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Les industries du bois

Ici les données les plus sûres sont celles qui concernent la production des scieries, quoique on y ait aussi fait entrer autrefois de petits établissements*'. L'énorme développement de cette industrie après l'abolition du servage (4 millions de roubles en 1866 et 19 millions en 1890), qui s'est accompagné d'une augmentation sensible du nombre des ouvriers (4 000 et 15 000) et des établissements à vapeur (26 et 430) est surtout intéressant parce qu'il atteste de façon saisissante les progrès de l'industrie du bois. La scierie n'est qu'une des opérations de cette industrie, qui accompagne nécessairement les premiers pas de la grande industrie mécanique.

Quant aux autres branches de celte industrie, notamment le meuble, les nattes, la résine et le goudron, elles se distinguent par l'état particulièrement chaotique de la statistique des fabriques et usines. Les petits établissements, si abondants dans ces branches, étaient jadis classés parmi les « fabriques » en nombre arbitraire, et continuent encore parfois à l'être aujourd'hui**.

170 000 roubles. On peut trouver aujourd'hui encore beaucoup de ces «fabriques », par exemple dans la description des industries artisanales des provinces de Viatka et de Perm.

* Cf. le Recueil de la stat. militaire, p. 389. Revue de l'ind. manufacturière, t. I, p. 309.

** Par ex., sur 91 fabriques de nattes, 39 avaient en 1879 une production inférieure à 1 000 roubles (Cf. Etudes, p. 155). (Voir Œuvres,

3. Industries chimiques, traitement des produits animaux, céramique

Les données relatives à l'industrie chimique proprement dite sont d'une exactitude relative. Voici les chiffres sur son développement : en 1857 on consommait en Russie pour 14 millions de roubles de produits chimiques (production 3,4 millions et importation 10,6 millions) ; en 1880, 36 i/l millions (production 7,5 millions et importation 28 ^4 millions) ; en 1890, 42,7 millions (production 16,1 millions, importation 26,6 millions)*. Ces chiffres sont surtout intéressants piarce que les industries chimiques ont une très grande importance étant donné qu'elles fabriquent des matériaux auxiliaires pour la grande industrie mécanique, c'est-à-dire des articles de consommation productive (et non individuelle). Quant à l'industrie de la potasse et du salpêtre, notons que les chiffres sur le nombre des fabriques sont inexacts, toujours par suite de l'intégration des petits établissements**.

L'industrie des graisses est caractérisée par une décadence manifeste après l'abolition du servage. Ainsi, en 1866-68 la fabrication des bougies et des graisses fondues

t. 2, p. 377. N.R-) Dans la résinerie-goudronnerie, on comptait en 1890 140 usines, toutes produisant pour plus de 2 000 roubles ! en 1879, 1033 usines, dont 911 produisaient pour moins de 2 000 roubles; en 1866, on comptait (dans l'Empire) 669 usines, et même, d'après le Recueil de la statistique militaire, 3 164 ! ! (Cf. Etudes, pp. 156 et 271.) (Voir Œuvres, t. 2, p. 379 et t. 4, p. 10. N.R.)

" Recueil de la statistique militaire. Revue historîco-statistique et Les forces productives, t. IX, p. 16. — Nombre d'ouvriers : en 1866, 5 645; en 1890, 25 471 ; en 1875-1878, 38 entreprises mécaniques avec 34 machines à vapeur d'une puissance de 332 chevaux, et en 1890, 141 avec 208 machines d'une puissance de 3 319 chevaux.

** Cf. l'Index de 1879 et 1890 sur l'industrie de la potasse. L'industrie du salpêtre est maintenant concentrée dans l'usine de St-Pétersb., tandis qu'entre 1860-1880 on pratiquait encore l'extraction du salpêtre à partir du fumier.

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était estimée à 13,6 millions de roubles, et en 1890 à 5 millions*. Cette décadence s'explique par l'emploi croissant des huiles minérales pour l'éclairage, qui ont supplanté les anciennes chandelles.

Dans l'industrie du cuir la statistique confond toujours les usines et les petits établissements (2 308 établ. avec 11 463 ouvriers et une production de 14,6 millions de roubles en 1866; 1621 établ. avec 15 564 ouvriers et une production de 26,7 millions de roubles, en 1890). Le coût relativement élevé de la matière première, qui conditionne la valeur élevée de la production, et le très petit nombre d'ouvriers que demande cette fabrication, rendent particulièrement difficile la distinction entre les entreprises artisanales et les usines. En 1890, 103 entreprises seulement d'une production inférieure à 2 000 roubles sont entrées dans le nombre total des usines (1621) ; en 1879, 2 008 ■SUT un total de 3 320** ; en 1866, sur 2 308 usines***, 1 042 avaient une production inférieure à 1 000 roubles (ces 1 042 usines occupaient 2 059 ouvriers et produisaient pour une somme de 474 000 roubles). Le nombre des usines était donc en augmentation, bien que la statistique des fabriques et usines indique une diminution. Quant aux petits établissements, il en existe encore beaucoup : par exemple, une publication du Ministère des Finances, \ Industrie des fabriques et usines et le commerce de la Russie (St-Pétersb.

* En 1860-1880 une masse de petits établissements figurait aussi parmi les usines.

** En 1875 le prof. Kittary, dans sa «Carte de l'industrie du cuir en Russie», comptait 12 939 établissements avec une production de 47,5 millions de roubles, tandis que la statistique des fabriques et usines en comptait 2 764 avec une production de 26,5 millions de roubles (Revue hist.-stat.). Dans une autre branche de cette industrie, la pelleterie, on observe la même confusion des fabriques et des petits établissements: cf. Ind. pour 1879 et 1890. *** Recueil de la stat. mil. en compte même 3 890 I !

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1893) estime à 9 500 environ le nombre des usines (artisanales, avec 21 000 ouvriers et une productian de 12 millions de roubles. Ces entreprises artisanales sont beaucoup plus importantes que celles qu'on classait en 1860-1870 parmi les « fabriques et usines ». Comme le nombre des petites entreprises figurant parmi les « fabriques et usines » varie d'une province à l'autre et d'une année à l'autre, il fiaut traiter avec une extrême prudence les données statistiques concernant cette industrie. La statistique des machines à vapeur estimait qu'en 1875-1878 il y avait dans cette industrie 28 établissements mécaniques avec 33 machines à vapeur d'une puissance de 488 chevaux ; et en 1890, 66 usines mécaniques avec 82 machines à vapeur d'une puissance de 1 112 chevaux. Ces 66 usines faisaient travailler 5 522 ouvriers (plus du tiers de l'effectif total), avec une production de 12,3 millions de roubles (46% de la production totale). La concentration de la production est donc ici très forte, et la productivité du travail dians les plus grandes entreprises est de beaucoup supérieure à la moyenne*.

Les industries céramiques se divisent en deux groupes d'après les données de la statistique des fabriques et usines : dans certaines on n'observe presque pas de confusion entre la grande production et la petite. Aussi les chiffres de la statistique sont-ils relativement sûrs. Ce sont la verrerie, la faïence et la porcelaine, le plâtre et le ciment. Le développement de cette dernière branche est particulièrement remarquable et témoigne de l'extension de l'industrie du bâtiment : en 1866 sa production était estimée à 530 000

* En répartissant les usines mentionnées par l'Index de 1890, d'après la date de leur fondation, nous verrons que, sur les 1 506 usines, 97 ont été fondées on ne sait quand ; 331 avant 1850 ; 147 en 1850- 1860; 239 en 1860-1870; 320 en 1870-1880; 351 de 1880-1890 et 21 en 1890. Chaque décade enregistre un nombre des fondations supérieur à celui de la décade précédente.

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roubles {Recueil de la statistique militaire) ; en 1890, à 3 826 000. Les entreprises mécaniques étaient au nombre de 8 en 1875-1878, de 39 en 1890. Au contraire, dans la poterie et la briqueterie, les petites entreprises sont classées parmi les fabriques dans de vastes proportions ; aussi les données de la statistique des fabriques et usines sont-elles ici particulièrement insuffisantes, particulièrement exagérées pour la période de 1860 à 1880. Ainsi, on comptait en 1879 dans la poterie 552 établissements avec 1 900 ouvriers et une production de 538 000 roubles ; en 1890, 158 usines, 1978 ouvriers et une production de 919 000 roubles. En excluant les petites entreprises (produisant pour moins de 2 000 roubles), on obtient : en 1879, 70 établissements avec 840 ouvriers et une production de 505 000 roubles ; en 1890, 143 établissements avec 1 859 ouvriers et une production de 857 000 roubles. Autrement dit, au lieu de la diminution du nombre des « fabriques » et de la stabilité du nombre des ouvriers indiquées par к statistique, il y a eu en réalité une augmentation sensible de l'un et de l'iautre. Pour la briqueterie les chiffres officiels sont: en 1879, 2 627 établissements avec 28 800 ouvriers et une production de 6 963 000 roubles; en 1890, 1292 établissements avec 24 334 ouvriers et une production de 7 249 000 roubles et en exceptant les petits établissements (production inférieure à 2 000 roubles) nous aurons les chiffres suivants : en 1879, 518 usines avec 19 057 ouvriers et une production de 5 625 000 roubles; en 1890, 1096 établissements avec 23 222 ouvriers et une production de 7 240 000 roubles*.

* A l'heure actuelle, les petites entreprises de ces industries sont classées parmi les industries artisanales. Cf., à titre d'exemple, le tableau des petites industries (annexe I) ou les Etudes, pp. 158-159. (Voir Œuvres, t. 2, pp. 380-381, N.R.) L'Annuaire du Minist. des Fin. (fasc. 1) s'est abstenu de faire aucun total pour ces industries à cause de l'exagération manifeste des chiffres. Depuis lors, le progrès de la statistique consiste à se montrer plus hardi et moins scrupuleux quant à la qualité des matériaux.

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