GRANDS «FABRICANTS
DE VYFZDNAIA SLOBODA
ET DARZAMAS
vail et la production manuelle. Ce n'est pas seulement ici, mais dans la plupart des autres industries artisanales que la manufacture organise des centres non agricoles.
* Les sources sont indiquées dans le texte. Le nombre des entreprises représente à peu près la moitié de celui des ouvriers indépendants (52 entreprises à Vassiliev Vrag, 5+55+П0 à Krasnoïé et 21 dans quatre petits villages). Par contre, pour la ville d'Arzamas et la Vyezdnaïa Sloboda le chiffre 8 indique le nombre des « fabriques », et non celui des ouvriers.
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technique, c'est une production manuelle. Le travail est organisé sur la base de la coopération avec division du travail sous deux formes : par marchandises (certains villages fabriquent le feutre, d'autres les bottes, les chapeaux, les semelles, etc.), et par opérations (par exemple, tout le bourg de Vassiliev Vrag foule les chapeaux et les semelles pour le bourg de Krasnoïé, où ce semi-produit est fini, etc.). Cette coopération est une coopération capitaliste, car elle a à sa tête le grand capital, qui a créé les grandes manufactures et s'est subordonné (par un réseau serré de rapports économiques) la masse des petits établissements. L'immense majorité des producteurs s'est déjà transformée en ouvriers parcellaires, travaillant pour le compte des entrepreneurs dans des conditions extrêmement antihygiéniques *. L'ancienneté de cette industrie et les rapports capitalistes bien établis font que les industriels se détachent de l'agriculture : à Krasnoïé l'agriculture est en pleine décadence et le genre de vie de ses habitants diffère de celui des travailleurs du sol **.
L'organisation de l'industrie du foulage dans nombre d'autres régions est tout à fait analogue. Dans le district de Sémionov de la même province, cette industrie occupait
* On travaille tout nu, à une température de 22°-24° R. Une poussière fine et moins fine de la laine et toutes sortes de déchets sont en suspens dans l'air. Le sol dans les «fabriques» est en terre battue (notamment dans les buanderies), etc.
** L'argot spécial des habitants de Krasnoïé n'est pas sans intérêt, c'est un trait caractéristique du particularisme territorial propre à la manufacture. A Krasnoïé les fabriques sont désignées sous le nom de povarnia, le matroï est une des nombreuses branches de l'argot des colporteurs (ofeni). Il y en a trois principales : le langage des ofeni proprement dit, en usage surtout dans la province de Vladimir, le galivon dans la province de Kostroma et le matroï, dans celles de Nijni- Novgorod et de Vladimir {Travaux de la Commission artisanale, t. V, p. 465). Seule la grande industrie mécanique détruit complètement les liens sociaux basés sur l'origine et met à leur place des liens nationaux (et internationaux).
en 1889 dans 363 communes 3 180 feux avec 4 038 travailleurs. Sur 3 946 ouvriers, 752 seulement travaillaient pour la vente, 576 étaient ouvriers salariés et 2 618 travaillaient pour des patrons surtout avec des matériaux appartenant à ces derniers. 189 feux distribuaient du travail à 1 805 feux. Les grands propriétaires possèdent des ateliers où travaillent jusqu'à 25 ouvriers salariés, et ils achètent de la laine pour environ 10 000 roubles par an *. On appelle ces grands patrons tyssiatchniki ** ; leur chiffre d'affaires est de 5 000 à 100 000 roubles ; ils ont leurs dépôts de laine, leurs boutiques pour la vente des produits finis***. La Liste compte dans la province de Kazan 5 « fabriques »-fouleries avec 122 ouvriers et une production de 48 000 roubles; plus 60 ouvriers travaillant au dehors. Il faut croire que ces derniers figurent aussi parmi les producteurs autonomes à propos desquels on dit qu'ils travaillent souvent pour le compte des « revendeurs » et qu'il existe 'des entreprises comptant jusqu'à 60 ouvriers ****. Sur les 29 fabriques de feutre de la province de Kostroma, 28 sont concentrées dans le district de Kinechma : elles occupent 593 ouvriers travaillant en atelier et 458 au dehors {Liste, pp. 68-70 ; les ouvriers de deux entreprises travaillent seulement au dehors. On voit déjà apparaître des moteurs à vapeur). Les Travaux de la Commission (XV) nous apprennent que sur 3 908 arçonneurs et fouleurs de cette province 2 008 sont réunis dans le district de Kinechma. Les fouleurs de la province de Kostroma, pour la plupart, ne sont pas indépendants ou travaillent comme ouvriers salariés dans des ateliers extrêmement iantihygiéniques(*). Dans le district de Kaliasine de
* Matériaux pour servir à l'estimation des terres de la province de Niini-Novgorod, t. XI, Nijni-Novgorod 1893, pp. 211-214. ** De «tyssiatcha », millier : «gens à milliasses ». (N.R.) *** Travaux de la Commission artisanale, t. VI. **** Comptes rendus et recherches, t. III. (*) Comptes rendus et recherches, t. III.
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la province de Tver nous voyons, d'un côté, le travail à domicile pour «les fabricants» {Liste, p. 113) et de l'autre, que ce district est une véritable nichée de fouleurs. Il en sort de là jusqu'à 3 000 qui passent par la lande dans le domaine délaissé «Zimniak» (où se trouvait vers 1860 la fabrique de drap d'Alexéiev), formant «un immense marché d'arçonneurs et de fouleurs »*. Dans La province de laroslavl, même travail à domicile pour. des «fabricants» {Liste, p. 115) et encore des « koustari » pour les patronsmarchands avec la laine fournie par ces derniers, etc.