère de la population urbaine principalement d'après les villes moyennes, après 1890 les grandes villes ont pris le dessus. La population de 14 villes, les plus grandes en 1863, est passée de 1,7 million à 4,3 millions, soit 153% d'augmentation, tandis que l'ensemble de la population urbaine s'accroissait de 97% seulement. Il s'ensuit donc que l'accroissement énorme des grands centres industriels et la formation d'une série de nouveaux centres sont un des symptômes les plus caractéristiques de l'époque qui a suivi la réforme.

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