‹ Le développement du capitalisme en RussieChapitre 25 sur 138 · DIAGRAMME REPRÉSENTANT LES TABLEAUX A ET В · texte numérisé non relu

DIAGRAMME REPRÉSENTANT LES TABLEAUX A ET В

entages (en parlani is le lolal de la lerre

^ Les lignes continues montrent en du haut) la pari de la paysannerie aisé de la superficie cullivce. du bétail, elc

"~ Les lignes en poinlillé montrent en pourcentages (en parlant àû bas) la part de la .paysannerie раичге dans le total de la terre, de la superijcie cultivée, du bétail, elc.

Les lignes noires montrent le degré de diUérenciation de la paysannerie, suivant les districts ou les groupes de districts, 30 dont les numéros (1 à 7) figurent aux tableaux A el B.

Les lignes rouges montrent le degré с nroyen » de différenciation (c'est-à-dire les moyennes arithmétiques des pourcentages indiqués dans le diagramme)

disposent les paysans n'a plus rien de commun avec le « principe égialitaire » des lots. 20% des feux détiennent 35% à 50% de toute la terre, et 50% en détiennent de 20% 'i 30%. Dans la distribution de la surface ensemencée (colonne suivante), l'éviction du groupe inférieur par le groupe supérieur est encore plus marquée, -— sans doute parce que la paysannerie non possédante est souvent hors d'état d'exploiter d'une manière productive sa terre et la laisse à l'abandon. Les deux colonnes (possession totale et surface ensemencée) montrent que l'achat et l'affermage aboutissent à la réduction de la part des groupes inférieurs dans l'ensemble du système économique, c'est-à-dire à leur évicion par la minorité taisée. Cette dernière joue désormais un -Ole prédominant dans l'économie paysanne, puisqu'elle zoncentre dans ses mains une part de la surface cultivée presque égale à celle du reste de la paysannerie prise dans son ensemble.

Les deux colonnes suivantes indiquent la répartition Darmi les paysans des bêtes de travail et du bétail en gèlerai. La proportion du bétail diffère à peine de celle de la surface ensemencée : d'ailleurs il n'en pouvait être autrement, car la quantité des bêtes de travail (de même que du bétail en général) détermine l'étendue des emblavures et est à son tour déterminée par ces dernières.

La colonne suivante montre la part des divers groupes de la paysannerie dans la somme totale des entreprises industrielles et commerciales. La moitié environ de ces entreprises appartiennent à 1/5 des feux (groupe aisé), tandis que la moitié des feux (paysans pauvres) n'en possèdent que 1/5*, autrement dit, les « m.étiers auxiliaires », qui marquent

* Encore ce chiffre (près de 1/5 des entreprises) est-il sans doute îxagéré, car dans la catégorie des paysans qui n'ensemencent pas et n'ont pas de chevaux ou n'en ont qu'un seul, on a confondu les ouvTiers agricoles, les manœuvres, etc., avec les non-agriculteurs (boutiquiers, artisans, etc.).

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la conversion de la piaysannerie en bourgeoisie, se concentrent surtout aux mains des agriculteurs les plus aisés. Les paysans aisés engagent donc leurs capitaux aussi bien dans l'agriculture (achat et location de terre, louage d'ouvriers, perfectionnement des instruments, etc.) que dans les entreprises industrielles, dans le commerce ou l'usure : le capital commercial et le capital industriel sont intimement liés, et seules les conditions ambiantes déterminent celle de ces deux formes de capital qui prévaudra.

Les données sur les feux ayant un « gagne-pain accessoire » (première colonne à gauche, parmi les indices négatifs) caractérisent de même les « métiers auxiliaires » qui ont cependant une valeur contraire et marquent la transformation du payaan en prolétaire. Ces « métiers auxiliaires » sont concentrés aux mains des paysans pauvres (sur 50% des feux, 60 à 90% de la totalité des feux ayant un gagne-pain accessoire), tandis que les groupes aisés n'y sont représentés que dans une proportion infime (il ne Faut pas oublier que, dans cette catégorie de paysans exerçant des « métiers auxiliaires », il nous a également été impossible de séparer exactement les patrons d'avec les ouvriers). Il suffit de comparer les chiffres concernant les « gagnepain » à ceux des « entreprises industrielles et commerciales » pour voir l'opposition absolue de ces deux types de « métiers » et saisir la confusion incroyable à laquelle on arrive ordinairement en les assimilant.

Les feux à main-d'œuvre salariée sont piartout concentrés dans le groupe de la paysannerie aisée (sur 20% des feux 5 à 7 dixièmes de la totalité des feux ayant des salariés agricoles), qui (malgré ses nombreuses familles) ne peut se passer de Г« appoint » d'une classe d'ouvriers agricoles. Nous voyons là une confirmation bien nette de la thèse énoncée plus haut : à savoir qu'il est absurde de confronter le nombre des exploitations à main-d'œuvre salariée et la totalité des « exploitations » paysannes (y compris

LA DECOMPOSITION DK LA PAYSANNEHIE 139

les «exploitations» des ouvriers mêmes). // est beaucoup plus juste de confronter le nombre des exploitations à maind'œuvre salariée et le cinquième des feux paysans, car la minorité aisée groupe environ les 3/5 ou même les 2/3 du total des exploitations employant des salariés agricoles. Le louage d'ouvriers parmi les paysans aux fins d'entreprise dépasse de loin le louage par nécessité, par manque de bras dans la famille : 'dans les 50% de la paysannerie non possédante, à familles peu nombreuses, nous ne voyons figurer qu'un dixième des exploitations à main-d'œuvre salariée (encore faut-il ajouter que parmi les paysans non possédants on compte des boutiquiers, des entrepreneurs et autres personnes louant des ouvriers non par nécessité).

La dernière colonne où figure la répartition des instruments perfectionnés, nous pourrions l'intituler, à l'exemple de M. V. V. : « les courants progressifs dans l'économie paysanne ». C'est dans le district de Novoouzensk, de la province de Samara, que la répartition des instruments paraît être la plus « équitable » : ici, la cinquième partie des feux aisés ne possède que 73 instruments sur 100, tandis que la moitié (feux pauvres) en possède tout juste 3 sur 100.

Comparons maintenant les diverses localités d'après le degré de décomposition de la paysannerie. Le diagramme fait ressortir nettement deux espèces de contrées : dans les provinces de Tauride, de Samara,. Saratov et Perm, lia différenciation de la paysannerie agricole est sensiblement plus marquée que dans celles d'Orel, de Voronèje et de Nijni- Novgorod. Les lignes des quatre premières provinces descendent sur le diagramme lau-dessous de la ligne médiane rouge, tandis que les lignes des trois dernières passent audessus, indiquant qu'ici la concentration économique aux mains de la minorité aisée est moins accusée. Les contrées de la première catégorie sont celles qui possèdent le plus

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de terre, ce sont des contrées strictement agricoles, à culture extensive (dans La province de Perm nous avons fait ressortir les parties agricoles des districts). Etant donné ce caractère de l'agriculture, la décomposition de la paysannerie agricole peut être aisément constatée et saute pour ainsi dire laux yeux. En revanche, dans les contrées de la seconde catégorie, nous voyons d'un côté un développement de l'agriculture commerciale dont nos données ne tiennent pas compte, par exemple, les plantations de chanvre dans la province d'Orel. D'un autre côté, nous constatons ici l'importance énorme des « métiers auxiliaires », soit en travail salarié (district de Zadonsk de la province de Voronèje), soit en occupations non agricoles (province de Nijni-Novgorod). Ces deux facteurs ont une importance considérable dans le problème de la décomposition de La paysannerie agricole. Du premier nous avons déjà parlé (différence entre les formes de l'agriculture marchande et du progrès agricole d'une contrée à l'autre). Le rôle du second (« métiers auxiliaires ») n'est pas moins évident. Si dans telle ou telle localité la masse de la paysannerie est composée de salariés agricoles, de journaliers ou d'ouvriers salariés non agricoles ayant un lot de terre, la différenciation de la paysannerie agricole n'apparaîtra ici, bien entendu, que très faiblement*. Mais pour avoir une idée juste de la chose, il faut confronter ces représentants typiques du prolétariat rural avec les représentants typiques de la bourgeoisie paysanae. Le journalier de la province de Voronèje, disposant d'un lot de terre et s'en allant à la recherche d'un « gagne-pain » dans le sud, doit être comparé

* II est fort possible que dans les provinces de la zone centrale des Terres Noires, comme celles d'Orel, de Voronèje, etc., la décomposition de la paysannerie soit en réalité beaucoup moins prononcée en raison de la disette de terre, du poids des impôts, du grand développement des prestations de travail : toutes conditions qui retardent la décomposition de la paysannerie.

au paysan de Tauride qui cultive d'immenses étendues. Le charpentier de Kalouga, Nijni-Novgorod, laroslavl doit être comparé au maraîcher de laroslavl ou de Moscou ou au paysan de ces provinces, qui entretient des vaches pour vendre le lait, etc. De même, si la masse de la paysannerie locale occupée dans l'industrie de transformation, ne tire de ses lots qu'une faible partie de ses moyens d'existence, les données relatives à la décomposition de la paysannerie agricole doivent être complétées par d'autres relatives à la décomposition de la paysannerie non agricole. Cette dernière question fera l'objet du chapitre V. Ce qui nous préoccupe pour le moment, c'est uniquement La décomposition de la paysannerie agricole typique.

X. DONNEES D'ENSEMBLE DE LA STATISTIQUE DES ZEMSTVOS ET DU RECENSEMENT DES CHEVAUX PAR L'ADMINISTRATION MILITAIRE 26

Nous avons montré que les rapports entre les groupes supérieur et inférieur de la paysannerie présentent les mêmes traits qui caractérisent les rapports entre la bourgeoisie rurale et le prolétariat rural ; que ces rapports sont d'une analogie remarquable dans les localités les plus diverses avec les conditions les plus variées ; que même leur expression numérique (c'est-à-dire la part revenant à chaque groupe dans l'ensemble de la surface ensemencée, du bétail, etc.) oscille dans des limites relativement très étroites. Il est donc tout naturel de se demander : dans quelle mesure ces données sur les rapports entre groupes dans les différentes localités peuvent-elles servir à nous faire une idée des groupes entre lesquels se divise l'ensemble de la paysannerie russe ? Autrement dit : quels sont les renseignements qui permettent de juger de la composition et

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des rapports mutuels du groupe supérieur et du groupe inférieur dans l'ensemble de la paysannerie russe ?

Les renseignements de cette nature sont très rares chez nous, car il ne se fait point en Russie de recensements portant sur toute la masse d'exploitations agricoles. Les seuls matériaux permettant de juger des groupes économiques entre lesquels se divise notre paysannerie, ce sont les chiffres d'ensemble de la statistique des zemistvos et du recensement des chevaux par l'Administration milit-aire sur la répiartition des bêtes de travail (ou des chevaux) entre les feux paysans. Si pauvres que soient ces matériaux, ils autorisent cependant certaines conclusions non dépourvues d'intérêt (naturellement, très générales, approximatives, globales), d'autant plus que les rapports entre les paysans ayant plusieurs chevaux et ceux qui en ont peu, ont déjà été étudiés et se sont trouvés être d'une analogie remarquable dans les localités les plus diverses.

Les données du Recueil récapitulatif des renseignements économiques d'après les recensements des zemstuos par feux de M. Blagovéchtchenski (t. I, L'économie paysanne. M. 1893^''), établissent que les recensements des zemstvos embrassent 123 districts de 22 provinces avec 2 983 733 feux paysans et une population de 17 996 317 individus des deux sexes. Mais les données sur la répartition des feux d'après les bêtes de travail ne sont pas partout les mêmes. Ainsi, dans trois provinces nous devons laisser de côté 1 1 districts* pour lesquels la répartition est donnée en trois groupes seulement, au lieu de quatre. Pour les autres 112 districts de 21 provinces nous avons obtenu les totaux suivants se rapportant à près de 2,5 millions de feux avec une population de 15 millions d'habitants:

* 5 districts dans la province de Saratov, 5 dans celle de Samara et 1 de Bessarabie.

et И

Bêtes de vail par pe*

sis

Groupes d'exploitations

Sans bêtes de travail

Avec 1 bête » »

» 2 bêtes » » "645 900 26,0 1291800 33,7 2

» 3 » et plus 515 521 20,7 1824 969 47,7 3,5

Total 2 486 915 100 3 829 025 100 1,5

Ces données embrassent un peu moins du quart des feux paysans de la Russie d'Europe {Recueil des matériaux statistiques relatifs à la situation économique de la population rurale de la Russie d'Europe, édition de la Chancellerie du Comité des Ministres, St-Pétersbourg 1894, compte dans les 50 provinces de la Russie d'Euro*pe 11 223 962 feux dans les cantons, dont 10 589 967 feux paysans). Les chiffres sur la répartition des chevaux entre les paysans pour toute la Russie nous sont fournis par la Statistique de l'Empire de Russie, XX. Le recensement des chevaux de 1888 par l'Administration militaire (St- Pétersbourg 1891) et la Statistique de l'Empire de Russie, XXXI. Le recensement des chevaux de 1891 par l'Administration militaire (St-Pétersbourg 1894). La première de ces publications contient l'analyse des données recueillies en 1888 sur 41 provinces (y compris les 10 provinces du Royaume de Pologne) ; la seconde embrasse 18 provinces de la Russie d'Europe, plus le Caucase, les steppes des Kalmouks et le Territoire du Don.

En prenant 49 provinces de la Russie d'Europe (pour le Territoire du Don les renseignements ne sont pas complets)

* Ce tableau indique avec les chevaux, les bœufs, à raison de 2 pour unité.

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et en reunissiant ensemble les données de 1888 et 1891, nous obtenons le tableau suivant de la répartition du total des chevaux appartenant aux paysans des communautés rurales:

On compte dans 49 provinces de la Russie d'Europe

Feux paysans Nombre de chevaux Nombre

Groupes de che-

d'exploitations total en о/дО/ц total en o/qO/o vaux par

leu

Sans chevaux 2 777 485 27,3 i — — —

A cheval unique 2 909 042 28,6 1 ' 2 909 042 17,2 1

Avec 2 chevaux 2 247 827 22,1 4 495 654 26,5 2

» 4 et plus 1155 907 11,4)""' 6 339198 37,4 1 ' 5,4

Total 10162 559 100 16 960 788 100 1,6

Ainsi, la répartition des chevaux de trait parmi les paysans est, pour l'ensemble de la Russie, très voisine du degré « moyen » de décomposition que nous lavons établi plus haut dans notre diagramme. En réalité, la décomposition est même un peu plus profonde : sur 17 millions de chevaux 9,5 millions, soit 56,3% du chiffre total, sont groupés dans 22% des feux (2,2 millions de feux sur 10,2 тл1lions). La masse énorme de 2,8 millions de feux en est complètement dépourvue, et 17,2% seulement des chevaux sont répartis entre les 2,9 millions de feux à cheval unique*.

* Les données suivantes du recensement des chevaux de 1893- 1894 par l'Administration militaire {Statistique de l'Empire de Russie, XXXVII) nous renseignent sur les changements survenus ces derniers temps dans la répartition des chevaux dans la paysannerie. En 1893- 1894, il y avait dans 38 provinces de la Russie d'Europe : 8 288 987 feux paysans, dont 2 641 754, soit 31,9%, dépourvus de chevaux; 31,4%, à cheval unique; 20,2%, avec 2 chevaux; 8,7%, avec trois chevaux; 7,8%, avec 4 chevaux et plus. Le nombre total des chevaux appartenant aux paysans atteignait 11560 358, dont 22,5% appartenant aux feux à cheval unique; 28,9%, aux feux à deux chevaux; 18,8%, aux feux à trois chevaux et 29,8%, aux feux à plusieurs chevaux. Ainsi, les 16,5% des paysans aisés possédaient 48,6% de la totalité des chevaux.

C'est en nous inspirant de la loi générale constatée plus haut dans les rapports entre les groupes, que nous pouvons apprécier maintenant la véritable portée de ces chiffres. Si la moitié du nombre total des chevaux est groupée dans 1/5 des feux, on peut en déduire sans risque de se tromper, que ces feux détiennent la moitié au moins (et probablement davantage) de toute la production agricole des paysans. Une telle concentration de la production n'est possible que si la majeure partie des terres achetées et de l'affermage paysan des terres, concédées ou non, est concentrée dans les mains de cette paysannerie aisée. C'est surtout cette minorité aisée qui achète et prend à ferme, encore qu'elle soit sûrement la mieux lotie. Pendant que le paysan russe « moyen » dans l'année la plus favorable, arrive à peine à joindre les deux bouts (et encore y arrivet-il?), cette minorité aisée, pourvue sensiblement au-dessus de la moyenne, couvre tous ses frais par son exploitation indépendante et réalise en outre des excédents. C'est dire que cette minorité produit des marchandises, des denrées agricoles pour la vente. Bien plus : elle se transforme en bourgeoisie rurale, en joignant à une exploitation agricole relativement importante des entreprises industrielles et commerciales ; nous avons pu constater que ce genre de « métiers auxiliaires » est le plus typique pour le paysan « bien ordonné » russe. Bien qu'elle compte les familles les plus nombreuses et le plus grand nombre de bras dans la famille (ce sont toujours là les caractéristiques de la paysannerie aisée, et 1/5 des feux doit comprendre une part plus grande de la population, environ les 3/10), — cette minorité aisée est celle qui emploie le plus le travail des ouvriers et des journaliers. Dans l'ensemble des exploitations paysannes russes louant des ouvriers et des journaliers, la grande majorité doit revenir à cette minorité aisée. Nous sommes en droit de tirer cette conclusion à la fois de l'analyse précédente et en comparant la part de ce groupe 10—1756

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dans la population à sa part dans l'ensemble des bêtes de travail, et, par suite, dans la surface ensemencée et dans l'économie rurale en général. Enfin, seule cette minorité aisée peut participer d'une façon stable aux « courants progressifs de l'économie paysanne »2^. Tel doit être le rapport entre cette minorité et le reste de la paysannerie ; mais il va de soi que, suivant les conditions agraires, les systèmes d'économie rurale et les formes d'agriculture marchande, ce rapport prend divers aspects et se manifeste différemment'^\ Les courants fondamentaux de la décomposition paysanne sont une chose ; les formes qu'elle affecte suivant les conditions locales, en sont une autre.

C'est exactement l'inverse pour la situation des paysans sans chevaux ou à cheval unique. Nous avons vu plus haut que les statisticiens des zemstvos rangent ces derniers (sans parler des premiers) parmi le prolétariat rural. Aussi n'y a-t-il guère d'exagération dans notre calcul approximatif, qui range parmi le prolétariat rural tous les paysans sans chevaux et près des 3/4 des paysans à cheval unique (à peu près la moitié de tous les feux). Ces paysans sont les moins lotis et souvent ils donnent la terre en location faute de matériel, de semences, etc. Leur part dans l'ensemble des affermages et des achats de terres se réduit à de misérables bribes. Leur exploitation n'arrive jamais à les faire vivre, et leurs principaux moyens de subsistance Içur viennent des «métiers auxiliaires» ou des «gains accessoires », c'est-à-dire de la vente de sa force de travail. C'est une classe d'ouvriers salariés possédant un lot de terre, d'ouvriers agricoles, de journaliers, de manœuvres, d'ouvriers du bâtiment, etc., etc.

* Il est fort possible que, par exemple, dans les contrées à industrie laitière, il serait beaucoup plus juste de grouper les feux d'après le nombre des vaches, et non d'après celui des chevaux. Avec la culture maraîchère, ni l'un ni l'autre de ces indices ne peut être suffisant, etc.

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